‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 291 sur 562 · SAINT-LOUP-DE-NAUD · texte numérisé non relu

SAINT-LOUP-DE-NAUD

5 kil. des stations de Maison-Rouge et de Longueville, 7 kil. de Provins.

Bien que Saint-Loup soit à égale distance des stations de Maison- Rouge et de Longueville, c'est en partant de cette dernière qu'il faut aller la visiter ; on y trouve une route directe et bien ombragée, qui suit le fond d'un ravin. On fera bien aussi de ne point partir de Provins :

on aurait à traverser un plateau exposé, en été, à toutes les ardeurs du soleil.

Saint-Lou^-de-Naud, 740 hab., doit son origine à un prieuré bénédictin fondé en Thonneur de saint Loup, évéque de Sens. Il reste de ce monastère une très-curieuse église (mon. hist.) du xii* s., ainsi appréciée et décrite par M. A. Saint-Paul {A travers les monuments histof^ques, I'« partie) :

« Ce qui constitue l'intérêt spécial de l'église de Saint-Loup, c^est qu'ell-e semble avoir été construite à l'époque où s'élaborait et allait naître le style ogival, mais en dehors du véritable foyer de la transition, sous la direction d'uD maître de l'œuvre qui, ne trouvant par lui-même aucune nouveauté, mettait en usage celles dont la connaissance kii arrivait durant les travaux. Elle comprend trois nefs précédées d'un porche carré en saillie, deux croisillons et trois absides séparées du transsept par une travée. Le tout, daas son appareil et dans ses détails» est homogène ; c'est la variété des voÂtes qui dénote la recherche et le tâtonnement. L'église fut commencée par la partie orientale. Les trois absides sont voûtées en cottpde et du roman le plus pur. Les fenêtres de l'abside centrale pénètrent dané la conque ; mais elles paraissent avoir été retouchées et agrandies ; on ne peut donc en tirer aucun argument sûr pour montrer une tendance ûe l'architecte à rapprocher ses ouvertures du sommet de la voûte, tendance qu'il serait très-intéressant de constater, parce qu'elle est un acheminement vers l'application de la voûte nervée aux absides. La travée du chœur est couverte en berceau plein cintre pour la partie centrale et, pour les bas-côtés, en arêtes romaines avec nervures ajoutées au xiv^' s. Ce renfort mis après coup semble indiquer que l'architecte, peu habitué aux voûtes d'arêtes romaines, n'avait pas su donner de la solidité à celles qu'il construisit les premières dans l'église de Saint- Loup. Aussi abandonna-t-il ce système dans le transsept : il jeta sur les croisillons des berceaux et sur la croisée une coupole ronde sur trompes, la coupole romane la plus rapprochée de Paris, très-probablement. 11 revint aux arêtes lorsqu'il fit les bas-côtés de la nef, et même, encouragé peut-être par quelque tentative heureuse venue à sa connais-

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