‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 246 sur 562 · V STATION. — NANTEUIL- LE-HAUDOUIN · texte numérisé non relu

V STATION. — NANTEUIL- LE-HAUDOUIN

49 kil de Paris, 6 kil. du Plessis. — Nanteuil est à 1 kil. de la station, à dr. du chemin de fer.

Kanteuil-le-Haudoiiin* est un ch.-l. de c' de 1,506 hab., situé dans la vallée de la Nonette. — 'U église présente une façade du xiii® s., flanquée de deux tourelles polygonales que surmonte un clocher moderne en charpente. La porte latérale du S., petite et peu ornée, est duxv^ s.; le reste de Téglise date du xiii° s. ; mais des remaniements des xv*' et XVI* s. ont altéré le style primitif. Le chœur a cependant conservé la disposition originale de ses arcs longitudinaux, qui sont, à chaque travée, subdivisés en deux ogives que supporte une colonne 4 On remarque plusieurs fragments de pierres tombales du XIV® s.

L'origine de Nanteuil remonte peut-être à répoque gauloise. Son surnom lui vient de Hilduin ou Haudouin, ôls d'un comte de Ponthieu, qui possédait, en 965, ce bourg, endavé dans des bois que Ton appelait la forêt de Brie. Précédemment Nanteuil avait été illustré par un autre de ses seigneurs, Walbert. qui fit présent de ce domaine à Tabbaye de Luxeuil, où il entra lui-même comme moine et où il mourut en odeur de' sainteté, Tan 665. Quelques miracles de saint Walbert ont été célèbres dans toute la Briê ; on raconte qu'il ressuscita une oie et consola ainsi son fermier à qui un valet l'avait volée pour la rùtir en secret. Les moine.9 de Luxeuil établirent une de leurs abbayes à Nanteuil, après la mort du saint, en l'honneur duquel s'établit un pèlerinage. A ce sujet on remarque que les pèlerins invoquaient saint Walbert, non pas dans l'église de Saint-Georges, ancien patron du lieu, ou dans celle de l'abbaye, ou dans une des deux chapelles du bourg, mais près d'une fontaine. Là se tenaient également les assises du juge de Nanteuil.

Ce bourg fut possédé successivement par les comtes de Ponthieu, les comtes de Crépy, — parmi lesquels Philippe, II" du nom, rapporta de Jérusalem à Nanteuil le corps de saint Babylas, — les comtes de Pacy, de Broyés, de Guise, par

le maréchal de Schomberg, les ducs d*R»trées, les princes de Condé. En 1416, Louis de Façy fut surpris dans son château et dépouillé complètement par les- Booi^^gnons, qui mirent Nanteuil & sac.

Le ravage fut tel que pendant trente années les terres environnantes restèrent sans laboureurs. Henri de Lenoncourt, de la maison de Broyés, obtint Térection de la châtellerie de Nanteuil en un comté,, qui comprenait 54 fiefs. François I" accorda cette faveur (1543) parce qu^il séjournait souvent à Nanteuil en se rendant à YiUers-Cotterets. Le duc de Guise résidait, avec un grand faste, à Nanteuil, d'où il communiquait, pour ses intrigues politiques, avec Chantilly, séjour préféré du connétable de Montmorency. Le château,, alors magnifique, s'embellit encore an temps des Schomberg et des d'Estrées.

En 1789, il appartenait au prince de Condé, qui le perdit par son émigration > 11 a été démoli en 1795.

Nanteuil possède des cressonnières artificielles, des fabriques de sabots, de chandelles, de passementerie, de gants et une taillanderie.

Au-delà de la vallée de la Nonette, la vue est souvent interceptée par les parois d'une tranchée ou par des rideaux d'arbres qui cachent : à g., Droiselles, dépendance de Versigntf 395 hab., dans la vallée de la Nonette; à dr., Péroy-lès-Gombries, 391 hab. et Boissy-Fresnoy ,^^2 hab.; à g. Rozières, 148 hab., sur tme colline, à 150 met. d'alt., d'où Ton jouit d'une vue étendue sur l'ancien Valois.

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