COULOMMIERS
72 kil. de Paris, 3 kil. de Mouroux, 12 kil. de Rebais, 23 kil. de la Ferté-Gaucher, 20 kil. de Béton-Bazoches.
Coulommiers *, ch.-l. d'arr. du départ, de Seine-et-Marne , V. de 5,240 hab., est situé sur le Grand- Morin, qui l'arrose au S. par son
bv^s principal et par des dérivations établies très-anciennement.
Coulommiers, qui renferme cependant quelques rues fort régulières, a, en g'énéral, une physionomie assez insignifiante. A la sortie de la gare, on tourne à g. et Ton entre daofi un large faubourg, où l'on traverse le Morin ; à dr. s'ouvre une belle place, dont l'hôtel de ville oecupe l'un des côtés. Ce faubourg, en pénétrant dans la ville, se bifurque en deux rues; celle de g. aboutit à la route de Coulommiers à la Ferté-sous-Jouarre ; celle de dr., dans laquelle se montrent, à g., l'église Saint-Denis, à dr. le nouveau palais de justice, s'arrête à l'entrée de la route de Rebais. Là se présente, à g., une promenade plantée sous les murs, flanqués de tours rondes, des anciennes fortifications. Ce boulevard, après avoir contourné la ville, au N. de laquelle il forme un jardin public orné de pelouses et d'allées de marronniers, s'arrête en terrasse au-dessus du Grand-Morin.
Enfin, à la sortie de la gare et avant de franchir la rivière, on trouve, à dr., une rue conduisant à une presqu'île qui renferme, au S.-E. de Coulommiers, l'ancienne église des Capucins et les restes d'un château de plaisance, construit, au commencement du xvii" s., par la veuve du duc de Longueville, dame de Coulommiers.
Coulommiers, désigné, dans d'anciens titres, sous le nom de Columbnrius, Colomier et Columier, se composait, au ix* s., de quelques habitations groupées autour d'un château fort, élevé sur la rive dr. du Grand-Morin. Plus tard et à une époque sur laquelle les historiens ne sont pas absolument fixés, s'élevèrent dans la ville naissante les deux églises de Saint-Denis et de Sainte-Foi. En tout cas, le premier acte authentique concernant Coulommiers ne date que du xi*> s. On pense que c'est vers ce temps que le comte de Champagne Etienne II fonda le prieuré de Sainte-Foi, auquel fut rattachée l'église de ce nom, et qui dépendait lui-même de l'abbaye de Conques, diocèse de Rodez.
Les comtes de Champagne, qui furent les premiers seigneurs de Coulommiers, agrandirent et fortifièrent le château, où ils résidèrent assez fréquemment. En 1231, Thibaut IV accorda aux habitants des franchises communales. Après avoir beaucoup soufl'ert pendant les guerres du commencement du xv« s., la ville fut prise, pillée et en partie brûlée par les
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ligueurs, en 1593. — Coulommiers est la patrie de Valentin, peintre de talent, mort à trente-deoK ans, en 1634.
U église paroissiale de Saint- Denis a été reconstruite au xiii® s., mais la tour massive et penchée (elle menace ruine) à laquelle s'appuie le portail ne date que du xvi« s. A Tintérieur, Téglise comprend une nef principale, deux nefs latérales sur lesquelles s'ouvrent plusieurs chapelles avec voûtes à nervures, et un chœur, terminé par une abside. La nef principale n'a qu'une voûte en
Sainte-Foi, qui s'étendaient derrière le nouveau palais de justice, sur la rive dr. du Grand-Morin, vers remplacement actuel de la prison cellulaire, ont entièrement disparu, sauf un grand bâtiment sans aucun intérêt, aujourd'hui affecté à des logements particuliers, et qui ne paraît pas remonter au-<lelà du xvii^ s.
Le palais de justice, terminé en
1865 , n'a de monumental que son
entrée formant péristyle et décorée
de six colonnes.
Le château de Coulommiers, cons-
ï r — — ~i .--- — truit au xvii° s. par Catherine de
bois dont les entraits sont peints et i Gonzague, veuve du duc de LonçuerevètuB d'arabesques. La voûte en ville, était situé à l'extrémité onenpierre du chœur, moins élevée que taie de la presqu'île, en dehors de la celle 4e la nef, est également peinte, yiHe. Les larges fossés qui Tentouainsi que les colonnes qui la sou- | raient de tous côtés existent encore en tiennent. Ces dernières portent dif- partie. Il était vanté pour l'élégance férentes dates en chiffres dorés. Au- de son architecture et pour ses beaux tour du sanctuaire, éclairé par de ' parterres, ornés de statues. M"« de grandes fenêtres ogivales, avec vi- la Fayette y fait allusion dans sa Prtntraux de couleur, sont placées des cesse de Clèves. Louis XIII et Anne châsses très-ornées, renfernaant, en- d'Autriche le visitèrent en 4 631, mais tre autres, les reliques de sainte Foi, il fut délaissé à la mort de celle qui de saint Fiacre, de saint Éloi et de l'avait élevé. En 1737, l'un des dersaint Denis. Le maître - autel , en niers seigneurs de Coulommiers, pierre, supporté par des colonnettes Louis d'Albret, duc de Chevreuse, à chapiteaux feuillus, est une œuvre effrayé des dépenses que nécessitemoderne très-réussie. La nouvelle ! raient la réparation et l'entretien de chapelle de la Vierge ne se distingue ' ce château, le fit à peu près démoque par le mauvais goût de sa cons- Ur. Ses derniers restes sont indignetruction et de sa décoration. ^ ment mutilés. On y voit cependant
Uéfflise des Capucins, depuis long- encore, dans l'ancienne cour plantée temps enlevée au culte , se trouvait depuis d'arbres , qui s'y sont admiprès du château, dans la presqu'île i rablement développés, des débris de qui s'étend au S.-O. de Coulommiers. colonnes, de sculptures, et notam- Elle a été commencée en 1 617 et ment, à l'entrée même du parc, les terminée en 1680. Elle sert de ma- \ restes d'un pavillon orné d'une guirgasin à fourrages. Du reste elle lande sculptée et d'Amours en ronde n'offre aucun intérêt. On ne peut bosse. Il est difficile de voir une proguère pénétrer que dans le chœur et priété plus négligée que celle qui dans ime sorte de chapelle basse , renferme ces débris , destinés à dissingolièrement ornée de colonnes en panûtre dans un avenir peu éloigné, terre cuite et de paysages, modelés j Nous nous bornerons à mentionen relief, également en terre cuite ner Yhôtel de ville, qui n*offre rien et grossièrement enluminés. Sur la i de remarquable, et la prison celludr. de l'église, se voient encore une : laire. — Coulommiers renferme, surpartie des bâtiments conventuels, , tout dans le quartier voisin du Granddatant du xvii<^ s. Morin, quelques maisons élégantes
Les constructions abbatiales de avec jardins.