SENLIS. — MONUMENTS
le XIII® s., n'est qu'une addition moderne ; les sculptures des gros chapiteaux de Tabside ont été refaites en plâtre.
On remarque, disposées dans la sacristie, des colonnes à chapiteaux cubiques qui datent au moins du x° s. Dans la chapelle de Saint-Rieul, une plaque de marbre noir, incrustée dans une espèce d'obélisque et que surmonte un médaillon en cuivre, porte Tépitaphe de M. de Roquelaure, dernier évéque de Senlis, élu en 1774, mort le 23 avril 1818,* à l'âge de 97 ans. Dans le mur du collatéral g. est encastré un beau basrelief en marbre du xvii® s. {ÏEjisevelissenient du Christ).
Contre le portail duN. se voit une jsalle capitulaire du xiv® s., dont la voûte est curieuse.
Uévéché, au S.-E. de la cathédrale, date du xii° s., ainsi que sa chapelle ; mais il a perdu presque tout caractère. Le Comité archéologique de Senlis y a recueilli plusieurs antiquités et un curieux cénotaphe du XVII® s., orné d'un bas-relief en marbre blanc , qui représente une femme succombant au milieu de l'opération césarienne; son enfant porte une palme avec ces mots : Meruisti ; mors et amor tanto potuerunt funere jungi.
Saint-Frambourg (mon. hist.), ancienne collégiale, mérite une visite après la cathédrale. Elle ne sert plus au culte, mais on peut facilement la visiter en frappant à la porte cochère qui s'ouvre au n° 6 de la rue Saint-Frambourg. Cette église, que Ton reconstruisit en 1177 pour la remettre au goût de l'époque, est un monument régulier, homogène, sans bas-côté ni transsept, « qui pourrait bien, d'après M. A. Saint-Paul (Annuaire de Varchéologue français^ l'« année, p. 34), être le prototype des Saintes-Chapelles des xiii® et XIV® s. » Les proportions en sont fort belles. La porte occidentale, qui manque de largeur, était jadis surmontée d'une grande rose dont les
meneaux ne furent peut-être jamais exécutés et que remplit aujourd'hui un mur du xiii® ou du xiv® s., percé de trois fenêtres. La nef compte quatre doubles travées à nervures sexpartites; l'abside est circulaire et offre sept larges fenêtres sans meneaux , semblables d'ailleurs à celles de la nef. Les clefs de voûte offrent une ornementation délicatement sculptée.
Saint -Pierre (mon. hist.), ancienne église paroissiale , est aujourd'hui renfermée dans une caserne de cavalerie où il est permis de là visiter (pas de pourboire). Elle date presque en entier du xvi® siècle, et le style ogival flamboyant y a épuisé toutes les ressources de son élégante ornementation. Une partie du chœur est du xiii® s. Sur la travée de la nef qui avoisine le transsept s'élèvent latéralement deux tours; celle de g. (xii® et xiv*^ s.), couronnée d'une flèche en pierre de 1431, est toutefois moins haute que la tour correspondante, construite de 1588 à 1592, dans le style avancé de la Renaissance, et qui n'a qu'une coupole.
lu^ église des Carmes (rue Vieille-de- Paris), fondée en 1303, reconstruite presque en entier au xvi® s., dépend aussi d'une caserne. — Saint- Aignan (xiv® et xvi® s.), où l'on remarque les restes d'un clocher roman, sert de théâtre. — La chapelle de l'ancien hôpital de la Charité ne date que du xviii® s.
A l'extrémité S.-E. de la ville s'élève le collège ecclésiastique de Saint- Vincent, qui occupe ■ les bâtiments en partie reconstruits de l'ancienne abbaye de ce nom , fondée par la reine Anne de Russie, en 1065. L'ancienne église de ce monastère subsiste encore, avec ses voûtes à nervures, refaites en 1130 et restaurées de nos jours. Le clocher, aussi du XII® s., se fait remarquer par l'élégance de son étage supérieur. Les bâtiments claustraux sont en grande partie du xvii® s.
DE PARIS A CRÉPY-EN-VALOIS
V hôte l de ville, reconstruit en {^9^, a conservé un escalier enfermé dans une tourelle et des fenêtres de grande dimension à moulures et meneaux prismatiques ; les portes sont en arc Tudor. Au centre de la façade, un buste moderne représente Henri IV.
Plusieurs maisons anciennes sont intéressantes comme spécimens d'architecture privée; il convient de signaler particulièrement : Vieille rue de Paris, n° 53, une maison à arcade surbaissée, avec tourelle polygonale (xvi*' s.), sculptures, animaux ; — à rextrémité de la rue du Châtel, contre la porte féodale du château, une construction du xvii'' s., qui a conservé dans la façade renseigne sculptée de Tauberge des Trois Pots; — même rue, n° 20, dans une fabrique de chicorée, une porte à ogive trilobée et une salle voûtée avec épine de colonnes ; — au parvis de la cathédrale, une maison dite de Raoul de Vermandois (escalier dans une tourelle du xvi® s.) ; — rue du Carrefour-Saint-Rieul, n° 2, une autre maison, également en bois, duxiv°s.; — rue Sainte-Geneviève, n° 8, une maison du xiii^ s.; — piême rue, n° 6, une maison en briques avec chaînes de pierre, du xvi° s., etc.
Sous plusieurs maisons de la ville s'étendent encore de très-belles caves voûtées du xiii® s., et plus bas encore d'anciennes carrières.
La ville de Senlis possède une bibliothèque de 13,000 volumes, riche en documents historiques classés sous le titre de Collectanea Sylvanectensia^ et en recueils manuscrits de pièces relatives à l'ancien diocèse. On remarque particulièrement une précieuse série de comptes de ville, dont les plus anciens remontent au xiii° s., inscrits au moyen d'un style sur une légère couche de cire noire étendue sur des tablettes de bois. — M. Voillemier possède à Senlis une collection numismatique offrant de nombreuses monnaies royales des premiers temps de la monarchie.
ENVIRONS DE SENLIS
Quand on a visité Senlis, on peut faire trois excursions intéressantes aux environs de cette ville : Tune à TE., aux ruines de Montépilloy; l'autre au S.-E., à Tancienne abbaye de la Victoire et au château de Montl'Évêque, la troisième, également au S.-E., à Ermenonville.
Ruines de Montépilloy. — Si l'on prend à la gare de Senlis un des trains qui conduisent à Crépy, on arrive bientôt à la station de (7 kil.) Barbery, d'où l'on monte en 20 à 25 min. à Montépilloy, Mons Speculatorum, ainsi nommé parce que les guetteurs pouvaient observer de là une grande partie du Valois et du comté de Senlis. Le château de Montépilloy, bâti au xii® s., reconstruit en partie par Louis, duc d'Orléans, vers 1400, appartint d'abord à la la maison des Bouteillers de Senlis.
En 1358, les efforts de la Jacquerie échouèrent devant ses murailles ; il fut démantelé à la fin du xvi^ s.
L'enceinte, heptagonale, peut.encore se déterminer au moyen des fossés, larges de 15 met.; transversalement, elle mesurait 75 à 80 met.
Un donjon rectangulaire, qui formait la partie principale du château, se rattache au corps de l'édifice par une tour carrée saillante et à mâchicoulis. Au centre de la forteresse s*élevaitun autre donjon, de forme cylindrique (xii° s.), remanié par le duc d'Orléans, très-bien appareillé, avec meurtrières et petites fenêtres carrées, mâchicoulis, gargouilles; il n'en reste qu'un pan de mur haut de 45 met., que l'on l'aperçoit d'une grande distance.
Huines de Cabbuye de la Victoire (2 kil. env. au S.-E. de la ville). — On suit la roule de Mont-l'Évéque sur une longueur de 1 kil., on prend ensuite à dr. un chemin empierré qui conduit à Villemétrie, où se trouve un beau moulin ; on prend à g. et, après 5 ou 6 min. , on se trouve devant la grille d'un parc. On sonne aune