Les gorges d'Apremont
(Promenade de 5 heures.)
« Les scènes les plus extraordinaires étaient aiutrefois celles offertes par les gorges de Franchard et (TApremont. Cela n'était" comparable à rien et jetait l'imagination dans un monde inconnu, étrange, formant le contraste le plus violent avec la nature du sol et des paysages des environs de Paris. On ne peut plus se faire aujourd'hui une idée de ce qu'étaient, surtout dans les gorges d'Apremont, ces solitudes désolées où l'œil n'apercevait de toutes parts à l'horizon qu'une ceinture de blocs de grès, accumulés, étages les uns audessus des autres, enveloppant une plaine de sable, comme si c'était quelque fond de mer, récemment abandonné par les eaux et où la végétation n'aurait encore pu se développer. Les semis de pins, faits sous le règne de Louis-Philippe, en étendant sur ces arides déserts un manteau de verdure uniforme, leur ont enlevé leur caractère. A la fin des jours d'été, les soleils couchants y versent toujours la même splendeur, mais la coloration et l'effet s'en amortissent sur le rideau des jeunes bois de sapins ; et le peintre chercherait vainement le spectacle de poétique tristesse qu'offrait alors ce site dans son âpre unité. » ( Le Tour du Monde, juillet 1867, A.-J. Du Pays.)
DE PARIS A FONTAINEBLEAU
Bien qu'elles aient perdu leur caractère de sauvage solitude, les gorges d'Apremont, voisines de la belle futaie du Bas-Bréau, sont néanmoins une des parties de la forêt les plus intéressantes à parcourir. Elles forment un ensemble très-compliqué de collines, de rochers, de vallons et de gorges, ayant 12 kil. de circuit, et elles exigeraient, à elles seules, une description longuement développée.
Sortant de Fontainebleau par la barrière de Paris (K. 8® promenade), on remonte à dr. la route de Paris * jusqu'au pied de la côte ; on prend à g., sous les pins, le sentier indiqué par le n° 2 et une marque rouge, et Ton suit ce sentier. — Une bifurcation se présente ; on doit prendre le bras de dr., qui traverse la vallée des Chevreuils après avoir coupé trois routes de chasse, monte, croise un chemin, pénètre sous les ombrages de la belle futaie de la Tilaie (où Ton admirait , il y a quelques années , le chêne du bouquet du Roi), et amène au pied du Pharamond, un des plus vieux chênes de la forêt, et celui de tous dont le grand âge s'accuse de la manière la plus saisissante. Inclinant à g., le chemin va passer près du magnifique chêne le Hoche, puis après avoir frôlé un grand nombre de vieux arbres séculaires, indi-
1. Si l'on veut visiter longuement et en détail la belle f\itaie du Bas-Bréau et les gorges d'Âpremont, on peut se faire conduire en voiture (45 min.) au carrefour de r Épine, d'où Ton renverra la voiture. Là, on est à Feutrée de la futaie du Bas-Bréau, qui s'étend des deux côtés de la grande route. On pourra visiter d'abord la futaie qui est à dr. Revenu au carrefour de FÉpine, on prend (à g. de la grande route) le premier chemin de voitures qui entre sous la futaie et se bifurque bientôt : le bras de dr. va au Briarée; — si Ton prend celui de g., on trouve bientôt, à g., un sentier qui, à travers des charmilles et des houx, conduit au Nid d'Amour, partie de la futaie où Ton admire des chênes et des hêtres magnifiques. Si l'on pousse un peu plus loin, on arrive à la buvette établie à quelqae distance du Chêne Captif.
qués par des lettres, va aboutir à un carrefour de la route Ronde, ouverte par Henri IV (6 kil. de la ville). On quitte alors le sol uni des futaies, et, au-delà du carrefour, on entre dans les sites accidentés iVApremont, — Après avoir croisé une petite route cavalière, on côtoie à dr. la gorge de la Descente du Chasseuf^Noir; puis on chemine sous les pins, dans un site pittoresque. Plus loin, on peut se reposer dans une grotte , le Bendez-voîis des Druides, La lettre K indique bientôt l'entrée de la Descente d'Orphée, qui mène au fond d'une petite gorge encaissée. La lettre L, placée au bas de la descente, indique l'entrée du déset^t cTApremont, sol nu autrefois, aujourd'hui tout couvert de pins. A une bifurcation du sentier, — lettre R, qui indique l'origine du sentier du Montoird^Apremonty — on doit avoir bien soin de ne pas prendre la branche de dr. ; il faut suivre les marques bleues jusqu'au carrefbwr du Désert, indiqué par ime croix rouge ; traverser ce carrefour, en laissant deux routes à g. et trois à dr.; passer près d'une belle roche (M), et plus loin, après avoir encore croisé un chemin, près du Cerbère du Désert (N), franchir une route de voitures, et, continuant de marcher sous des pins, traverser un autre chemin, au-delà duquel le sentier s'élève parmi les rochers. La lettre P indique l'entrée du val des Mohicans. — A une bifurcation du sentier, on prendra le bras qui monte à dr.; on redescendra ensuite un peu dans le haut de la vallée encaissée des Mousquetaires; puis on montera de nouveau, à travers des rochers, au belvédère du Titien (A), d'où l'on domine la futaie du Bas-Bréau, — Il faut continuer à marcher sur le plateau en suivant les sinuosités du sentier. A la lettre B, on se détournera un peu à dr. pour admirer un magnifique point de vue; puis, rentrant dans le sentier, on ne tardera pas à arriver à la Caverne des Brigands, où se vendent des ra-
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souvent de rendez-vous aux peintres qui viennent y faire des études de paysage. On traverse le coiTefour des Gorges (TApremonty en laissant une route à dr. et deux à g. Celle que l'on suit prend bientôt un caractère plus pittoresque; on y aidmire des niasses rocheuses qui la bordent, et des chênes séculaires, tels que le Henri IV et le Sully.
Au lieu de continuer à suivre la route qui, à partir du Henri IV, est peu pittoresque, il est préférable de prendre le sentier qui débouche à g. derrière ce vénérable chêne. On laisse tout d'abord une bifurcation à g. et ou suit le sentier qui parcourt la Longue Gorge, gravit le Mo7itoir d'Ap7*emo?it, où l'on rencontre le sentier dont l'origine est indiquée (p.
510, lettre R), et, enfin, aboutit au carrefour de la Gorge aux Néfliers.
Parvenu à ce carrefour, on le traverse en suivant la route principale sur une centaine de pas, puis on prend, à dr., le sentier qui aussitôt se bifurque ; mais on suit la branche indiquée par une flèche bleue sur un hêtre, et l'on entre dans la futaie du puits au Géant, toute peuplé^^i, de magnifiques cépées, dont les tiges nombreuses et divergentes donnent une physionomie particulière à ce canton forestier.
Plus loin , on croise la Route Ronde pour entrer dans la belle futaie de la Vente des Charmes. Des lettres signalent les plus beaux arbres. On croise souvent des chemins.
Il est nécessaire de consulter attentivement les marques bleues. On arrive au Jupiter, Après s'être reposé sur un des bancs, on peut revenir à Fontainebleau comme à la S*' promenade.