PROVINS
95 kil. de Paris, 6 kil. de Longueville, 7 kil. de Saint-Loup-de-Naud (par on chemin peu agréable), 18 kil. de N»gent-sur-Seine par la route de terre.
Provins*, ch.-l. d'arr. du départ, de Seine-et-Marne, V. de 7,593 hab., sur le Durtain et la Voulzie, se divise en deux parties : l'ancienne cité ou ville haute, et la ville neuve, au pied de la colline.
Quelques historiens ont voulu voir dans Provins YAgendicum des Commentaires de César et ont cru que les fortifications de cette ville étaient d'origine antique; F. Bourquelot, dans son Historiée de l^rovins,
1. Pour la description de la ligne de Belfort au-delà de Longueville, V. l'/finéravre général de la France : Vosges et Ardennee, par Ai». jMOmu.
xiv« s.
En noire
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réfute cette opinion. Provins ne figure . snr Idi. place du C/m^e/, d'où l'on peut dans rhistoire qu'au ix« s. Le pagus Pruvi- aller visiter la tour aux Prisonniers, nemis est nommé dans un capitulaire de \ l'église Saint-Quiriace, le palais des l'an 802. A la fin du ix- s Provins appar- ^^^^^^ ^^ Champagne , la Grange tenait aux comtes de vermandois. Plus ' T^• * , Jl,, ^i«« i«;« lo
tard, cette ville entra dans le comté de ' «"^ finies, et, un peu plus loin, la Champagne, dont eUe suivit la fortune porte Samt-Jean, p&r laquelle on jusqu'à sa réunion à la Couronne, au \ peut sortir pour jouir de la vue des
murailles et des tours de l'ancienne En 1348, Provins fut désolé par lapeste capitale de la Brie. En gravissant ire. L'année suivante, il eut à souffrir ! i^ pug Saint-Thibault, on trouve à g. de la famine. Les guerres contre les An- y hôtel-Dieu, qui offre une porte et glais achevèrent de ruiner cette malbeu- i , , ,' ^ n j , ^„.e „ «*
reuse ville, qui fut prise et reprise plu- l^s restes dune salle du xiii« s., et sieurs fois. En 1432, les Anglais, qui s'en ' renferme quelques objets du moyen étaient emparés, augmentèrent, pour gar- i âge.
der leur conquête, les fortifications et en- i La GroSSe -Tour , appelée aussi tourèrent la base de la Grosse-Tour, ou fQu^ /^ floj^ (qui^ de César, ou tour tour aux Prisonniers (improprement appe- ' aux Prisonniers (mon. hist.), est un 'Z^^^^^'^i^T^;^ ! des donjons les plus curieux qu'il le Pâté aux Anglais. L'année suivante, , ^^UB reste du xii« s. M. \iollet-leles Français reprirent Provins. Lors des j Duc Ta analysé dans son Dtcttonguerres de rehgion, la ville resta au pou- waiVe raisonné (t. V, p. 64-69), et voir des catholiques. En 1589, elle em- | M. de Caumont le décrit ainsi dans brassa le parti de la Ligue et ne se rendit son Abécédaire d'architecture civile à Henri IV que trois ans plus tard, à la ^^ militaire '
suite d'un siège que le roi vint conduire i ^^ j^a tour,' carrée à l'extérieur jusen personne et qui ne dura pas moins de ,:,.', . , li^ *',
treize jours. Elle fut alors de nouveau | ^^ ^u milieu du premier étage, depillée, rançonnée, et ne s'est jamais re- vient octogonale à cette hauteur; levée entièrement de ce désastre. , quatre tourelles, qui s'élèvent aux
Provins a vu naître : saint Thibaut angles comme des contre-forts, se (xi« 8.) ; Jean Desmarest, avocat général | séparent de la masse pour s'y rattaau parlement de Paris, l'un des négocia- ^jj^er plus haut par des arcs-bou-
l?«îî/'i.^'?i'1^ ^^^'^'r^w S"' ["* '^^" tants. Une galerie ou chemin de capite en 1381, et le naturaliste Lelorgne , • ® u u i x .i -^
de Savigny. ronde, qui probablement était cou-
vert dans l'origine, fait le tour de
Provins a conservé la plus grande ' l'octogone en passant derrière les partie de sa vieille enceinte fortifiée, tourelles. De là, on monte à l'étage Cette enceinte (5 kil. environ de dé- I supérieur par quatre escaliers praveloppement) a presque la forme tiques dans l'épaisseur du mur. Cette d'une ellipse, dont le grand axe ^est portion du donjon a été refaite, en dirigé à peu près de l'E. à l'O. ; elle grande partie, et les seize ouvertua 120 hect. environ de superficie. La | res qui existent au-dessous de la partie la plus curieuse et la mieux < toiture ne paraissent pas antérieuconservée est celle qui entoure la j res au xvi® s. Il faut aussi distraire ville haute à l'extrémité 0. (F. ci- ! du donjon duxii'' s. le soubassement dessous). De belles allées ombragées ou retroussis cylindrique en maçonfont le tour des remparts, mais à nerie, qui garnit la motte sur la- Tin térieur. quelle le donjon est fondé. On sait
Comme c'est la ville haute qui ' que cette construction est due à renferme la plupart des monuments , Thomas Guérard, capitaine anglais, de Provins les plus intéressants par i qui fit exécuter divers travaux aux leur antiquité, le voyageur fera bien fortifications de Provins après la d'y monter d'abord. La rue Saint- prise de cette ville par les Anglais Thibault conduit de la ville basse [ en 1432 : aussi appelle-t-on ce sou-
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bassement du doDJon le pâté des Anglais. D'après les recherches de Bourquelot , il est question dcr la tour de Provins dans une charte du comte Henri donnée Tan in6, et tout porte à croire que la tour dont il s^agit est bien le donjon actuel.
Ce qu'il importe de faire remarquer, c'est que le donjon, passant du carré à ToGtogone et flanqué de tours cylindriques, offre une imitation de certaines tours d'église de la même époque et une disposition nouvelle ou insolke pour les forteresses, La disposition mtérieure de la tour est aussi très-curieuse : les deux salles qui «ubsistent intactes sont voûtées; celle du premier étage renferme une grande cheminée dont le tuyau rond se perd dans la maçonnerie. »
La tour de César 'sert aujourd'hui de clocher à l'église Saint-Quiriace, dont elle est voisine. Il faut, pour la visiter, s'adresser au sonneur, qui habite une maisonnette à l'intérieur .de l'enceinte circulaire. L'unique rJoche qu'elle renferme date du xv^ siècle.
L'église Saint-Quiriace (mon.
hist.), ancienne collégiale, fut commencée en 1160. Son architecture extérieure est gâtée par un dôme affreux, élevé sur la croisée de 1830 ù 1840, A l'intérieur, la nef, À deux travées, est moins longue que le chœur, suivant l'usage observé pour un grand nombre d'églises canoniales, dit-on, mais plus probablement parce que Téglise n'a pu être achevée : la façade, en effet, n'est qu'un mur provisoire, pauvrement construit au xv° s. Mais les deux portes de croisillons, aujourd'hui murées, sont d'un style charmant (xiii*' s.). Le chœur a été construit du xii^ au XIII* s.; l'ogive s'y mêle au plein cintre par des transitions assez habilement ménagées. On remarque surtout la disposition du chevet, carré et flanqué de trois chapelles, au niveau des bas-côtés, polygonal à la partie supérieure. Sous les trois chapelles règne une crypte dont la partie cen-
trale est moderne. Dans les arcatures du chœur, on remarque diverses pierres tombales et notamment celle d'ua membre de la famille de Bournonville , et l'épitaphe , refaite au xvitt<* 8^, de Raymond Reynaud, abbé de Jouy et évéque de Meaux (f 1160). Dans le trésor, nous signalerons les ornements pontificaux de saint Edme, archevêque de Cantorbéry.
Le palais des comtes de Chafnpa- ^ne était voisin de Saint-Quiriace :
il en reste des débris (xii° s.) occupés par le collège communal. Ce sont : une partie de la chapelle, des murs à contreforts, des arceaux, des fenêtres , des caves magnifiques, etc.
Sur la place du Châtel, une inscription indique la maison où naquit le naturaliste Lelorgne de Savigny (1777)* — La même place offre plusieurs maisons anciennes, les restes de VégUse Saint-Thibault (fragments d'une porte romane) et un petit piédestal en pierre, à arcatures en ogives, qui porte une croix. Près de cette croix est situé un ancien puits, et entre les deux, une pierre cubique qui servait de billot dans les exécutions capitales.
De la place du Châtel, en prenant la rue Couverte, puis, à g., la rue Saint-Jean^ on arrive à la Grange aux Dîmes, curieuse construction du XIII" s. (mon. hist.), divisée en deux parties, l'une souterraine, l'autre au niveau du sol. Deux escaliers, l'un intérieur, l'autre extérieur, conduisent au premier étage, dont l'unique salle renferme des cheminées et des fenêtres remarquables. La vaste salle du rez-de-chaussée est soutenue par deux rangs de piliers avec des chapiteaux à feuillages; 14 de ces piliers sont engagés dans les murailles. La salle souterraine, où l'on descend par un large escalier, est toute semblable à la précédente (s'adresser dans la maison qui est en face, de l'autre côté de la rue).
La porte Saint-Jean, médiocre-
. défendue par deux lourB. Si l'on paaee le pont établi &cet«ndroit sur un large Tossé. on (irrive à la promenade tracée iLulour des ancienoes tortitioatisna (mon. hiet.). Les murailles de ces tbrtjtlcationi sont défenHues par des lours Kénérnlement rondes. La neu-
vième ds ces toûra s'appelle la tour aux fnyiru, sans doute parce qu'elle servait aulrefol» d'arsenal. Là, l'enceinte se détourne brusquement à angle droit, et l'on rencontre encore cinq tours avant d'arriver à la parle de Joui).
On peut rentrer par cette porte
dans la ville haute, et l'on trouve bientM, i g., le cotreotc tfti Saint- Etpril, Mtd débris de rencien M-
grande salle, lonpue d'environ 40 mit., et large de 13 ou 14 met. Ses Toât«s opvalea reposent sur 20 piliers carrés, disposés sur deui rangs, et snr !S pilastres engagés dans les Dittraîlles. — Prfes du oa*CMi est le
Puiti-Balé, que l'on suppose donner entr^ dans d'autres soal«Trftins. ~ Od trouve du reste dans la ville haute de nombreuses cavM qu'on peut se faire indiquer p«r le gardien de la tour de César.
A peu de distance de la porte de Jouj, si l'on reprend la ligne des forliHcalions, le terrain s'abaisse rapidemeat, et aussi ,1« mur d'en-
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ceinte, toujours flanqué de tours énormes. On arrive alors à un endroit dit le TroM au Chat^ au-delà duquel on gagne le fond de la vallée, et Ton franchit une petite rivière, un ruisseau pour mieux dire, qui entre dans la ville basse. C'est le Dutrain. A partir de ce point la vieille muraille a été mise presque au niveau du sol. La promenade continue de suivre, tantôt extérieurement, tantôt intérieurement, l'enceinte, dont on ne voit plus que la base. A g., sur la colline de Sainte- Catherine, se dresse l'hôpital général. On aperçoit bientôt, toujours à g., un petit édifice moderne, orné de quatre colonnes toscanes, que surmonte un fronton triangulaire.
C'est l'établissement des eaux ferrugineuses de Provins ( V. ci -dessous).
• Sur la dr., l'œil embrasse à la fois la ville haute et la ville basse, dont on est séparé par des prairies et par des jardins. C'est de cette belle promenade, bordée de grands ormes et connue sous le nom du Rempart ou des Remparts^ que Ton voit Provins sous son aspect le plus pittoresque, et que l'on se fait une plus juste idée de ce que cette ville fut jadis et de ce qu'elle est aujourd'hui.
En rentrant dans la ville par la porte de Culoison, on atteint bientôt l'église Saint- Ayoul (mon. hist.).
Cette église, mutilée de toutes façons et dont les parties sont de divers styles (transsept et tour du xi® s. ; nefs des xiii®, xiv® et xvi® s.), est séparée par un mur de refend de son ancien chevet (xiii® et xv° s.), •qui sert aujourd'hui de magasin à fourrages. La porte principale est ornée de statues mutilées. Au fond du chœur, on remarque, au-dessus du maître-autel, un beau retable à colonnes cannelées, orné de sculptures en bois représentant des scènes de la Bible. Ce retable, œuvre de Nicolas Blasset , dont la tombe se voit dans la chapelle de g., sert de cadre à un tableau du peintre Stella
(Jésus parmi les Docteurs). Nous signalerons, en outre, trois statues (xvi® s.) en marbre blanc, qui décorent l'autel des fonts baptismaux. ,
La tour de Notre-Dame-du-Va/ (xvi° s.), autrefois dépendante de l'ancienne église de ce nom, qui n'existe plus, renferme les cloches de Saint- Ayoul.
L'église Sainte-Croix se compose de quatre nefs, avec transsept. Les deux nefs intérieures sont évidemment du XIII® s., la nef extrême du côté N. et le petit portail qui y correspond, le bas-côté S., le chœur et les chapelles qui l'entourent sont du XVI® s. On remarque à Tintérieur :
les voûtes en bois de la grande nef, du chœur et du transsept, qui ont conservé des restes de peintures ; un bénitier fort curieux du xiv® s., dont les bas-reliefs représentent d'une manière très-originale les instruments de la Passion; des restes de vitraux du xvi® s. dont les sujets sont bizarrement exécutés; un baptistère de la même époque, orné d'un bas -relief mutilé représentant le baptême du fils d'un grand seigneur; une Descente de Croix^ copiée de Jouvenet; enfin un tableau attribué à Lesueur et représentant saint Bi^no ressuscitant un mort.
L'hôpital général (130 lits), dans une position magnifique, sur le mont Sainte-Catherine, en face de Provins, occupe l'emplacement d*un couvent de Clarisses (xiii® s.), dont il reste un cloître (mon. hist.), malheureusement incomplet (deux galeries sur quatre). On y remarque des arceaux en ogive et des chapiteaux élégants sur des colonnes destinées à soutenir une toiture en bois.
Nous signalerons aussi l'ancienne salle capitulalre et quelques autres parties de l'édifice qui, sans être fort anciennes, sont probablement antérieures à la transformation du couvent en hôpital. Dans l'église, on voit un petit monument en pierre, surmonté d'un dôme en cuivre et destiné à contenir le cœur du comte