SCEAUX
Home sauvée, c'est aussi, à ce qu'on croit, une inspiration de la duchesse, qui voulait venger Cicéron du Catilina de Crébillon. En 1747, Voltaire faisait encore représenter sur le théâtre de Sceaux une comédie imitée de l'anglais, la Prude, dont il récitait lui-même le prologue ; et le ton passablement libre de cette pièce montre assez qu'à la cour de Sceaux on pouvait tout dire et tout entendre. Enfin, c'est pour la fête de la baronne de Sceaux que Voltaire donnait au château d'Ânet l'Echange ou Quand est-ce qu'on me marie ?
I^a période brillante du château de Sceaux finit avec la duchesse du Maine, qui mourut en 1753. Son fils aîné, le prince de Dombes, le posséda deux années; tué en duel par le maréchal de Coiguy, il le laissa à son second frère, le comte d'Eu, qui, tout en ajoutant de nouveaux embellissements à cette demeure déjà si somptueuse , y vécut vingt ans dans une sorte de retraite. Le duc de Penthièvre, cousin du comte d'Eu et beaupère de l'infortunée princesse de Laml>alle, hérita du domaine, en 1775, et le conserva jusqu'à la Révolution. Il le donna alors à la duchesse d'Orléans, sa fille, qui n'en jouit pas longtemps, la Convention ayant mis sous le séquestre les biens des princes du sang. Le duc de Penthièvre venait peu à Sceaux; il y réunissait cependant quelquefois- des gens de lettres. FJorian, d'abord page, puis gentilhomme du duc, aimait le séjour de Sceaux, où il composa une partie de ses Pastorales. Les habitants le nommèrent, en 1790, commandant de la garde nationale ; il y mourut en 1794.
Sceaux embrassa avec ardeur la cause de la Révolution; ses fêtes patriotiques en l'honneur de l'Agriculture, de la Vieillesse, de la Liberté, y attirèrent une foule immense de tous les environs et de Paris même, et redonnèrent un peu de vie au parc et au château, qui en étaient le théâtre. Cependant, en 1798, le domaine, qu'on avait destiné d'abord à devenir une école d'agriculture, fut mis en vente ; l'acquéreur* fit abattre les arbres du parc, démolir le château et les cascades , et se trouva en possession d'une ferme magni-