‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 270 sur 562 · MEAUX · texte numérisé non relu

MEAUX

45 kil. de Paris, 8 kil. d'Esbly.

Meauz^ Y. de 11,202 hab.,ch.-l.

d*arrond. du départ, de Seine-et- Marne et siège d'un évéché, est divisée par la Marne en deux parties inégales et contournée au N. par le canal de TOurcq. Un pont de pierre et deux passerelles (péage) font- communiquer les deux rives.

Ancien chef-liea des Meldi, petit peuple gaulois, cette ville prit le nom de Afeldx, d'où est venu celui de Meaux. Après la conquête romaine, elle devint, sous les «mpereurs, le chef-lieu d'une cité et fut administrée par un comte ressortissant à'vLaprgses qui résidait à Sens. Plus tard, capitale de la Brie, elle dépendit du royaume d'Austrasie, jusqu'au commencement du VII* s., époque à laquelle Clotaire II réunit toute la monarchie sous un même sceptre. Bâtie alors dans le lieu qu'occupent les faubourgs de Chage et de Saint-Faron, elle fut détruite, au ix* s., par les Normands, et reconstruite sur son emplacement actuel. Elle appartint successivement aux comtes de Vermandois et aux comtes de Champagne. Après la réunion de la Brie et de la Champagne à la Couronne, elle eut ses vicomtes particuliers. Le comte Henri lui donna, en 1179, une charte communale. Jeanne de Bar, en 1435, rapporta en dot au comte de Saint- Pol, connétable de France, livré perfide-

ment parle duc de Bourgogne à Louis XI, qui lui fit trancher la tête en place de Grève. Parmi les vicomtes de Meaux figure Maximilien de Béthune,âucde Sully, ministre et ami d'Henri IV.

Pendant l'insurrection de la Jacquerie, 9,000 Jacques et un corps de troupes parisiennes, qui avaient été introduits à Meaux par Soûlas, maire de la ville, y furent défaits et massacrés par le comte de Foix, le captai de Buch et le seigneur de Hangest. Les vainqueurs pillèrent la cathédrale, incendièrent le château, les maisons des chanoines et celles des bourgeois ; quinze jours après, le feu continuait encore ses ravages. Deux fois, dans le XV* s., la ville de Meaux fut prise par les Anglais et reprise par le comte de Richemont. La Réforme, à son début, y trouva de nombreux partisans. « Dès Tannée 1520, dit en effet M. J. Bastide dans son résumé des Guerres de la Réforme, il s'était formé à Meaux une petite société de lettres, dont le goût était blessé par la grossièreté des moines, et la raison disposée à critiquer les doctrines religieuses qui avaient enfanté tant d'abus. Faber d'Étaples, professeur de théologie, et Tévêque Guillaume Briçonnet étaient les chefs de cette société. » Aussi, Meanx fut pendant toute la période des guerres de la , Réforme un des centres les plus actifs de ' propagation des doctrines nouvelles, qui, 1 du reste, y trouvèrent également des ad- I versaires acharnés. Pendant cinquante ans, ce fut une succession continuelle de violences, de pillages, d'exécutions couronnées par la plus horrible de toutes, la Saint-Barthélémy. Me&ux fut la première des villes au pouvoir de la Ligue qui ouvrit ses portes à Henri lY, en 1594. Elle vit, en 1652, ses environs ravagés par l'armée de Lorraine, qui marchait sur Paris. Pendant la campagne de 1814, les alliés y furent tour à tour vûnqueurs et vaincus. Ils la traversèrent plusieurs fois en 1815 et l'écrasèrent de réquisitions.

On compte, jusque vers le milieu du xm* s., sept conciles à Meaux; Frédéric, empereur d'Allemagne, fut excommunié dans le dernier, qui se réunit en 1240.

Quatre hommes célèbres, à des titres bien différents, administrèrent le diocèse de Meaux : Durand de Saint-Pourçain (1326-1334), théologien et philosophe; Guillaume Briçonnet (1516-1534), un des protecteurs des réformés; Antoine Duprat (1534-1535), le ministre de François l"y et Bossuet, dit V Aigle de Meaux (1681-1704).

A la Borlie même de la gare, on se trouve sur une charmantepronienade, ornée de peJouses, de corbeil- I(^B de Qeurs el de planUiliODS d'arbres. Limitée auS.-O. parla Màroe, cette promenade, remarquablement 1 le N.

lêe qui, du chemin d'accès di gare, coupe la promenade en dii uale, on atteint bientôt la plac l'Hôtel-de-Ville. Là. une rue s vrant sur le cAté g. de la plac« oii Be trouie la bo us-préfecture, duit dans la Grande rue, en fac la cathédrale.

La cathédrale (mon. hist.), dédiée à saint Etienne, se présente en façade sur une place comprise enlrt le palais épiscopal el la Grande rue,

de

au côté g. de laquelle se développe i'&ile méridionale. Ses parties les

du xm". De-

)iuis cette époque, la s'est continuée jusqu'au xvi° s., en passant par la période du sljle gothique flambojant. dont la riche ornementation domine dans tout le monument, qui a malheureusement perdu une partie de ses sculptures eitérieurea. La facacle offre trois Itortails à voussures profondes, dé-

pouillés de leurs statues; te portail central et celui de dr. sont terminés par un gable délicatement découpé, et s'élevant jusqu'à la hauteur du premier étage. Le portail de g., dont la voussure eitérieure est à.

contre-courbes, est moins élevé que les deux autres. Une inscription du xv° a., taillée dans le massif qui sépare le portail du milieu de celui de dr,, apprend que les statues des portails représentaient les eaïnts évêquea de Meaux. Une rose à com- H

DE PARIS A MEAUX

partiments flamboyants , inscrite dans une grande ogive, remplit, audessus du portail du milieu, la partie centrale de la façade. L'ogive contenant la rose est couronnée par une balustrade au-dessus de laquelle 8*élëve le pignon triangulaire de la nef. Dans ce pignon a été placée une horloge, dont le cadran produit un effet très-disgracieux. La tour du N., seule exécutée, a 70 met. de hauteur. Les premiers étages offrent, jusqu'à la naissance du pignon, une décoration uniforme trèsriche; les deux étages supérieurs sont percés, le premier de deux fenêtres ogivales trilobées, et le second de deux autres ouvertures en ogives fermées par desauvents. Delà plateforme de cette tour (310 marches), on aperçoit, à 45 kil. de distance, lorsque le temps est clair, les hauteurs de Montmartre et du Mont- Valérien. Le portail de dr. devait être également surmonté d'une tour que remplace pauvrement un massif d'ardoises désigné sous le nom de Tour Noire,

En redescendant la Grande rue, on a sur la g. le flanc méridional de la cathédrale, le seul que l'on puisse voir dans son ensemble, le flanc N., non moins remarquable, étant en grande partie caché par des constructions parasites. La porte latérale a conservé ses statues et les bas-reliefs du tympan : mais tous les personnages en ont été décapités

A l'intérieur, l'édiflce (84 met.

35 cent, de long. , 41 met. de larg.

et 31 met. 50 c. de haut, sous voûte) présente un ensemble harmonieux.

La nef, formée de cinq travées, est flanquée de doubles bas-côtés. Les arcades longitudinales sont surmontées d'un triforium de diflerents styles, qui s'étend également autour du transsept. Le chœi^r, la partie la plus remarquable de l'église , comprend trois travées rectangulaires et une abside entourée de cinq chapelles rayonnantes ; entre chaque travée, et formant la clôture du

chœur, sur les bas-côtés, se trouve un double étage d'arcades ogivales, simples au premier rang, géminées au s^cond rang, et supportées de chaque côté par quatre piliers trapus cantonnés de colonnes engagées.

Ce système de séparation du chœur et des bas-côtés prolongés est d'un très-beau caractère; il devait continuer l'ordonnance de la nef, où de grandes tribunes furent partiellement exécutées, mais ne furent jamais terminées , et ont disparu dès la fin du XIII* s. Là encore^ malheureusement , des aménagements fâcheux cachent presque complètement cette belle combinaison architecturale ; à l'intérieur du chœur, les boiseries, auxquelles sont adossés les bancs des chanoines , en dérobent presque entièrement la vue, et, dans le côté latéral à dr., toute la clôture est enfouie dans une épaisse muraille de plâtre ; on ne peut en apprécier l'effet que dans le côté latéral de g., où elle est restée complètement dégagée.

, Les chapelles latérales de Saint- Etienne sont des xiv« et xv° s. Ce sont : — dans le bas-côté de dr.,àla hauteur du chœur, la chapelle de la Vierge (reconstruite complètement en 1877), décorée de colonnes cannelées que surmonte un fronton d'une lourdeur extrême , et la chapelle de Sainte - Geneviève , qui renferme la dalle tumulaire de Guillaume de Saint-Remi, chanoine et docteur (xiv® s.). Il est représenté expliquant les psaumes à un auditoire qui se presse autour de lui ; — un peu plus bas, la nef, la chapelle fondée par Jean Rose au xiv® s. ; elle renferme sa tombe et celle de sa femme ; tous deux sont représentés par un relief, légèrement indiqué au trait sur un des côtés de la chapelle; les vêtements sont en marbre noir, et la tête, les mains et les pieds, ainsi que deux anges groupés aux angles de la pierre sépulcrale, en marbre blanc; — la chapelle Saint-Martin , ornée de panneaux peints sur bois pai*

Senelle, et représentant différentes scènes de la vie du suint. A la hauteur de la chapelle Saiat-Mariin se trouve la lombe de Valentin Pidour (t i73S), grand vicaire de Bossuet; un peu plus bas est celle de Jean Phelipeaui ( t "08 ) , aussi grandvicaire de Bossuet ; — dans le bas-

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