‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 336 sur 562 · FONTAINEBLEAU. — LES JARDINS · texte numérisé non relu

FONTAINEBLEAU. — LES JARDINS

d'application à Fontainebleau, le jardin Anglais' a perdu beaucoup de son agrément, toute la partie S., depuis Tétang, en ayant été distraite pour le service de rétablissement.

L'iitang.

Louis XV fit construire, à l'extrémité de l'étang et du côté de l'allée de Maintenon, un bâtiment pour les écuries appelé le Can^ousel; un autre bâtiment, le Manège ^ fut élevé en 1807 pour l'École militaire, alors logée dans le palais.

UÉiafig borne d'un côté le jardin Anglais, et une magnifique allée de vieux arbres forme sur ses bords une agréable promenade. « Cette belle pièce d'eau (de 4 hect.), qui n'était qu'un cloaque, dit M. Jamin, quand François I®' l'acquit des religieux Trinitaires, dits Mathurins^ fut, par les ordres de ce prince, creusée et renfermée presque entièrement dans un cadre de gresserie. » Au milieu, Henri IV fit élever un pavillon. Ce pavillon, construit dans sa forme actuelle sous Napoléon, a été restauré sous Louis-Philippe.

Les carpes, — Cet étang, entouré de gazon, d'arbres, de saules pleureurs qui y baignent leurs longs rameaux pendants^forme, avec les bâtiments du palais qui le bornent du côté de la cour de la Fontaine, la plus charmante perspective. Il offre encore un autre attrait à la curiosité des visiteurs étrangers, qui ne manquent pas de se réunir sur le terre-plein de la cour de la Fontaine, pour y voir les ébats gloutons d'un nombre prodigieux de carpes dévorant un morceau de pain qu'on leur jette et que viennent parfois leur disputer les cygnes. Ce passe-temps enfantin captive quelquefois trop longtemps des touristes, qui devraient mieux employer le temps très-court qu'ils peuvent passer à Fontainebleau, et il a donné lieu à une petite industrie, celle des pourvoyeuses des carpes, qui vendent aux amateurs les morceaux de pain

tout taillés, tt Cette pièce d'eau ayant été mise entièrement à sec en 1815, dit ChampoUion-Figeac, lors de l'occupation par les puissances étrangères, les poissons furent tous enlevés et pillés par les Cosaques ; il n'y a donc pas de carpes plus anciennes que cette date. » Elle a été mise de nouveau à sec à la fin de l'année 1866, et 2,000 carpes, mesurant de 18 à 30 cent., ont été vendues; 1,250 des plus grosses et beaucoup de petites, qu'on voulait conserver, ont été transportées dans le bassin du milieu du parterre, jusqu'à ce que l'étang fût de nouveau rempli d'eau.

Jardin de l'Orangerie on jardin de Diane.

{D. Plan d'ensemble.)

Ce jardin réservé est enfermé entre les bâtiments du palais et un mur élevé qui en interdit la vue du côté de la ville. On y voit encore les fossés du vieux château. Il s'appelait le jardin des Buis sous François I*"^.

Une volière, construite par Henri IV, fut remplacée sous Louis XIII par une orangerie qui lui fit donner le nom qu'il a conservé jusqu'ici. Cette orangerie, qui fermait le jardin du côté de la ville, a été incendiée deux fois, et les restes en ont disparu lors de l'agrandissement du jardin en 1834. La galerie des Chevreuils ^ égament détruite {V. p. 456), était dans le prolongement de la façade du fond de la cour du Cheval-Blanc; elle formait sur ce jardin un retour d'équerre avec l'orangerie. On a désigné aussi ce jardin sous le nom de jardin de Diane f à cause de la statue en bronze de cette déesse, élevée au-dessus d'une fontaine ornée de têtes de cerf en bronze, d'où Teau s'échappe et tombe dans un bassin de marbre blanc. Cette fontaine fut construite sous le premier Empire. Henri IV avait déjà fait établir le bassin en marbre blanc.

On voit dans ce jardin un reste remarquable et original d'architec-

DE PARIS A FONTAINEBLEAU

ture de la Renaissance : deux cariatides égyptiennes supportant un fronton décoré de trois groupes d'enfants. Celui qui est au sommet du fronton soulève un casque^ les deux autres tiennent un F entre leurs bras. Dans le tympan est sculptée une salamandre, au-dessous de laquelle on lit cette inscription : franc, i» franc.

Page 1