STATION. — CHOISY-LE-ROI
10 kil. de Paris, 4 kil. de Vitry, 5 kil. 500 met. de Villejuif, 9 kil. dé Sceaux, 1 kil. de Thiais, 3 kil. dé Villeneuve-Ie- Roi, 3 kil. d'Orly. . .
Ghoisy-le-Roi% peuplé de 5,100 hab., est une ville du canton de Villejuif.
Ce n'était, au commencement du xiu^s.
qu'un simple hameau de Thiais, composé d'une vin^^taine de cabaues que des pécheurs et des bateliers avaient bâties sur le bord de la Seine, et d'une chapelle dédiée par les mariniers à leur patron saint Nicolas. La prospérité du hameau s'accrut rapidement ; en moins de vingt années, la chapelle devint égliso paroissiale. Il n'en reste plus de traces aujourd'hui. V église actuelle ne date que du xviii" s.
Sous Louis XIV, M'iode Montpensier se fit construire un château k Choisy, sur les bords de la Seine. Ce fut dans ce château, où elle avait tant de fois pleuré l'absence de Lauzun , (îétenu à Pi^çnerol , qu'elle donna au jeune duc du Maiue son duché d'Auuiale, son comté d'Eu et sa principauté deDombos, en échange de la grâce de son amant, jjruce.qui avait été obtenue à ces conditions et que lui apportait elle-même M"" de Montespan, la mère du duc du Maine. Mais le chagrin l'avait tellement chanj^ée que Lauzun n*eut pas assez do reconnaissance pour lui rester fidèle. De l'abandon il osa même en venir à Toutra^e.
A la mort de la grande Mademoiselle, comme l'appelait Î5assuet, le château de Choisy devint successivement la propriété du grand Dauphin, de M™» de Louvois, de la princesse de Conti , du duc de la Valîière, et enfin de Louis XV, qui le fit démolir pour en construire un plus agréable, destiné à lui servir de petite maison. Choisy- Mademoiselle s'appela dès lors Choisy 'le*Roi. Dans cette résidence favorite, pour laquelle il dépensa des sommes énormes, Louis XV venait souvent ou-
DE PARIS A ÉTAMPES
blier sa royauté et la faire tristement oublier aux autres. Aussi Tauteur de Y Art d'aimer, Gentil-Bernard , fut-il pourvu d'une véritable sinécure, lorsqu'on lui confia la bibliothèque de ce séjour consacré au plaisir et à la débauche.
Le château ou plutôt les châteaux, car il y avait le grand et le petit (on en trouvera une description détaillée dans la 1'® édition de Dulaure), ont été détruits; sur leur emplacement ont été bâties des maisons et la gare du chemin de fer.
Choisy-le-Roi communique avec la rive dr. de la Seine par un pont de cinq arches, long de 123 met., large de 8 met., qui a été construit en 1810 et qui conduit à une charmante prairie. Il a des rues tirées au cordeau, de jolies maisons avec jardins, d'élégants magasins, et possède une manufacture de porcelaine, une verrerie, des fabriques de maroquin, de soude, de produits chimiques, de toiles cirées, etc.
Rouget de l'Isle, l'auteur de la Marseillaise, né à Lons-le-Saunier en 1760, est mort à Choisy-le-Roi le 27 juin 1836.
15 min. suffisent pour aller de Choisy-le-Roi à Thiais, 1,364 hab.
(14 kil. de Paris et 4 kil. de Villejuif). On y remarque de jolies maisons de campagne. Dès le vin® s., Tabbaye de Saint-Germain possédait des vignes .à Thiais, et l'abbé y tenait des assises deux fois par an.
En 1 248 , tous les serfs y furent affranchis moyennant la somme de 1,200 livres. Véglise date du xv* s.; le clocher, fort délabré, est de la fin du xii° s. et du xiii°.
A 1 kil. au S. de Thiais est le hameau de Grignon. A 1 kil. plus loin, on aperçoit sur la hauteur Orly, 704 hab. Le chœur de ïéglise, de la Renaissance, est très-curieux par la disposition de son déambulatoire.
La tour rappelle un glorieux souve-t nir. En 1360, deux cents braves s'y renfermèrent , jurant d'arrêter les Anglais, qui -avaient alors leur camp à Montlhéry et dévastaient tous les
pays environnants. Un siège de trois mois n'abattit point leur courage; mais la faim les força de se rendre, et ils furent égorgés.^
Plus près de la voie apparaît ensuite Villeneuve-le-Roi (516 hab.), assis, comme Orly, au flanc d'un coteau, dans une position riante et pittoresque ; il domine la Seine, dont le séparent des champs et des prairies que sillonnent de nombreux sentiers.
Sous Philippe Auguste, seigneur de ce pays, les Chartreux en achetèrent la propriété moyennant une obligation par laquelle ils se chargèrent de nourrir les chiens du roi. Aux Chartreux succédèrent Etienne Marcel, prévôt des marchands, puis Giullaume du Vair. Le ministre Claude Le Pelletier y fit construire, en 1697, un magnifique château, que son petit-fils vendit à M. de Ségur, et dont il ne reste plus qu'un pavillon.
Charles "VIII avait un faible pour le vin de Villeneuve-le-Roi, qui jouit longtemps d'une certaine renommée.
h'église a été rebâtie en partie par Le Pelletier. Derrière la tour, se voit un reste de construction du xii® s.
On remarque encore à Villeneuve la fo7itaine de Saintot, alimentée par un canal souterrain de 100 met.
On sort du département de la Seine pour entrer dans celui de Seineet-Oise.
De l'autre côté de la Seine, dont on se rapproche avant d'arriver à Ablon, s'étale un riant amphithéâtre de maisons et de jardins : c'est Villeneuve-Saint-Georges ; ce sont les coteaux de Limeil et de Valenton, en deçà desquels on peut voir passer les trains du chemin de fer deLvon, d'où se détache la ligne de Corbeil (K. cidessus. Sections XXIII et XXIV).