LE BOURGET
Bourget de leurs feux. Le général de Bellemare manquait d'artillerie et en demandait vainement au quartier général.
Cependant Tennemi cessa le feu vers 1 heures et se retira sans avoir pu nous déloger ; mais, le 30, il revint avec des forces plus considérables. 30 pièces de canons étaient échelonnées vers le Pont- Iblon, leur première ligne à demi-portée du Bourget; 20,000 hommes dïnfanterie 8* étendaient de Dugn}' et du Blanc-Mesnil à la forêt de Bondy, 3,000 chevaux étaient massés entre Bonneuil et la route de Lille. Les forts de TEst avaient envoyé un bataillon d'infanterie de marine en renfort à Drancy et un autre à Bobigny ; une compagnie de fusiliers marins traînant des obusiers de montagne, était vevue de Noisy à Drancy ; deux autres compagnies de la même arme arrivaient de Romainviile à Bobigny. A 8 heures, les Allemands ouvrirent une forte canonnade contre les barricades construites par le bataillon de mobiles, sous les ordres du commandant Baroche, mort bravement à son poste, et resté seul pour défendre le Bourget, malgré Tordre d'évacuation. A 9 heures, un premier assaut des Allemands fut repoussé; mais une seconde colonne d'attaque, lancée vers 9 h. 1/2, emporta la barricade dont tous les défenseurs furent tués ou faits prisonniers. A 10 heures, l'ennemi se prépare à attaquer Drancy, se masse derrière le ruisseau du Moleret et met en batterie 15 pièces de canon à 1,500 met. du village. Nous y avions le 8* mobiles de la Seine, le l" de la Seine-Inférieure, cent éclaireurs Poulizac, une compagnie d'infanterie de marine et une de marins fusiliers, mais seulement 6 ubusiers de montagne comme artillerie. Cette faible troupe, commandée par le capitaine de frégate Salmon, bien retranchée dans le village et le parc Ladoucette, tint courageusement sous le feu des 15 pièces du Moleret et de 8 autres du Pont-Iblon. Les tirailleurs allemands criblaient nos avancées de leurs balles sans gagner du terrain ; mais, en présence des grandes masses ennemies qui couvraient la plaine et pouvaient pendant la nuit enlever la position avec ses défenseurs, le viceamiral de la Roncière, après avoir consulté le gouverneur, crut devoir ordonner la retraite, qui fut bravement soutenue par le 8' mobiles de la Seine et l'infanterie de marine. A la nuit, le commandant Léger, du 8" mobiles, rentra dans Drancy et y reprit le matériel que, faute de
moyens de transport, on avait dû abandonner.
Le ' 16 décembre, il fut décidé qu'une nouvelle attaque serait tentée sur le Bourget et qu'on tâcherait d'enlever la ligne de défense en arrière de ce village, dans • la direction du Blanc-Mesnil. La deuxième armée était chargée de cette opération, que devait soutenir une diversion faite par la troisième armée sur Neuilly-sur-Marne, Ville-Évrard etGagny.
L'artillerie des forts et d'Avron appuierait ces mouvements.
Le 21, à 8 heures, une vive connonade des forts commença l'attaque. Un bataillon de marins et le 138« de ligne, sous les ordres du capitaine de frégate Lamothe- Tenet, entrèrent dans le Bourget par sa partie ouest, tandis que la brigade L»voignet l'attaquait au sud. A 9 h. 1/2, la partie O. du village était à nous ; mais au S., nos troupes étaient arrêtées par des barricades et des murs crénelés. Le lieutenant de vaisseau Peltereau tourna le village avec une compagnie de marins, et prit à revers les barricadesf ; mais des renforts nombreux arrivèrent à l'ennemi, et son artillerie, placée à Dugny, Garges et Pont-Iblon, couvrit de projectiles les maisons où nous étions retranchés.
Pendant plus de deux heures, nos troupes conservèrent leurs positions sans pouvoir avancer au-delà. Malheureusement le feu d'une de nos batteries, dirigé contre les barricades auxquelles se heurtait la brigade Lavoignet, atteignait en même temps celles de nos troupes qui occupaient une partie du village ; une autre batterie établie à Drancy, et qui devait tirer à droite du Bourget, apercevant des Prussiens dans le village, leur envoya des obus dont plusieurs vinrent tomber au milieu de nos troupes; enfin, plusieurs projectiles leur arrivèrent au ssi du fort d'Aubervilliers. A 11 h. 1/2, le commandant Lamothe-Tenet, se voyant décimé par notre feu'en même temps que par celui de l'ennemi, se retira dans un pli de terrain, vers la Courneuve. La brigade Lavoignet tint sous le feu jusqu'à 2 h. 1/2, puis reçut l'ordre de se retirer. Quant au lieutenant de vaisseau Peltereau, isolé au milieu des Allemands, il succomba avec ses braves marins, dont six échappèrent seuls à la mort. Pendant l'affaire du Bourget, plusieurs bataillons des mobiles de la Seine et deux bataillons de marche de la garde nationale de Saint-Denis avaient fait des diversions sur Stains et Épinay.
DE PARIS A VILLERS-COTTERETS
Un monument Si été élevé (1872), au Bourget, au N. du village, en Thonneup des victimes des journées du 28 et du 29 octobre, et du 21 déceinbre.
Quand on a quitté la station du Bourget et laissé à dr. Drancy, on franchit le Moleret, qui sépare la Seine de Seine-et-Oise. A 2 kil. sur la g. se montre le Blanc-Mesnil^ 128 hab. Une redoute doit être construite entre ce village et le chemin de fer.