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STATION. — BRUNOY

1 kil. de Montgeron, 22 kil. de la gare de Paris, 2 kil. d' Yerres, 1 kil. de l'Abbaye, 1 kil. d'Épinay, 2 kil. de Tobélisque de la forêt de Senart, 3 kil. de Mandres, 5 kil. de Périgny, 9 kil. de Brie-Comte- Robert.

Brunoy est un charmant village de 2,037 hab., dont les environs offrent un grand nombre d'admirables promenades.

Brunoy remonte à la première race.

Dagobert légua au monastère de Saint- Denis une portion de cette seigneurie.

Suger la donna au prieuré d'Essonnes,qui, à la fin du xvi« s., la vendit à Christophe de Lannoy, déjà propriétaire de Tautre partie.

On doit croire que les rois de France, de leur côté, y eurent longtemps une habitation, puisque Philippe VI y rendit un édit dont le texte existe encore. Le voisinage de la forêt de Senart avait dû les attirer dans cette vallée.

Le château de Christophe de Lannoy fut pillé et brûlé en 1590 par les ennemis d'Henri IV.

Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, prince d^Harcourt, épousa la petite-fille de Christophe de Lannoy, et son fils, .seigneur de Brunoy du chef de sa mère, en fit donation à son neveu, François de la Rochefoucauld, célèbre par le rôle qu^il joua dans les troubles de la Fronde, et

plus célèbre encore par le livre dos Maximes.

Au xvni* s., un sieur de Plonic acheta Brunoy des héritiers du duc de la Rochefoucauld, et le vendit, en 1722, au fameux financier Paris de Montmartel, qui abattit Tancienne demeure seigneuriale, construisit à la place un château moderne, qu'il décora avec un luxe royal et qu'il entoura d'un parc magnifique. Ce fut en sa faveur que la terre de Brunoy fut érigée en marquisat.

Son fils unique, le marquis de Brunoy.

ne se fit remarquer que par ses excès et ses extravagances. A dix ans, il donna un coup de couteau à son précepteur qui lui faisait quelques observations sur sa tenue, à la table même de son père , et en présence de vingt convives. Agé de vingt ans, il épousa, à P^ris, une fille de la maison des Cars, partit pour Brunoy aussitôt après la messe, et ne voulut jamais revoir sa femme. Sa passion la plus vive était le goût des cérémonies religieuses. Après avoir fait mourir de chagrin successivement son père et sa mère, il célébra leurs funérailles avec un faste ridicule et les affectations les plus bizarres. Il organisait pour la Fête-Dieu des processions d'un luxe inouT, où l'on voyait figurer, sous des chasubles d'or, deux cents prêtres ou moines amenés à grands frais de toutes les paroisses et de tous les couvents d'alentour. Comme il donnait à ces divertissements étranges la plus grande publicité, les curieux de la cour et de la ville y accouraient en foule. Il hébergeait, il régalait tout le monde, les paysans comme les grands seigneurs, et la fête religieuse se terminait par une immense orgie. On peut ju» ger de son goût par l'église de Brunoy, qu'il fit décorer comine on décorait alors les boudoirs des grandes dames. On remplirait un volume de ses folies. Il dévora ainsi la plus grande partie des 20 millions que lui avait laissés son père. Sa famille enfin le fit interdire. Ou ignore le lieu et la date de la mort du marquis de Brunoy. Il disparut du pays sans qu'on sût ce qu'il était devenu. Son père et sa mère furent enterrés dans la crypte de la petite église de Brunoy (chœur du XIII' s.). Leurs cercueils, en chêne et en plomb, ont été déplacés au moment de la restauration de cette église, en 1865. Ils portaient des traces de profanation : on les ouvrit, dit-on, en 1793, pour en retirer les trésorsi qu'on y croyait cachés.

Monsieur, comte de Provence, depuis

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