‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 62 sur 562 · V. du palais d · texte numérisé non relu

V. du palais d

a grand Trianon

ir dépassé la

gf

le, on pei

ît du corps de garda, une allée bu

rs oppnrtemenls qu's<

gisseur (au grand Trlanoa).

E. —VersaiUes était loin d'étr e déjk Louis XIV, après avo!

I 1663. des moines de Saint'

u pluWl

quand on es fv.e.planl)

)e jeudi et le dimancbe.

de quelques années, vers 1687. In ùsie royale voulut, à ta place da w I pavillon, avoir un palais. Uansart fut chargé d'en dessiner les plans. Louis XIV.

DE PARIS A VERSAILLES

en faisant détruire le premier Trianon pour en construire un nouveau, ne choisit pas judicieusement l'emplacement. C'est sur la terrasse élevée dans Taxe de la branche transversale du grand canal qu'aurait dû être placée la façade principale, présentant de ce côté une magnifique perspective.

Pendant que Ton bâtissait ce château, le roi visitait un jour les travaux avec Louvois qui, à ses autres fonctions, joignait celles de surintendant des bâtiments. Louis XIV crut s'apercevoir qu'une des fenêtres, encore inachevée, était plus étroite que les autres. « Louvois, qui naturellement était brutal, et, de plus, gâté jusqu*à souffrir difficilement d'être repris par son maître, disputa fort et ferme, et •maintint que la croisée était bien. Le roi insista, et le lendemain encore, sans que Louvois, qui était entier, brutal et enflé de son autorité, voulût céder. Le 'roi tourna le dos et s'alla promener ailleurs dans le bâtiment. »

Quelques jours après, le roi retourne à Trianon avec son ministre, fait appeler Le Nôtre, et lui ordonne de mesurer la fenêtre ; commission embarrassante pour Le Nôtre, qui, craignant de déplaire à Louvois ou à Louis XIV, a aurait .bien voulu n'être pas là, dit Saint-Simon, et ne bougeait. Enfin le roi le fit aller ; et cependant Louvois toujours à gronder et à maintenir l'égalité de la fenêtre avec udace et peu de mesure. Le Nôtre trouva et dit que le roi avait raison de quelques pouces. Louvois voulut imposer ; mais le roi, à la fin trop impatienté, le fit taire, lui commanda de faire défaire la fenêtre à l'heure même, et, contre sa modération ordinaire, le malmena fort durement. Ce qui outra le plus Louvois, c'est que la scène se passa non-seulement devant les gens de bâciment, mais en présence de tout ce qui suivait le roi dans ses promenades, seigneurs, courtisans, officiers des gardes, etc. La vesperie fut forte et dura assex longtemps, avec les réflexions sur les conséquences de la faute de cette fenêtre, qui, remarquée plus tard, aurait gâté toute cette façade et aurait engagé à l'abattre. Louvois, qui n'était pas accoutumé d'être traité de la sorte, revint chez lui en furie, et comme un homme au désespoir. Ses familiers en',furent efirayés, et dans leur inquiétude tournèrent pour tâcher de savoir ce qui était arrivé. A la fin, il le leur conta, dit qu'il était perdu, et que, pour quelques pouces, le roi oubliait tous les services qui lui avaient valu tant de conquêtes ; mais qu'il y met-

trait ordre, et qu'il lui susciterait une guerre telle, qu'il lui ferait avoir besoin de lui, et laisser là la truelle. Il ne mit g^ère à tenir parole. Il enfourna la guerre par l'affaire de la double élection de Cologne, etc., il la confirma en portant les fiammes dans le Palatinat... » Si le satirique écrivain tire ici des conséquences exagérées, cependant l'anecdote, qu'il raconte à deux endroits différents de ses Mémoires, n'en est pas moins curieuse et caractéristique.

Louis XIV venait fréquemment avec les princes et princesses de sa famille visiter cette résidence ; et l'on jouissait de toutes ces nouveautés avec une ardeur singulière. Cependant, à partir de 1700, le roi * ne coucha plus à Trianon, et, désenchanté de ce palais, il voulut encore se créer une autre habitation moins magnifique, mais plus commode. C'est alors que Mansart construisit pour lui le château de Marly. Les jardins furent replantés en

Louis XV fit, à l'instigation du duc d'Ayen, créer à côté de Trianon un jardin botanique célèbre par les expériences de Bernard de Jussieu et par ses arbres exotiques rapportés de l'Angleterre. Ce jardin, appelé le petit Trianon, était séparé, par une avenue, du grand Trianon. La fantaisie de Louis XV voulut bâtir là un château, diminutif du grand Trianon, comme le château construit par Louis XIV avait été un diminutif de Versailles. Ce château du petit Trianon, construit en 1766 par Gabriel, est composé d'un pavillon formant un carré de 23 met. de façade. l/ouis XVI, lors de son avènement au trône, donna le petit Trianon à Marie- Antoinette ; elle y fit planter des jardins pittoresques, à l'anglaise ou naturels, que les Anglais appelaient jardins chinois, et dont la mode s'était établie complètement en France vers la fin du règne de Louis XV. Au milieu de ces jardins, Mique, l'architecte de la reine, assisté du peintre Robert et inspiré par le duc de Caraman, creusa un lac, traça des rivières, dissémina des maisons rustiques, sorte de décors d'opéra figurant un hameau, et éleva au milieu des bosquets le Temple de l'Amour (5, plan I) et le pavillon des Concerts (4, pi. I), près du grand rocher.

Marie-Antoinette prit ce séjour en affection. Elle venait s'y reposer dans l'intimité et y échanger le faste de Versailles contre d'innocentes mais fort peu naïves imitations de la vie villageoise. « Une

DE PARIS A VERSAILLES

robe de percale blanche, un fichu de gaze, un chapeau de paille, étaient, dit M"» Campan, la seule parure des princesses. Le plaisir de parcourir les fabriques du hameau, de voir traire les vaches, de pêcher dans le lac, enchantait la reine, et chaque année elle montrait plus d'éloignement pour les fastueux voyages de Marly. » La royauté, précédemment tombée de rOlynjpe dans le boudoir, se réfugiait maintenant dans Tidylle et la bergerie ; halte douce et paisible à la veille d'une révolution. « L'idée de jouer la comédie, comme on le faisait alors dans toutes les campagnes, suivit celle qu'avait eue la reine de vivre à Trianon, dégagée de toute représentation . Il fut convenu qu'à l'exception du comte d'Artois, aucun jeune homme ne serait admis dans la troupe. La reine riait beaucoup de la voix de M. d'Adhémar, belle anciennement, mais devenue chevrotante ; l'habit de berger, dans le Colin du Devin du Village, rendait son âge fort ridicule. Le rôle de Colette fut réellement très-bien joué par la reine... Le 19 août 1785, le Barbier de Séville fut joué dans la salle du petit Trianon. La reine remplissait le rôle de Rosine, le comte d'Artois celui de Figaro et M. de Vaudreuil (le meilleur acteur de société qu'il y eût peut-être à Paris) celui d'Almaviva ; Beaumarchais assistait à la représentation. » (M"** Campan.) Et cette représentation avait lieu au moment même où le Mariage de Figaro remuait tout Paris et éveillait déjà ces passions révolutionnaires qui devaient éclater quatre ans plus tard, et conduire à

échafaud ou en exil les acteurs et les spectateurs du petit Trianon !

I Vers 1797, dit M. Le Roy {Histoire des rues de Versailles), un limonadier de Versailles , nommé Langloîs, eut l'idée de louer le petit Trianon pour en faire un jardin public. Il y établit un restaurant, donna des fêtes avec illuminations et feux d'artifice. Ce fut dans ce jardin que Garnerin fit ses premières ascensions aérostatiques. » Quant aux meubles, ils furent vendus à l'encan.

Napoléon fit faire des réparations aux deux Trianons et les fit meubler ; il songea un moment à y établir sa résidence d'été, mais il en fut détourné par l'insuffisance et l'incommode distribution des appartements. Le jour de la dissolution de son mariage avec Joséphine, il se retira à Trianon, et l'impératrice à la Malm ai son.

Louis XVIII et Charles X ne firent aucun séjour à Trianon ; mais ce dernier

s'y arrêta en partant pour l'exil. Louis- Philippe y fit exécuter, par Ch. Nepveu, architecte, des travaux considérables ( V. ci-dessous). Le mariage de la princesse Marie avec le duc Alexandre de Wurtemberg y fut célébré en 1837. Le petit Trianon devint ensuite la résidence d'été du duc et de la duchesse d'Orléans. En 1848, Louis-Philippe, fuyant Paris, s'arrêta aussi à Trianon, après avoir quitté Saint-Cloud.

Page 1