‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 43 sur 562 · MONTRETOUT · texte numérisé non relu

MONTRETOUT

e dégel, cédaient sous le poids de TartUlerie, les pièces s'embourbaient et les chevaux, aJQTaiblis par le manque de nourriture, ne pouvaient fournir les efforts nécessaires.

La droite, commandée par le général Ducrot, avait été retardée dans sa marche et n'avait pu prendre part à V action ouverte avec le jour. Arrivée très^tard à son poste de combat, beaucoup plus éloigné d'ailleurs que ceux du centre et de la gauche, cette partie de nos troupes n'avait pas encore, à une heure, son artillerie, qui atteignait alors la redoute des Gibets. Le général Ducrot, attaquant les hauteurs de la Jonchère et les bois de Saint-Cucufa, trouva ime résistance sériease sur cette ligne et notamment à la porte deLongbc^au; cependant nos troupes soutenaient le combat avec vigueur, mais renuemi qui, surpris par notre attaque du matin, n'avait pu mettre une seule pièce en batterie ni tirer un coup de canon jusqu'à 10 heures, avait depuis ce moment armé successivement les épaulements de sa deuxième ligne de défense ; ses batteries de position et de campagne couvraient de leur feu nos colonnes et nos tirailleurs, qui n'avaient que leurs fusils pour lui répondre. Le général Vinoy se porta de sa personne à la redoute de Montretout et tenta vainement d'y faire installer quatre pièces de 12, qui ne purent être établies qu'à la Briqueterie. Le Mont-Y aie rien pouvait, avec ses jf rosses pièces, atteindre plusieurs des batteries ennemies, et notamment 20 pièces de position, qui étaient placées dans l'axe de l'hospice Brezin, sur lequel était arboré le drapeau d'ambulance, mais les projectiles destinés aux canons allemands auraient pu frapper l'hospice, et les Prussiens avaient sans doute compté sur cette protection, dont ils abusaient. Le gouverneur pensa d'ailleurs que le tir du Munt-Valérien , passant par-dessus nos colonnes, pourrait être dangereux pour elles.

Vers 3 h. 30 min., les Allemands augmentèrent encore l'activité de leur feu et s'avancèrent sur toute la ligne, depuis la redoute de Montretout jusqu'à la porte de Longboyau, que notre droite n'avait pu franchir. A Garches, à la Bergerie, à la maison du Curé la lutte était acharnée. Entre ce dernier point et la redoute de Montretout, trois fois nos soldats furent repoussés des crêtes qu'ils occupaient, trois fois ils parvinrent à s'y rtiahUr. Déjà l'obscurité commençait à

UNVIRONS I>K PARir-:.

couvrir le champ de batailla, nos trompes étaient épuisées de fatigue, mais elles tenaient avec un grand courage^ le feu des Allemands se ralentissait, ils avaient été accueillis, en paraissant sur les crêtes, par les obus de notre artillerie, pla>cée entre la Briqueterie et la ferme de la Pouilleuse, et s'étaient retirés avec de grandes pertes. Cependant le gouverneur, en parcourant nos lignes et recevant les rapports des chefs de corps, pensa qu^il serait dangereux de laisser dans leurs positions nos troupes, qu'un intervalle très-faible séparait de l'ennemi. U ordonna donc la retraite. Elle commença au moment où l'ennemi rentrait lui-même dans ses lignes. La retraite, qui n'était pas inquiétée^ fut cependant assez difficile à cause de l'obscurité profonde, et un bataillon de mobiles de laLoire-Infévieures fort de 300 hommes , commandant de Lareinty, resta oublié dans la maison -Zimmermann. L'ennemi vint l'y cerner le lendemain matin, et nos braves mobilei^ n'ayant plus ni munitions ni vivres, furent obligés de se rendre.

La bataille de Montretout fut le dernier .elfort des défenseurs de Paris. Bile nous coûta environ 3,000 hommes tués ou blessés. .Plusieurs bataillons de garde nationale s'y distinguèrent, et, parmi les hommes qui ce jour-là reçurent une mort glorieuse, nous citerons le marquis 'de Coriolis, engagé volontaire, malgré sea 70 ans, dans une compagnie de marche, les colonels de Rochebrune et de Montbrison, et le peintre Henri Reguault, tué à Buzenval.

Un monument à été érigé, le 26 octobre, dans le cimetière de Saint- Gloud, situé à Montretout, à la mé-moire de nos soldats morts dans la bataille du 19 janvier.

[On peut, de Saint-Cloud, aller visiter : la manufacture de Sèvres (J. kil.1/2); Bellevue (3 kil.) ; Meudon (4 kil. 1/2 ; V. cidessous, Section II : chemin de fer de la' rive gauche) ; Ville-d'Avray, Marnes (3 et^ 4 kil. ; V. ci-dessous). On peut aussi revenir à Paris par Boulogne et le bois de Boulogne ou par Neuilly, en longeant la rive g. de la Seine (6 kil.; V. ci-dessus Puteaux, Suresnes, le Mont-Valérien).

Ëntin on peut aller à la Marche, à Garches, à Yaucresson, à l'étang de Saint* Cucufa, à Buzenval, au Butard, à la Celle, à Bougival, à Rueil, à Versailles ( V. ci-dessous, Sections III et IV).]

DE PARIS A VERSAILLES

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