STATION. — CREPY-EN-VAL0I
61 kil. de Paris, 5 kil. d'Ormoy, 22 kil. de Senlis.
Crépy-en-Valois *, ch.-l. de c, V.
de2,867 hab., centre d'un commerce de grains important , bâtie à rentrée d*un vallon secondaire dépendant de la vallée du ruisseau de Sainte-Marie, est environné d'un cours planté d'arbres et de promenades agréables.
II existe sous la ville un grand nombre de souterrains, qui ont dû être des carrières, et dont quelquesuns ont été plus tard voûtés en ogive. Des antiquaires prétendent que ces cryptée auraient donné leur nom au bourg ; mais il est plus probable que le nom de Crépy vient de crispeium, croupe, promontoire.
Crépy a été, au moyen âge, le siège d'une cour brillante, qui, longtemps, égala ou surpassa celle du roi, par son luxe et sa magnificence. C'était alors la capitale du Valois, dont les seigneurs portaient le nom de comtes de Crépy. Ils appartenaient à une branche cadette des comtes de Yermandois. Le roi Philippe le Hardi donna le Valois àTun de ses fils, Charles, père de Philippe, roi de France, en 1328. En 1344, Philippe VI donna le comté de Valois, en même temps que le duché d'Orléans, à son 5* fils, appelé comme lui Philippe, et qui eut pour successeur Louis, frère de Charles VI. Le Valois fut érigé en duché au profit de ce dernier (1406), dont le fils fut le roi Louis XII. François I»', avant de monter sur le trône, posséda le duché de Valois. Il en disposa, ainsi que plusieurs de ses successeurs, mais sans qu'il en résultât un établissement durable. Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, et Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, en furent tour à tour investis : la maison du dernier est restée en jouissance de cet apanage jusqu'à la Révolution.
Ce pays avait été occupé, avant l'ère chrétienne, par les Sylvanectes, qui paraissent avoir été une tribu avancée des Belges, et dont le culte druidique est attesté par plusieurs dolmens et menhirs. D'anciennes voies romaines le traversèrent de plusieurs côtés. Il était couvert de forêts épaisses, qui procurèrent le plaisir de la chasse à nos anciens rois. Saint Ruftn, saint Valère et saint Rieul passent pour y avoir été les premiers apôtres et
les premiers martyrs. Vers 960, un comte d'Amiens, Gautier le Blanc, devenu, par mariage, comte de Crépy, éleva ou rétablit le château de ce nom, et fonda une abbaye en l'honneur de saint Arnould, à la place d'un couvent de moines qui le scandalisaient. La construction de l'église de Saint-Amould dura plus de soixante ans. Raoul I"* de Crépy, un des fils de Gautier, fut père d'un Raoul II, qui, à la mort du roi Henri I^', épousa la veuve de ce prince, Anne de Russie. Raoul, pour contracter ce mariage, avait répudié sa femme, qui se plaignit à Rome et le fit excommunier ; mais il n'en tint aucun compte et n'en fit pas moins de grandes conquêtes aux dépens de ses voisins. Son fils Simon combattit hardiment le roi de France Philippe I*', puis, touché de la grâce, quitta sa femme, dès la première nuit des noces : elle se fit religieuse ; lui, moine, dans le Jura. Six de ses chevaliers, convertis par sa prédicatio^i, le suivirent dans son couvent. En 1077, le Valois fut uni au Yermandois, et tous deux appartinrent au frère de Philippe I", Hugues le Grand, qui mourut à la première croisade. Cette province avait de très-anciennes coutumes locales, qui, avec celles du Vermandois. furent, dit-on, rédigées avant la fin du nu" s.
Gautier le Blanc avait tracé l'enceinte qui environne encore la ville de Crépy. On appela faubourg un autre groupe de maisons qui furent construites hors de l'enceinte, surveillées par un villicus. Plus tard on distingua cinq quartiers sur le territoire de Crépy : celui -du donjon, à ro., celui du château, le bourg, la ville et le fief des Bordes. Les seigneurs de Nanteuil possédaient le doi\jon : il y avait un châtelain. Au xiii" s., Crépy était déjà en possession d'une charte communale, et sa banlieue contenait plusieurs fiefs opulents. Le nombre des habitants de l'ancienne ville était d'environ 8,000.
Pendant la guerre de Cent ans, le Valois fut' le théâtre de si terribles ravages que beaucoup de nobles mêmes étaient réduits à la famine. Les murailles de Crépy restèrent en ruines de 1358 à 1392. Louis d'Orléans les fit relever. Elles ne furent achevées qu'en 1431, mais ne purent arrêter les Anglais, qui prirent la ville, la pillèrent et détruisirent, dit-on. plus de 1,500 maisons. Le château ne put pas non plus leur résister ; la garnison fut massacrée et la forteresse incendiée.
En 1544, fut signé à Crépy un traité éphémère entre Charles Quint et Fran-
DE PARIS A VILLERS-COTTERETS
çois I". A la Révolution, on comptait à Crépy trois paroisses : Sainte - Agathe , Saint-Denis et Saint-Thomas ; deux, collégiales de chanoines : Saint-Aubin et tSaint-Thomas ; un couvent de Clunistes réformés, sous le nom de Saint- Arnould, et un autre de Capucins; une communauté d'Ursulines ; un collège.
En mars 1814, un parti prussien attaqua la ville et fut repoussé par 800 soldats français que les habitants soutinrent bravement.
Du château de Crépy, fondé au commencement du xi° s. par Gautier II , pour remplacer un autre château qu'il avait bâti lui-même et donné ensuite à des moines bénédictins, il reste un passage fortifié^ remanié plus tard, et deux tours cylindriques dont la hauteur actuelle est de 10 met. — Les anciennes portes de la ville ne datent que du xvm® s.
Saint-Denis, Téglise paroissiale, remonte,- dans ses parties les plus anciennes, les cinq dernières travées de la nef, au temps de Gauthier II (commencement du xi° s.) ; pour la travée de façade et les bascôtés de la nef à Tépoque de transition ; pour le chœur, au xv*' s. La façade, du xii® s., était flanquée autrefois de deux tours dont Tune, la seule qui subsiste, a été refaite ainsi que le portail, de 1844 à 1852, sous la direction de M. Aymard Verdier.
La flèche en pierre qui la surmonte est décorée dans le style du xiii® s.
La nef centrale n'a point de voûtes en pierre ; celles des collatéraux ont été remaniées au xv® s.
Saint -Thomas (mon. hist.), ancienne collégiale commencée vers 1180 par Philippe d'Alsace, comte de Crépy, n'a plus que sa façade du XIII® s., flanquée autrefois de deux tours, dont une seule subsiste, avec sa flèche en pierre duxiv®s. La porte occidentale a été mutilée ; elle était, d'ailleurs, moins ornée que celle qui s'ouvrait à la seconde travée de la nef, au S. ; à son trumeau était adossée une statue de saint Thomas de Cantorbéry.
On remarque à Crépy beaucoup d'autres débris du moyen âge, notamment une maison duxiv® s., plusieurs des XV® et xvi® s., et des ruines de chapelles (xii®, XIV® etxv* s.).