DEUXIEME ÉTAGE (PLAN
Attiqne du Nord (27 à 37). — Le second étage de l'aile du Nord comprend une partie de la vaste collection de portraits réunie dans les galeries de Versailles.
Ces portraits sont ceux des personnages célèbres depuis le xii« s. jusqu'au xviii" Un assez grand nombre de ces portraits sont des originaux.
Attiqne dn Snd (63 à 66). — Les salles de l'aile dp Sud renferment également une collection de portraits. Cet étage formait autrefois près de cent pièces occupées par diverses personnes attachées à la cour.
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galle de la Chambre des Députés.
La Chambre des Députés, que
l'on ne peut visiter si Ton n'est muni d'une carte d'entrée (ces cartes, délivrées par les députés, ne donnent droit qu'à l'accès des tribunes, durant les séances), a été disposée, en 1875, dans les anciens bâtiments remaniés de la Surintendance. L'entrée est, pour les représentants, au fond de la cour des Princes, à g., pour le public, sur la rue de la Bibliothèque.
La salle des séances a été construite par M. de Jolly, en forme d'hémicycle, avec colonnades abritant les tribunes du public. Sur le mur du fond a été placé au centre le tableau de Couder représentant VOuverture des États généraux de 1789, et sur les côtés deux statues figurant la Concorde et la Sécwnté,
Les Jardins.
Les jardins de Versailles sont le chef-d'œuvre de Le Nôtre (né en 1613 et mort en 1700). Le Nôtre étudia avec Lebrun dans l'atelier de Vouet. Il aurait pu se distinguer comme peintre ; il se contenta d'être architecte et dessinateur de jardins. Le genre solennel introduit par lui dans le paysage servit de modèle et se répandit dans toute l'Europe. Si nous avons peine aujourd'hui à goûter la singulière géométrie qui, rognant et taillant avec une régularité désespérante, faisant de l'architecture et de la sculpture avec la verdure des arbres, les transforme en murailles, en pyramides, etc., on ne peut méconnaître cependant la grandeur de conceptions qui présida au tracé de ces jardins. Rien de libre assurément, rien qui rappelle la luxuriante indépendance de la nature : mais ce genre, qui transporte dans un parc les divisions régulières de l'intérieur d'un palais, offre ici une merveilleuse harmonie avec le faste et les pompes de la cour de Louis XIV : la nature elle-même a dû subir les lois
de l'étiquette sévère qui régnait dans le palais ^
Façade du palais.— Elle présente du côté des jardins un très-long développement ( V, ci-dessus, p. 33 ), et une ligne de 125 fenêtres (23 à la façade centrale ; 17 sur chacune des façades en retour, et 34 à chaque aile); ce qui donne 375 fenêtres pour le rez-de-chaussée et les deux étages.
Terrasse au pied du château, — Quatre belles statues en bronze , d'après l'antique, sont adossées au bâtiment du milieu : Silène, Antinous, Apollon et Bacchus,
Aux angles sont deux vases en marbre blanc ; celui du côté du nord, par Coysevox, a des bas-reliefs figurant la victoire des Impériaux sur les Turcs à l'aide des secours de Louis XIV, et la prééminence de la France reconnue par l'Espagne ; celui du sud est sculpté par Tuby. Les bas-reliefs font allusion à la paix d'Aix-la-Chapelle et à celle de Nimègue.
Parterre d'eau (1, plan I). — Il s'étend devant la façade centrale, et il est ainsi nommé parce qu'il présente au lieu de tapis de gazon deux bassins, contournés aux angles, dont la forme a été plusieurs fois changée.
Ces bassins sont bordés d'une tablette de marbre blanc sur laquelle reposent de beaux groupes en bronze, fondus par les frères Keller, vers 1688 et 1690.
Le bassin du Nord (qu'on longe quand on entre dans les jardins par la cour de la chapelle), a aux quatre angles des figures de fleuves : du côté du château, la Garonne (1688) et la
1. Nous indiquerons toutes les statues qui sont distribuées dans le parc. Bien qu'un nombre considérable de ces statues soit dépourvu de tout mérite et que plusieurs autres aient été mutilées par les Prussiens ; elles offrent cependant un certam intérêt, comme spécimen du style artistique de Fépoque, et elles sont, le plus souvent, des énigmes allégoriques dont il est bon de donner la clef aux étrangers.
Dordogne, appuyées sur deux urnes, modelées par Coysevox ; à Tautre bout, la Seine et la Mame^ par Le Hongre (cette dernière est du côté sud).
Bassin du Midi, — Du côté du château : la Loire, tenant une corne d*abondance, et le Loiret, par Regnaudin ; àTautre extrémité, le Rhône appuyé sur une rame, et la Saône, par Tuby. Sur les longs côtés , sont ries groupes en bronze également par Legros, Le Hongre, Van Clève, Magnier, Poultier, Raon, Lespingola, figurant des Nymphes ou des Naïades avec des Amours ou des Zéphyrs, et des groupes d'enfants montés sur des dauphins, ou jouant avec des oiseaux et tenant des couronnes de fleurs, des roseaux, des coquilles. Du milieu de chaque bassin s'élance une gerbe «Tenviron 10 met., qu'entourent seize jets inclinés formant la corbeille.
Devant les deux ailes du palais s'étendent deux parterres : le parterre du Midi et le parterre du Nord.
Parterre du Midi (2 , plan I). — Il est au pied de la terrasse de l'aile du midi. On y descend par un escalier de marbre blanc, dont les angles sont ornés de sphinx en marbre , montés chacun par un enfant en bronze , de Lerambert ; sur les perrons sont des vases, en marbre , par Bertin, et en bronze, par Ballin.
Ce parterre est orné de deux petits bassins, d'où sort une gerbe, et autour desquels sont des plates-bandes à dessins de broderies formés avec du gazon et du buis.
Sur l'angle de la balustrade qui règne le long du parterre, et qui conduit à un des escaliers dont nous allons parler, est une statue de femme couchée, dite Cléopatre, par Van Clève (d'après l'antique). Du haut des terrasses qui supportent le parterre du Midi, on aperçoit la pièce d'eau des Suisses,dominée par le bois de Satory , et au-dessous de soi le parterre de l'Orangerie, à dr. et à g. duquel sont deux magnifiques escaliers, ayant 103 degrés chacun et 20 met. de largeur.
Sur la terrasse, à l'extrémité de l'aile du Midi, est une statue en plomb de Napoléon I*', par Bosio, Elle était destinée à être placée dans le char de l'arc de triomphe de la place du Carrousel. — Dans une cour perdue au bas de cette terrasse est la statue en bronze du duc d'Orléans, par Marochetti, qui fut érigée, en 1844 , dans la cour du Louvre.
L'Orangerie.— L'Orangerie, construite en 1685 par Afan^aW^ est, par le caractère mâle et simple qui la distingue, par l'effet grandiose et pittoresque de ses deux rampes d'escaliers, M le plus bel ouvrage d'architecture qui soit à Versailles. »
Elle se compose d'une galerie du milieu, de 155 met. de longueur sur 12 met. 90 de largeur, éclairée par douze fenêtres cintrées qui sont dans l'enfoncement des arcades, et de deux galeries latérales ayant chacune 114 met. 43 de longueur. Ces galeries présentent trois avant-corps; celui de la galerie du fond est de huit colonnes d'ordre toscan, et les deux autres ont chacun quatre colonnes.
Devant le bâtiment, et au pourtour d'un bassin, sont rangées, dans la belle saison, près de 1,200 caisses d'orangers et de 300 caisses d'espèces variées.
Le plus vieux des orangers est celui qu'on nomme le Grand-Bour^ bon, parce qu'il fut acquis en 1530 par la confiscation des biens du connétable de Bourbon; on croit qu'il fut semé en 1421 ; il aurait donc 447 ans.
On lit dans le journal de Dangeau, samedi 7 juin 1687 : « Sur les cinq heures, le roi s'alla promener à pied à son Orangerie, où l'on a apporté les beaux orangers de Fontainebleau. »
Sous le bâtiment du milieu, vis-àvis de la porte centrale, est une statue en marbre de Louis XIV, par Desjardins, destinée en 1686 à être dressée sur la place des Victoires à Paris. La tête, mutilée pendant la Révolution, a été refaite en 1816.
Pièce d'eau des Suisses. — La
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pièce d'eau des Suisses, que l'on aperçoit du haut de la terrasse du parterre du Midi, est ainsi nommée parce qu'un régiment suisse fut employé a la creuser en 1679; elle a 400 met. de longueur sur 140 met.
de largeur. A reitrémité, est une statue équestre, qui devait représenter Louis XIV; ce dernier ouvrage duBernin fut envoyé de Rome ; Louis XIV en fut si mécontent qu'il voulut la faire briser. Oirardon la retoucha et en âl un Marcus CurHus.
Parterre du Hord (3, plan I]. — Parallèlement au parterre du Midi , devant l'aile du Nord, s'étend un autre parterre que l'on a & sa droite, quand on entre dans les jardins par la cour de la chapelle. Il est entouré de vases eu bronze, par Ballin, Anguier, etc. A dr. et à g. du perron de l'escalier qui descend dans le par-
terre sont deux statues ea marbre d'après l'antique: le S(^//ie «cure Aeur, vulgairement le R^nouleur, par Fogginî, et la Vénus accroupie, parCoysevoi. Dans la partie basse de ce parterre sont les deux Bassins des Couronnes, décorés des figures en plomb de Tritons et de Sirènes, par Tuby et Le Hongre. Un peu plus bas que les bassins des Couronnes est la fontaine de la Pyramide, dont les sculptures en plomb sont l'œuvre de Oirardon. EtiHn, au-dessous de celleci, est un bassin carré, oii l'eau lomhe en cascade. On remarque, sur la (ace principale de ce bassin, un
joli bas-relief en plomb bronzé, représentant les NijBiphes au bain, par Girardon ; les autres bas-reliefs sont de Legros et de Le Hongre.
L'allée qui descend de ce bassin carré au grand bassin de Neptune est désignée sous le nom de i Allée d'Eau. Avant de la, prendre, noua indiquerons les statues adossées aux bosquets du pourtour du parterre du Nord. Ce sont, à dr. et en commençant du côté du palais ; le Poëme héroïque, par Drouilly ; le Flegmatique, par LespagEandelle ; l'Asie, par Roger; ie Poème satirique, parBuyater ; — à dr. et à g. du bassin carré ; le
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Sanguin, par Jouvenet ; le Colérique, par Houzeau; — et, en continuant au-delà de PAUée d'Eau : V Hiver, par Girardon; VÉté, par Hutinot; V Amérique, par Guérin; V Automne, par Regnaudin.
Allée d'Eau. — Cette allée en pente a été dessinée par Claude Perrault. Sur les bandes de gazon qui la partagent , on remarque vingtdeux groupes, chacun de trois enfants, jeunes garçons et jeunes filles, Amours et Satyres, jouant, dansant, revenant de la chasse , exécutés par Legros, Lerambert, Massou. Ces groupes sont placés chacun au milieu d'un bassin en marbre blanc; ils soutiennent une cuvette de marbre du Languedoc, du milieu de laquelle s'élève un petit jet d'eau qui retombe en nappe dans le bassin inférieur.
A l'extrémité de l'Allée d'Eau se trouve à dr. l'entrée du bosquet (fermé) de VArc de Triomphe, On y voit la France assise dans un char. Cette figure et celle de VEspagne^ appuyée sur un lion , sont de Tuby ; celle de Y Allemagne, assise sur un aigle, est de Coysevox. Sur le premier degré de marbre se tord un dragon expirant^ symbole de la triple alliance.
A l'issue de l'Allée d'Eau et entre cette allée et le bassin de Neptune, on remarque un bassin rond d'où s'élancent neuf jets d'eau. Cette pièce était appelée autrefois le bassin du Dragon : elle avait dû cette désignation aux figures bizarres qui la décoraient; et la foule continue encore à donner, par erreur, au bassin de Neptune le nom de pièce du Dragon.
Bassin de Neptune. — De tous les bassins du parc, le plus grand et le plus remarquable, tant par le caractère grandiose des sculptures qui le décorent que par l'abondance de ses eaux, est sans contredit le bassin de Neptune. C'est le jeu des eaux de cette merveille d'hydraulique que Ton réserve en dernier lieu comme une sorte de botiquety
qui termine magnifiquement la fête féerique des Grandes eaux.
Une longue tablette ornée de vingtdeux vases de plomb bronzé, et garnie d'un jet entre chaque vase, règne le long de la façade méridionale de bassin ; ces jets et ceux qui s'élèvent de chaque vase, au nombre de soixante- trois , sont reçus dans un chenal d'oii l'eau s'échappe dans de vastes coquilles placées aux angles, et par des mascarons, pour retomber dans la grande pièce.
Sur la tablette inférieure sont trois vastes plateaux, sur lesquels sont placés des groupes de métal. Le groupe central représente Neptune, ayant à sa gauche Amphitirite, assise dans une grande conque marine, par Adam aîné (1740) ; celui de gauche : Protée gardant les troupeaux de Neptune et appuyé sur une licorne, par Bouchardon (1739) ; celui de droite :
V Océan, par Le Moyne (1740).
Aux deux extrémités de la tablette circulaire sont placés deux dragons marins montés chacun par un Amour.
Ces groupes sont de Girardon.
« Louis XIV vit aller pour la première fois, le 17 mai 1685, toutes les fontaines de la pièce de Neptune (Dangeau). » Les groupes qui décorent ce bassin ne furent exécutés que sous Louis XV, par Adam l'ainé, Bouchardon et Le Moyne.
Cette pièce d'eau commence, d'ordinaire, à jaillir vers cinq heures, dès que tous les autres bassins ont successivement épuisé leurs gerbes liquides. Il est impossible d'en rendre l'effet magique, quand de tout le pourtour du bassin, quand de toutes les bouches des dieux, des Tritons, des Naïades, des phoques et des chevaux marins, surgissent, bouillonnent, s'entre-croisent des jets d'eau d'une force et d'un volume extraordinaires, qui retombent en cascade écumante dans la pièce d'eau agitée.
Le spectacle de cette masse d'eau déchaînée suffirait seul pour attirer la foule à Versailles.
A dr. du bassin de Neptune est la
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gHlle du Drago7i, qui mène dans Versailles au quartier Notre-Dame. Près de là, dans l'allée circulaire tracée en face du bassin de Neptune , on voit une assez belle statue de Béré- 7iice (d'après l'antique) , par Lespingola. Sous les massifs, en face du groupe de Neptune et d'Amphitrite, est un groupe dessiné par Lebrun et exécuté à Rome par Guldi , dans le style de décadence qui régnait alors ; il représente la Renommée écrivant Vhistoire de Louis XIV. A l'autre extrémité, du côté de Trianon, dont on aperçoit le palais au bout d'une longue avenue sur laquelle ouvre la grille de Neptune , se dresse une statue de Faustine (d'après l'antique), par Frémery.
Après avoir visité cette première partie des jardins qui s'étend immédiatement devant le château, nous allons achever de les parcourir, en nous rapprochant peu à peu de Trianon. Pour cela, nous reviendrons nous placer en avant des deux grands bassins du parterre d'eait , audessus de Tescalier et des rampes qui descendent dans le parterre de Latone.
De là, tournant le dos au palais, nous apercevons une longue perspective : à nos pieds s'étale le parterre de Latone : au delà s'ouvre une magnifique avenue bordée de futaies et ayant au milieu un champ de gazon, nommé le tapis vert; à l'extrémité de ce tapis vert, se montre le bassin d'Apollon, et, en arrière, un grand canal qui s'étend jusqu'à l'horizon. Pour procéder avec ordre dans notre promenade, nous visiterons d'abord le parterre de Latone et le tapis vert, puis les parties latérales du parc.
Avant de descendre dans le parterre de Latone, jetons un coup d'œil sur deux jolies fontaines, dans des cabinets de verdure, à g! et à dr. de l'escalier.
Les deux fontaines. — La fontaine du côté de l'Orangerie est appelée fontaine du Point -.du -Jour (5, plan I), du nom d'une statue qui î'avoisine, exécutée par Marsy; et celle du côté de la chapelle, fontaine de Diane (6, plan I). — Des deux . côtés de la fontaine du Point-du-Jour, sont deux statues de femmes : l'une, à g., figurant YEau^ œuvre char-
mante de Legros; l'autre, à dr., le Pnntemps , par Magnier. — En retour de IsC fontaine, du côté des rampes qui descendent au parterre de Latone, est une autre statue, par Gr.
Marsy, ayant une étoile sur la tête et figurant le Point du jour. — Des deux côtés de la fontaine de Diane, sont également deux statues représentant : le Midi sous la figure de Vénus (à dr.), par G. Marsy, et le Soir sous la figure de Diane (à g.), par Desjardins. — En retour de la fontaine est une statue par Le Hongre, ayant un aigle à ses pieds et figurant Y Air.
Sur l'appui de la bordure supérieure de chacune des fontaines sont des groupes d'animaux en bronze, fondus par les frères Keller (1687).
Ils lancent de l'eau dans les bassins et représentent : un tigre terrassant un ours ; un limier abattant un cerf, modelés par Houzeau ; un lion combattant un sanglier, un lion terrassant un loup, par Van Clève.
Du parterre d'eau, on descend dans celui de Latone par un escalier central, ou par deux rampes douces qui se développent sur les côtés.
Aux angles de l'escalier du milieu sont deux vases, par Dugoullon et Drouilly. Quatre autres vases, placés sur le second perron formant terrasse, ont été faits à Rome, d'après l'antique, par Grimaud et d'autres élèves.
Voici maintenant l'indication des statues qui décorent les rampes.
Rampe de g. ou du S.:
Le poëme lyrique, par Tuby ;
Le feu, par Dossier;
Prisonnier barbare (d'après l'antique), par Lespagnandelle ;
Vénus Callipyge (d'après l'antique), par Clairion. — La pruderie moderne y a ajusté im bout de draperie d'une manière au moins maladroite ;
Silène portant Bacchus enfant (d'après l'antique qui est au Louvre), par Mazière ;
VERSAILLES. — LES JARDINS
Antinous (d'après l'antique), par Legroa ;
Mercure (d'aprÈB ranlique) , par Melo;
Uroiiie (d'après l'antique), par Carlier;
Apollun du Belvédère (d'après l'a lique), par Maïeline;
En face de la statue d'Apollon e
celle du Gladiateur mourant (d'après l'antique), par Mosnier.
Rampe de dr. ou du N.:
Le Mélancolique, par La Per-
Antinous (d'après l'antique), par Lacroix ;
Pi-isonnier barbare (d'après l'an- , tique), par André ;
Faune (d'après l'antique qui est au Louïre), par Hustrelle ;
Bacckus (d'après l'antique), par Granier ;
L'impératrice Pnustine sous la figure de Cérès (d'après l'antique), par Regnaudin ;
L'empereurCommorfe sous la figure d'Hercule (d'après l'antique), par Nicolas Coustou ;
U'ranie (d'après l'antique], par Fré-
En face de la statue de Oanjmède est la jolie statue de la Nymphe à la coquille (d'après l'antique qui est au Louvre), par Coysevoi.
BaBsin de Lalone. — Le bassin de LatoAe est au milieu du parterre.
Sur le plus élevé des gradins de marbre rouge étages en pyramide, a été placé le groupe de Balth. Marsy :
Latone avec ses deux enfants, Apollon et Diane, qui demande vengeance à Jupiter contre les insultes des
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paysans de la Lycie. Çà et là, au pourtour, des grenouilles , des lézards, des tortues, des paysans et paysannes, dont la métamorphose commence, lancent contre la déesse des jets d'eau qui croisent dans tous les sens leurs gerbes brillantes.
N'oublions pas les deux petits bassins, dits des Lézards, avec des gerbes de 10 met. environ, placés plus bas, dans le parterre, et faisant suite aux métamorphoses des paysans de la Lycie.
A droite et à gauche du bassin se trouvent huit vases, dont trois représentent un sacrifice à Diane; trois autres, une fête de Bacchus , œuvres de Cornu, d'après les vases antiques dits : Borghèse et Médicis. Les deux derniers vases, de Hardy et de Prou, représentent : le premier, le jeune dieu Mars sur un char tiré par des loups ; le second, Mars assis sur des trophées et couronné par des génies.
Des Termes en marbre sont adossés aux bosquets des quinconces du Midi et du Nord. — Dans la demilune en avant du Tapis vert sont placés les groupes suivants :
A g. (côté du S.) : Castor et Pollux (d'après l'antique), par Coysevox;
Arria et Pœtus (d'après l'antique), par Lespingola ;
A dr.: Papirius et sa mère (d'après l'antique), par Carlier ;
Laocoon et ses fils (d'après l'antique), par Tuby.
Grande allée du Tapis- Vert. — La belle avenue ouverte dans le centre du parc, et qui relie le parterre de Latone au bassin d'Apollon , est remarquable par le long tapis vert qui s'étend au milieu et qui lui a fait donner son nom. Cette immense nappe de gazon sert d'arène à un exercice auquel se livrent, selon une tradition non interrompue, une foule de provinciaux, de parieurs de toutes conditions, qui essayent, un bandeau sur les yeux, d'arriver jusqu'au bout sans avoir dévié et quitté l'herbe Jîôttir le sable.
Le Tàjiis- Vén eët boi^dé d'une dou*
ble haie de vases et de statues dont voici les noms :
Côté g. (S.) : la Fidélité (dessin de Mignard), par Lefèvre :
Vénus sortant du bain, par Legros ; statue intéressante, imitée d'un antique qui se trouvait au château de Richelieu ;
Faune au chevreau (d'après l'antique), par Flamen ;
Didon sur son bûcher, par Pbultier;
Amazone (d'après l'antique), par Buirette ;
Achille sous l'habit de Pyrrha^ par Vigier (spécimen de mauvais style, vers 1695).
Côté dr. (N.): La Fourberie (dessin de Mignard), par Lecomte ;
Junon (antique>estauré) ;
Hercule et Télèphe, par Jouvenet ;
Vénus de Médicis (d'après l'antique) ;
Cyparisse caressant son cerf, par Flamen ;
Artémise , par Lefëvre et Desjardins.
A peu près aux deux tiers du Tapis- Vert, à g., on aperçoit le bosquet de la Colonnade {V. ci-dessous).
Nous avons cru devoir décrire de suite, après le parterre de Latone, Tallée du Tapis- Vert, qui forme une perspective si importante au centre du parc, de Versailles ; maintenant, revenant sur nos pas, nous allons décrire les deux grandes divisions du parc du midi et du nord, séparées par le parterre de Latone et le Tapis- Vert, Nous commençons par le côté du sud.
Les bosquets , que nous indiquons comme étant fermés, sont ouverts les jours de fête seulement ; mais les autres jours, on peut les visiter en se faisant accompagner d'un surveillant. (Le poste des surveillants est à rentrée du Tapis- Vert , à g.)
BOSQUETS DU CÔTÉ GAUCHE (sUD).
Ces bosquets sont divisés dans leur longueur par une allée paraU lèle au Tapis=Vert< mais double dte longueur i l*à//ëe efe SatUthe et de BacckuSi ainsi nommée à cattfel dHis
VERSAILLES. - LES JARDINS
H^res qui ornent deux bassins situés dans cette allée à la rencontre d'allées transversales. Le premier bassin (du calé de l'Orangerie) est octogone ; le groupe en plomb représente Bacchus et de petits Satyres, par les Trères Marcy, d'après les dessins de Lebrun. — Le bassin le plus éloigné est rond ; le groupe représente Saturne entouré d'enfants, par Girardon (dessin de Lebrun).
l'isi
quets de cette partie gauche du pare ; en commençant par ceui du côté de l'Orangerie et en nous avançant successivement vers le grand canal.
Bosquet de la Cascade, dit Salle de bal (fermé). — (9, plan 1.) — Ce bosquet, de forme elliptique, présente au fond une cascade composée de gradins en rocailles et en coquillages, et enrichie de vases et de torchères en métal bronié. Les nappes d'eau qui tombent d'un gradin sur
un autre forment un charmant coup il'teil, dont l'etlel a été quelquefois augmenté en plaçant, dans les caviléB qui s'étendent 4 chaque gradin BOua les rocailles, des lumières colorées, par-dessus lesquelles les eaux ^jouaient dans leur chute.
Au-dessus de l'amphithéâtre de 'erdure, en face de la cascade, est un joli groupe en marbre représentant l'Amour ternissant un Salyi-e,
Oo a appelé ce bosquet Salle de '•bI, parce qu'il a servi à cet usage dans plusieurs grandes fêtes. Un
bleau du temps nous montre M"" de Mainlenon y conduisant Mademoiselle de Blois, tille du roi et de M"' de Montespan. On lit dans le journal de Dangeau que le grand Dauphin , aprèa avoir été courre le loup, son exercice de chasse favori, se plaisait quelquefois à y donner à
Bosquet de la Reine (fermé).
— (10, plan 1.) — Ce bosquet remplace l'ancien labyrinthe, supprimé en ms, et ainsi nommé & cause de l'entrelacement des allées. Au de-
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tour de chaque allée se trouvait une fontaine ornée de figures d'animaux en plomb et de bassins en rocaille représentant une fable d'Esope. Le dessin de ces sculptures avait été fourni par Lebrun, et les vers placés aubaâ étaient de la composition de Benserade. Ces ornements ont fait place à une décoration plus simple.
Parmi les arbres exotiques de ce bosquet, on remarque surtout un quinconce de tulipiers , décoré par quatre beaux vases en bronze, au milieu desquels est placée une statue de Vénits de Médicis , et une belle statue du Gladiateur combattant j toutes deux en bronzé.
Le bosquet de la Reine est situé au pied d'un des grands escaliers qui descendent à l'Orangerie , parallèlement au mur du parc, vers l'avenue de Saint-Cyr.
C'est dans ce bosquet que se passa, dit-on, vers les dernières années de l'ancienne monarchie, une scène des plus singulières : le cardinal de Rohan, dupe d'intrigants et surtout de son aveugle crédulité, entrevit à la nuit une certaine Oliva, ayant une taille et une toilette pareilles à celles de Marie-Antoinette, et il crut avoir rencontré la reine. Dans l'espérance de rentrer en grâce auprès de cette princesse, mal disposée pour lui à cause de sa conduite politique comme ambassadeur à Vienne, il crut voir dans cette rencontre un mystérieux assentiment à négocier pour elle l'achat du collier de diamants de 1,600,000 f., que le joaillier Bœhmer lui avait fait offrir et qu'elle avait précédemment refusé.
C'est ainsi que se noua cette funeste affaire du collier, dont la malveillance s'arma pour répandre d'infâmes calomnies sur la reine, et qui a été justement appelée la première journée de la Révolution.
Nous prenons maintenant Vallée de l'Automne, et, nous dirigeant du côté du parterre de Latone, nous passons devant le bassin de Bacchus, et, au-delà, nous «ntrons, à g., dans le quinconce du Midi.
Quinconce du Midi.— Nous signalerons seulement dans ce vaste espace, ouvert aux promeneurs et ombragé de marronniers, une suite de Termes en marbre exécutés d'après des dessins de Poussin, par Fouquet. Du côté du S. sont les sujets suivants : Morphée, un Moissonneur^ Flore, une Bacchante; du côté du N.: Pomone, Minerve, Hercule, Vertumne. Dans plusieurs de ces Termes, le génie sévère de Poussin se retrouve encore à travers la traduction faite par le sculpteur.
Après avoir traversé le quinconce du Midi, nous arrivons à Vallée de l'Hiver, qui s'étend du Tapis- Vert au jardin du Roi {V. plus bas) ; nous jetons un coup d'œil sur un vase en marbre, dessiné par Mansart, et, passant devant le bassin rond de Saturne , nous voyons au-delà, à g., le bassin du Miroir.
Bassin du Miroir (11, plan I). — Cette pièce d'eau est en face du bosquet du Roi. On remarque autour quelques statues antiques très-bien restaurées : une Vestale tenant une patère ; Apollon ; Vénm ; une autre Vestale,
Jardin du Roi. — (A partir du 1®' mai, il est ouvert tous les jours, de 2 h. à la nuit.)
Le jardin du Roi, promenade favorite des habitants de Versailles, remplace l'ancien bassin de Vile d* Amour. Ce bassin ne présentait, depuis longtemps, par suite de l'altération des conduits, qu'une sorte de marais fangeux, lorsque le roi Louis XVIII, pendant le rigoureux hiver de 1816, ordonna d'employer les indigents à des travaux de terrassement pour transformer ce marécage en un jardin d'arbrisseaux, d'arbustes, de gazons et de fleurs de toutes sortes.
Le plan du jardin, tracé par M. Dufour, architecte du roi, fut exécuté en trois mois; il ne reproduit nullement, comme semble le croire l'opinion générale, le dessin du jardin de la maison d'Hartwell, que Louis XVIII occupait en Angleterre.
VERSAILLES, - LES JARDINS
es
De la porte d'eatrée on aperçoit, sur le tapis de verdure, une cotonae surraonlée de la slalue ds Flore. — A l'eilérïeur se voient Hercule Far- Bfïf, par Cornu, et Flore Famèse,
par Raon, statues colossalea d'aprè»
l'antique.
Rien de plus ravissant dans'Ia belle saison que l'eiiBemble de fleurs aux couleurs vives et fraiches, co-
Swiwment encadrées dans la ver- 'liredu gaion et servant elles-mêmes i'- bordures étagées aux massifs des Sfbostes. Des bancs sont disposés ombrages pour les
Antiques, k caUBO des
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qui Tomaîent ; elle n'a conservé que les suivantes : Antinous et Méléagre, et les bustes (côté du S.) de Marc-Aurèle, à^Othon, d'Alexandre, d'Apollon, (côté du N.) à'Annibal, d'Octeuien, de Sévère, d'Antonin.
Il ne nous reste plus, pour achever le parcours des bosquets du S., qu'à visiter celui de la Colonnade, dont la principale entrée est par Tallée du Tapis vert.
Bosquet de la Colonnade (fermé). — (13, plan I.) — Ce bosquet renferme un péristyle en marbre, de forme circulaire (32 met. de diamètre) et d'un riche aspect décoratif; il est composé de 32 colonnes en marbre de différentes couleurs, avec des chapiteaux en marbre blanc. Sur les colonnes viennent s'appuyer une suite d'arcades cintrées, ornées à leurs clefs de masques de Nymphes, de Naïades ou de Sylvains. Dans les tympans sont des bas-reliefs par Mazière, Granier, Le Hongre, Leconte et Coysevox. Sous les arcades sont placées 28 cuvettes en marbre, de chacune desquelles s'élève un jet d'eau qui retombe en cascade dans le chenal inférieur.
Toute cette architecture a été exécutée par Lapierre, d'après les dessins.de HardouinMansart.
Dans l'arène formée au centre de cette salle de verdure, est un groupe en marbre par Girard on, d'après les dessins de Lebrun, ouvrage plein de mouvement, mais d'un dessin mou. Il représente VEnlèvement de Proserpijie par Pluton; les bas-reliefs du piédestal figurent les diverses scènes de cet enlèvement.
Après avoir fait le tour de la Colonnade, reprenant le Tapis-Vert, nous descendons jusqu'au bassin d'Apollon.
En avant de ce bassin s'élargit I une demi-lune où des statues de marbre sont adossées aux massifs j des bosquets. A g. (côté du S.) : Ino j se précipitant dans la mer avec son fils Mélicerte, pour se soustraire à la fureur de son époux, groupe par Granier d'après Girardon. Viennent
ensuite les Termes suivants: Pan, par Mazière, d'après Girardon ; le Printemps, par Arcis et Mazière; BacchuSy par Raon ; Pomone, par Le Hongre, et une statue de Bacchus, dont la partie supérieure a été refaite en 1853, par M. Duseigneur.
— A g. (côté du N.): Aristée et Protée, d'après Girardon, par Slodtz, 1723, groupe faisant le pendant de celui d'Ino ; et, à la suite, les Termes de Syrinx, de Jupiter et de Junon, par Clairion, de Vertumne, par Le Hongre, et une statue antique en marbre de Silène, portant Bacchus enfant.
Bassin d'Apollon et Canal. — A l'extrémité de la grande allée du Tapis vert, et dans l'axe du palais, se trouve le bassin cT Apollon, le plus grand du parc après celui de Neptune.
Au centre, un groupe en plomb représente Apollon sur son char traîné par quatre chevaux et entouré de quatre Tritons sonnant de la conque, et de quatre monstres marins, exécuté par Tuby, d'après les dessins de Lebrun. Le vuîgaire, dépoétisant la mythologie, a surnommé ce groupe le Char embourbé, mais il faut voir comment le Char embourbé se venge, les jours de grandes eaux, de cette dénomination moqueuse, quand il lance vers le ciel ses puissants jets d'eau, l'un de 18 met. environ, les deux autres de 15 met., qui voilent à demi le dieu du jour sous leurs brillantes vapeurs. L'un des chevaux a été refondu et les autres ont été restaurés en 1737 et 1738, par Le Moyne.
A la suite de ce beau bassin s'étend le grand canal, qui a 62 met.
de largeur et 1,558 met. de longueur. Sous Louis XIV, cette majestueuse pièce d'eau était couverte de bâtiments de toutes formes, et principalement de gondoles vénitiennes ; elles étaient conduites par de nombreuses troupes de rameurs et de matelots pour lesquels un village avait été bâti dans le voisinage. Le
VERSAILLES. — LES JARDINS
roi, le grand Dauphin, les princesses, allaient souvent y prendre le plaisir de la promenade et de la collation. Les fêtes finissaient toujours par quelque feu d'artifice sur le canal ; en 1770, pour le mariage du Dauphin, on y avait établi un soleil de feu qui éclairait tout Thorizon, et le canal était parcouru par deux cents chaloupes couvertes de verres de couleur.
Entre le bassin d'Apollon et le commencement du grand canal sont rangées les statues suivantes :
Côté gauche (S.).
Consul romain (antique); Empereur romain (antique» ; La Foi, statue gracieuse, mais sans style, par Clodion; Leucothoé et Bacchus (antique) ; Hercule (antique) ; Junon (d'après Tantique).
Côté droit (N.).
Empereur romain (antique) ; Bacchus (antique); Apollon (d'après l'antique); La Clarté, figure bizarre, par Baldi.
Hercule (antique).
Cléopâtre,
Parvenus à cette extrémité du parc, nous pourrions visiter la partie N. des bosquets, successivement en remontant vers le château ; mais, pour suivre une marche parallèle à celle que nous avons adoptée pour la description des bosquets (le la partie S., nous recommencerons notre parcours depuis le parterre de Latone, et, de là, nous rapprochant peu à peu du bassin d'Apollon, quand nous y serons arrivés une seconde fois, notre examen du parc de Versailles étant terminé, nous n'aurons plus qu'à nous rendre aux Trianons.
BOSQUETS DU CÔTÉ DROIT(nORD).
Ces bosquets, ainsi que ceux de l'autre côté, sont divisés dans leur longueur par une allée parallèle au Tapis- Vert, mais double de longueur :
Vallée de Flore et de Cérès, ainsi nommée à cause des figures qui ornent deux bassins situés dans cette allée, à la rencontre d'allées transversales. Le premier bassin (du côté du château) est octogonal, et décoré d'un groupe en plomb représentant Cérès entourée d'Amours, par Regnaudin, d'après le dessin de Lebrun. — Le bassin le plus éloigné est rond ; le groupe en plomb représente Flore au milieu d'Amours, par Tuby, d'après le dessin de Lebrun.
Le premier bosquet que nous visiterons de ce côté est celui d'Apollon.
Bosquets des Bains d'Apollon
(fermé). — (14, plan I.) — Ce bosquet, adossé au bassin de la Fontaine de Diane, a subi plusieurs changements. Trois ans après la replantation du parc , qui eut lieu en 1775, il fut composé sur un nouveau dessin, par Hubert Robert, qui était alors très à la mode comme dessinateur de jardins irréguliers. Il renferme un immense rocher dans lequel a été pratiquée une grotte décorée du célèbre groupe en marbre dC Apollon et les Nymphes, dû au ciseau de Girardon et de Regnaudin.
A dr. et à g., et à quelque distance de ce groupe principal, sont :
deux coursiers &' Apollon abreuvés par des Tritons, ouvrage de Guérin; et les Tritons, tenant deux coursiers dont l'un mord la croupe de l'autre qui se cabre, par les frères Marsy.
Ces beaux groupes furent d'abord placés dans la fameuse grotte de Thétis, bâtie en 4 662 par Pierre de Francine, auprès du château, à la place où se trouve aujourd'hui le vestibule de la chapelle. Elle fut démolie pour faire place aux construotions de l'aile du N. Il est digne de remarque que, dans le groupe d'Apollon, une des Nymphes agenouillée tient une aiguière sur laquelle est sculpté le passage du Rhin. C'est toujours Louis XIV qui est le véri-
t)Ë PARIS A VERSAILLES.
table dieu adoré sous Timage du dieu du soleiL
Le bosquet des Bains d'Apollon est ouvert au public le jour des grandes eaux^ et le gracieux agencement des eaux, de la verdure et de la sculpture, qu'il présente, est une des merveilles de ces spectacles féeriques.
En sortant des bains d^ÂpoUon, nous visiterons une salle de verdure qui est désignée sous le nom de Rond- Vert.
Le Rond -Vert. — (15, plan I.) — Ce bosquet a été planté sur l'emplacement du théâtre d'eau, dont les dispositions sont reproduites dans les tableaux 737 et 738 de la salle des Résidences royales (K. page 49).
On y voit quatre statues antiques, très- endommagées, Faune, Pomone, Cérès et la Santé, Le centre de ce bosquet présente une pelouse, rendez-vous ordinaire des bonnes et des enfants.
A rextrénité du bosquet du Rond- Vert est un petit dassin d'kni'ants, réprésentés se jouant au milieu des eaux. Ces figures d'enfants sont en plomb et au nombre de huit. De là, traversant Vallée de l'Été (qui aboutit au bassin octogone de Cérès), nous entrons en face, dans un bosquet d'égale grandeur, désignée sous le nom de bosquet de TÉ toile.
L'Étoile. — (16, plan I.) — A la place du bosquet de l'Etoile était autrefois la Montagne d'eau (reproduite dans le tableau 736 de la salle 99 ; V. p. 49). Au pourtour de l'Étoile, sont les statues antiques en marbre de Mercure, d'Uranie, d'une Bacchante et d'Apollon; et, dans l'allée circulaire, celles de Ganymède (d'après l'antique), par Joly, et de Minerve, par Bertin.
Entre l'Étoile ©t le Tapis-Vert s'étend le quinconce du Nord.
Quinconce du Nord. — Ce vaste espace ombragé, ouvert aux prome- ; neurs, fait le pendant du quinconce du Midi, et il est également décoré
de Termes en marbre, exécutés à Rome, comme ceux du quinconce du Midi, d'après les dessins de Poussin. Du côté du S. sont : Flore ; l'Été, par Théodon (en arrière) ; Pa7i et Bacchus. Du côté du N.: Faune; V Hiver, par Legros (en arrière) ; la Libéralité et V Abondance,
A l'extrémité du quinconce du Nord, on aperçoit, dans l'allée du Printemps, un vase en marbre, par Robert. Le bosquet qui s'étend derrière ce vase est celui des Dômes. On y entre du côté du bassin de Flore et du côté du Tapis- Vert.
Bosquet des Dômes (fermé). — (17, plan I.) — Quand les groupes de statues des bains d'Apollon furent enlevés de la grotte de Thétis, on les transporta d'abord dans ce bosquet qui dut ensuite son nom actuel à deux petits pavillons en marbre blanc, — couverts chacun d'un dôme enrichi d'ornements de métal doré,
— et détruits à cause de leur état de vétusté. Le tableau 734 du musée reproduit cette ancienne disposition.
Au milieu est un bassin entouré d'une balustrade en marbre blanc, ainsi qu'une terrasse avec une seconde balustrade. Sur le socle et les pilastres sont sculptés une suite de bas-reliefs représentant des trophées d'armes, par Girardon, Guérin et Mazeline.
Ce bassin, au centre duquel est une cuvette en marbre blanc, est dans un état regrettable de délabrement. Nous ne le mentionnons que pour être complet, et à cause des bas-reliefs de Girardon.
Le bosquet est décoré des statues suivantes : Impératrice romaine et Faune dansant (d'après l'antique) ; Bacchus y parGuill. Coustou; Diane, par Frémin ; Vénus de Médicis, Isis (d'après l'antique) ; Melpomèiie et Thaiie, statues antiques.
Bassin d'Encelade.— (18, plan I.)
— Près du bosquet des Dômes est le bassin d'Encelade. Il doit son nom à la figure d'Encelade, dont on aperçoit seulement la tête et le bras gi-
VERSAILLES. - LES JARDINS. 89
gaotesques, au milieu de fragmente 1 demi eaKveli sous les Jébris ile de rochers. Le jet d'eau (S3 met.), l'Etna, est un des plus élevés du jar qui EOFt delà bouche du Titau, à din.— Derrière le bassin d'ËDcela,:Ie
est un dernier bosquet au milieu du- 1 plaol.)— Cehassindoitson nom à qil«l Be trouva le hassio de l'Obé- forme jiyramidalB que prennent ! liique. I eaux joilltasantes.
Builu d« l'Obeiisi[u«. ~ (19.1 —
DE PARIS 'A VERSAILLES
Les eanz de Versailles.
On a vu plus haut (page 27), dans Thistorique que nous avons donné des dispendieuses tentatives faites pour amener des eaux abondantes à Versailles, que, par suite de l'insuffisance de celles qui étaient fournies par la machine de Marly, on avait dû organiser un vaste système de rigoles qui, contournant les hauts plateaux, ramassent les eaux de pluie et de neige fondue, et vont les verser dans les étangs et les réservoirs creusés pour les recevoir. Les principaux étangs sont ceux de Trappes ou de Saint-Quentin, Saclay, Bois-d'Arcy, Saint-Hubert, Perray, etc. Le développement total des rigoles est de 157, 652 met., sur une largeur moyenne de 20 met. environ.
Le système des étangs fournit des eaux hautes et des eaux basses.
Les eaux hautes, qui sont celles de Trappes , viennent par un aqueduc souterrain de 10,772 met. de longueur, et se réunissenrt, à TE. de Versailles, dans les bassins de Montboron. Les eaux basses viennent de la plaine de Saclay; elles sont d'abord réunies dans des étangs et traversent ensuite la vallée de Bue au moyen d'un aqueduc ( V. Section XXVIII). Elles arrivent dans Versailles à un niveau de 1 3 met. plus bas que celles de Montboron. Ces eaux, soit hautes, soit basses, se distribuent :
une partie directement dans la ville ou dans le parc ; une autre , amenée par des conduits, du bassin de Montboron au château d'eau (11, plan I) ; une dernière au grand réservoir ( V.
p. 23), et de ces deux réservoirs elles vont alimenter les bassins du parc.
Selon un rapport publié sur les eaux de Versailles, le cube des eaux de tous les étangs , parvenues à leur niveau de déversement, est de 7,971,726 met., niveau qu'elles atteignent, du reste, très-rarement.
La quantité moyenne est estimée à 5,321,151 met. cubes, quantité sur laquelle il s'opère une réduction d'un
cinquième par suite des tiltrations et de Tévaporation. Sur cette quan- !
tité ainsi réduite, la consommation annuelle de la ville absorbe 2,182,460 met. cubes. On voit, d'après cela, quel est l'excédant disponible pour le jeu des eaux du parc. — D'importantes améliorations ont été apportées, dans ces dernières années, au système des eaux de consommation de la ville de Versailles , au moyen d'un plus grand développement de puissance donné à la machine de Marly (K. ci-dessous, Section VIII).
Il faut distinguer dans le jeu des • eaux ce qu'on appelle les petites eaux et les grandes eaux. Les premières jouent souvent, dans la belle saison tous les quinze jours. Les secondes ne jouent même pas tous les mois.
Ces dernières se composent des bassins réservés, tels que la salle de Bal, la Colonnade, les bains d'Apollon, et surtout du bassin de Neptune, Les petites eaux commencent ordinairement à jouer vers trois heures. A quatre heures, commencent les grandes eaux; et, à partir de ce moment, outre les jeux nouveaux des bosquets, d'autres bassins, tels que ceux de Latone et d'Apollon, reçoivent un plus grand développement de leurs eaux jaillissantes. C'est alors qu'il faut savoir se diriger dans le parc pour visiter tour à tour ces merveilleux spectacles hydrauliques. Notre itinéraire fournit d'amples renseignements à cet égard. Du reste, la foule se porte d'elle-même et par tradition aux différents bassins, et finit par se rassembler autour du bassin de Neptune, qui joue vers cinq heures. Le i spectacle qu'il offre alors est si merveilleux, que, en voyant le peu de temps qu'il dure, on se prend à regretter la permanence qu'il pourrait avoir , si les folles tentatives de Louis XIV pour amener la rivière de l'Eure à Versailles avaient réussi.
Les Trianons.
Direction. — On peut s'y rendre à pied, en une petite demi-heure, depuis
VERSAILLES. — LES BAUX. — LES TRLiNONS.
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L château, traverser la parc 81, parvena au bassin d'ApolloD, prendre l'illee qui s'ouvre jt dr., sortir du parc à
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