LE PETIT TRIANON
Lorsque Ton est devant la grille qui précède la cour d'honneur du petit Trianon, on entre, à g., sous un petit vesti-
bule ouvert ; on s^adresse au concierge si Ton a Tautorisation de visiter Tintérieur du château ; mais, si Ton veut seulement parcourir les jardins, on traverse la cour ; une entrée ouverte qui fait face à la loge du concierge donne accès aux bosquets.
Le palais du petit Trianon forme un simple pavillon carré de peu d'étendue et d'apparence peu royale. Il comprend im rez-de-chaussée, un premier étage et un attique. Les façades sont décorées dans toute leur hauteur de colonnes et de pilastres corinthiens. Les bâtiments des dépendances sont distribués à quelque distance. Des travaux furent exécutés, par ordre de Louis-Philippe, pour faire du petit Trianon ime résidence commode et agréable. Dans le jardin, les rochers ont été reconstruits ; les chaumières rustiques, ainsi que les eaux, les plantations, ont été rétablies comme par le passé.
Intérieur du château. — Les appartements, décorés simplement, ne contiennent que quelques peintures.
Antichambre, — Des dessus de porte et de glace, par Natoire.
Salle à manger, — Le parquet y conserve les traces d'une trappe par laquelle se montaient, toutes dressées, les tables destinées aux petits soupers de Louis XV, afin de supprimer le service des valets. — Belles boiseries exécutées sous Marie-Antoinette. Le Bain et la Pèche , par Pater. Les quatre Saisons, par Dejuinne (1819-1822).
Petit salon. — La cheminée est soutenue par deux cariatides figurant des boucs. Dessus de porte et de glace, par Natoire et Lépicié.
Salon suivant : quatre Scènes champêtres, ébauches faciles et colorées, par Pater.
Au milieu du parterre qui s'étend sur un des côtés du château s'élève le Pavitlon français^ construit sous Louis XV. Ce pavillon servait de salle à manger d'été. Non loin de là est la salle de spectacle. « Le plafond, exécuté vers 1779, par Lagrejiée
DE PARIS A VERSAILLES
le jeune, a été entiëremeDt repeint. »
(Notice du palais de Trianon,)
Jardin du petit Trianon. — Une fois entré dans le jardin, comme nous rindiquons ci-dessus, on peut prendre devant soi une allée qui en contourne les bords. A peu de distance, à g., on aperçoit, dans une île , le temple de l'Amour, petit édifice rond et ouvert, composé de colonnes corinthiennes, et construit par Tarchitecte Micque. Au milieu est une statue de V Amour qui se taille un arc dans la massue d*Hercule, par Bouchardon (répétition de la statue qui est au Musée du Louvre). Si Ton continue à suivre pendant quelque temps la même allée, on aperçoit à g. les maisons rustiques qui composent ce qu'on appelle le Hameau ; on peut voir dans le plan I leur emplacement et leur désignation. Un saule pleureur, près de la tour de Marlborough, a été planté, dit-on, par Marie-Antoinette , Tannée même où elle fut forcée de quitter Versailles. Après avoir examiné ces petites fabriques on fait le tour du lac. Nous appelons Tattention sur un phénomène végétal qui se remarque à son extrémité (aux points marqués * sur le plan I), et qui est produit par des racines de cyprès de la Louisiane (cyprès chauve, Cupressus disticha, toxodium distichum). Ces racines multiplient des exostoses ou renflements ligneux, qui, dans les marais de la Louisiane, prennent jusqu'à 1 ou 2 met. de hauteur, et rendent impraticables les espaces où ils se développent. C'est vers 1764 que furent plantés les principaux arbres qui font aujourd'hui l'ornement du jardin de Trianon. Enrichi depuis 1830 de beaucoup d'espèces nouvelles, il présente une des plus belles collections d'arbres indigènes et exotiques.
Des écriteaux, placés sur la plupart de ces arbres , indiquent aux visiteurs les noms des espèces. Un certain nombre n'ont plus aujourd'hui l'intérêt qu'ils tiraient alors de leur rareté ; mais plusieurs se font remar-
quer par leur belle végétation : ainsi les pins de l'Amérique du Nord, connus sous le nom de lord Weymouth, y passent pour les plus beaux que l'on connaisse en Europe. Nous citerons, parmi les arbres les plus dignes d'être remarqués , un chêne au kermès, un beau chêne planera, des chênes rouges d'Améfnque^des chênes à cupules hérissées, et, au bord d'une allée peu éloignée de l'étang et du Salon de musique, un chêne à feuilles de saule, de 30 met. d'élévation.
Après s'être promené dans les jardins, on peut aller voir un autre petit lac, dominé d'un côté par le Salon de musique ou du déjeuner (4, pi. I), dessiné par l'architecte Micque, et d'un autre côté par des rochers artificiels. Du tertre qui s'étend derrière le Salon de musique, on aperçoit le Jardin des fleurs, compris eptre les bâtiments du jardinier en chef (2, plan I) et V Orangerie (3, plan I).
Jardin des Fleurs. — Ce jardin, si intéressant pour les amateurs d'horticulture, a été créé , en 1850, par M. Charpentier- On y voit plusieurs arbres remarquables : un magnifique chêne pyramidal; un beau chêne-yeuse (quercu^ ilex) ; un chêne noir {quercus toza) ; un pin Montezuma; un jeune pin gigantesque (pinus Lambertiana), arbre qui, lorsqu'il a acquis toute sa croissance, atteint 100 met. de hauteur. A peu de distance se trouve un arbre de la Californie (Vellingtonia gigantea), qui, en Amérique, atteint 150 met.
Citons encore le taxodium semper virens (Californie) ; un chêne à feuilles d*«gylops (Grèce); un chêne de Gibraltar, ou faux liège. Dans une allée située derrière l'Orangerie, on remarque un chêne-liége d'un beau développement, arbre très-rare dans nos climats.
Parmi les fleurs qui ont valu son nom à cet agréable jardin, nous citerons particulièrement une riche collection de rhodode?idrons, d'flsalées et d'autres plantes de terre de bruyère.