S® SECTION DE LA PROMENADE
Cet autre sentier tortueux monte à travers des accidents de terrains pittoresques. On traverse plusieurs galeries; on croise un sentier; puis, parvenu à un petit plateau uni et verdoyant, on monte à g. quelques marches pour atteindre le grand point de vue des gorges de Franchard, où a été établi un banc, et qui a été décrit un peu plus haut. C'est le plus beau point de vue de la promenade. On peut, en descendant à travers les blocs d^e grès, visiter une caserne naturelle, un peu au-dessous à dr.
Retour a Franchard. — Prenant, à dr. du banc, un sentier largement frayé sur les rochers, on ne tarde pas à admirer une roche singulière isolée ; on passe au pied du chêne de
Maintenons à dr. On arrive devant le cèdre d'Hélène, en face de l'habitation des gardes et des ruines de l'Ermitage. Un peu vers la g., une construction carrée abrite un puits profond de 66 met., creusé en 1813. — Contournant, à dr., les restes de l'ancienne abbaye de Franchard, on aperçoit, à peu de distance, le restaurant de Franchard.
Ruines DE l'abbaye de Franchard.
— Il existait jadis en ce lieu un antique ermitage, que Philippe-Auguste donna, en 1197, à des religieux d'Orléans, à la demande de l'ermite Guillaume, qui, malgré une faible constitution, était venu s'y établir. On possède une lettre (en latin) que lui adressa Etienne, abbé de Sainte-Geneviève de Paris, et dont on lira sans doute avec intérêt quelques fragments : « J'étais frappé de terreur, lui dit-il, à la pensée d'une solitude si horrible, que les hommes et les bétes féroces elles-mêmes semblent craindre de l'habiter. L'herbe ne croît pas sur cette terre aride, et l'eau qui coule goutte à goutte de la roche (la Roche qui Pleuré) qui est proche de votre cellule n'est ni belle à voir ni bonne à boire. La grossièreté de vos vêtements, l'austérité de vos aliments, la dureté de votre couche, permettent à peine quelques instants de sommeil pris à la dérobée; l'obligation de ne pas quitter votre cellule à moins de motifs graves, la crainte que les voleurs, qui ont déjà tué vos deux prédécesseurs, ne fassent encore de vous uhe troisième victime, tous ces motifs me poussaient à vous détourner de cette voie si pénible dans laquelle vous cherchez la perfection. Mais, après ce que je vous ai vu supporter de privations, j'ai pris en vous ime grande confiance... De la prière passez à la lecture, de la lecture à la méditation. Ne lisez pas trop longtemps pour ne pas vous fatiguer les yeux ou la tête. Après une courte lecture, promenez-vous dans votre cellule, ou, sortant dans votre jardin, reposez votre vue affaiblie sur la ver-
FONTAINEBLEAU. — LA FORET
dure du peu d'herbes qui y croissent, ou examinez vos ruches, qui seront pour vous un adoucissement et un exemple. » Les abeilles de Termite Guillaume devaient du moins lui fournir de bon miel, car elles aiment les bruyères qui croissent si abondamment dans la gorge de Franchard, et nous y avons vu autrefois des ruches nombreuses que des marchands de miel du Gâtinais y établissaient pendant la belle saison. On a dû les écarter de cet endroit à cause des accidents causés aux promeneurs, qui ont été piqués. Quelques moines se réunirent plus tard au P. Guillaume, qui devint leur prieur. Le monastère, érigé en abbaye, fut ruiné pendant les guerres du xiv® s. Il se transforma plus tard en un repaire de brigands, et, en 1712, Louis XIV en ordonna la destruction.
Retour a Fontainebleau (environ 5 kil.). Ce retour s'effectue à l'ombre de belles futaies. En revenant des ruines de l'Ermitage, et parvenu à l'extrémité de la clôture du restaurant de Franchard (côté du nord), il faut prendre à g., sous la futaie, le sentier indiqué par une marque bleue et qui va aboutir à la route de Fleury en passant au carrefour du bouquet de Franchard. Là, on prend en face la continuation du sentier sous la futaie du puits au Géant (le sentier de g. conduit aux gorges d' Apremont). — Plus loin on croise la route Ronde, et on prend le sentier qui traverse la belle futaie de la Vente des Charmes, On suit les marques bleues qui mènent à un rond-point, au milieu duquel s'élève le Jupiter, un des plus vigoureux chênes de la forêt, jadis bouquet du Prince Impérial, En partant du rond-point, on laisse à dr. le Jupiter, et, suivant les marques bleues, on croise une route, puis on traverse xm carrefour, en laissant deux chemins à g. et un à dr. Celui que l'on prend, large et droit, conduit au vaste carrefour de la Fosse à Râteau, On traverse ce carrefour en laissant une route à g.
Bientôt, près d'une descente, on prend à g. un sentier qui, après en avoir coupé un autre, descend, en pente douce, la colline. Avant de parvenir en bas, ce sentier se bifurque ; il faut prendre le bras de gauche, et, en moins de 2 min., on passe près du Montebeîlo, hêtre magnifique. On traverse une route, puis un carrefour, en laissant une route à g.; on suit, à peu près directement, le sentier le plus battu, qui conduit, en 15 m., sur la route de Paris , d'où l'on aperçoit, àdr., l'entrée de Fontainebleau.