‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 95 sur 562 · L. Il futjalora démemi · texte numérisé non relu

L. Il futjalora démemi

Rambouillet, tel (que l'avait laissé la Révolution, fut compris dans la lista civile impériale .(consliloée ea 1S05. Napoléon y cbssaait quelquefois et y rendit, en juillet 1810, le décret qui réunit la

Marie -Louise, ayant quitté Parisiqui était

iKambouillet.ElIayCut remplacée le'len-

Eapagne, JosepITBo-

Le Î6 juillet 1830, Charle teau de Saint-Cloud pou Rambouillet. En descenc

DE PARIS A MAINTENON

pied de la grosse tour crénelée, il dit d'un ton qui ne lui était pas familier : «Notre prédécesseur François I**" est mort ici après une chasse à courre, et moi, sans doute, je suis destiné à finir comme lui...» Peu de jours après ces paroles prophétiques, la famille royale s'éloignait précipitamment de Saint-Cloud et entrait le 1"' août, à neuf heures du soir, à Rambouillet. La maison militaire du roi fût placée au bivouac dans les jardins anglais, les troupes de la garde et Tartillerie dans le parc et sur les hauteurs qui dominent la ville. Mais le lendemain Charles X et le Dauphin signèrent à Rambouillet, Tun son abdication, Tautre sa renonciation au trône en faveur du jeune duc de Bordeaux. Le 3 août au soir, trois commissaires, députés par le gouvernement provisoire, MM. le maréchal Maison, de Schonen et Odilon-Barrot, furent introduits chez le roi et lui annoncèrent qu'environ 25,000 Parisiens armés marchaient sur Rambouillet pour le contraindre à quitter le royaume. Les commissaires ajoutaient qu'ils avaient peu d'heures d'avance sur les Parisiens et que, par conséquent, il ne fallait pas perdre un instant pour éviter la gravité du péril. A 9 heures, le roi donna l'ordre du départ et se rendit à Cherbourg, où il s'embarqua pour un exil qui devait être éternel.

Après 1830, la Chambre des députés, ayant refusé de comprendre le domaine de Rambouillet dans la liste civile du roi Louis-Philippe, le château et le parc furent affichés comme une maison de campagne et loués, pour douze ans, par le baron Schickler. Ils furent ensuite occupés par le comte Duchâtel. A la suite de la révolution de 1848, le château fut loué à un entrepreneur de fêtes, qui le convertit en cabaret et en bal public. Le parc et le jardin, administrés par le régime forestier, virent tomber en ruine leur mur de clôture et abattre sans pitié leurs magnifiques avenues. Sous le second Empire, Rambouillet rentra dans la liste civile ; depuis 1870, il appartient à l'Ëtat, qui n'en a pas encore fixé la destination.

Le domaine de Rambouillet se divise en trois parties bien distinctes :

le château, le parc et les jardins.

Le château, qui n'a conservé de sa première construction du xiv® s.

qu'une grosse tour à créneaux et à mâchicoulis et quelques salles basses attenantes, a été depuis successive-

ment restauré , agrandi ou mutilé à diverses époques. Les constructions modernes, rangées autour des débris de la vieille forteresse, forment un mélange de bâtiments irréguliers dont la partie principale se compose de deux corps de logis perpendiculaires.

On peut en visiter l'intérieur, aussi peu intéressant d'ailleurs que l'extérieur. On y remarque seulement dans la salle à manger, dans le boudoir, dans le petit salon, de belles boiseries en chêne , exécutées sous Louis XV par l'ordre du comte de Toulouse.

Le parc (ouvert à 7 h. du matin, fermé 1 h. après le coucher du soleil), l'un des plus beaux et des plus grands qui soient en France, contient plus de 1,200 hectares clos de murs , plantés de taillis et de hautes futaies, coupés dans tous les sens par de longues avenues admirablement dessinées. Les terres en sont cultivées par la ferme que Louis XVI fit bâtir. On visitera avec intérêt les bergeries du premier troupeau de mérinos introduit en France (une école de bergers y est établie depuis 1871), et le lieu appelé Vile des Roches, où Catherine de Vivonne donnait des fêtes mythologiques en l'honneur des beaux esprits qui formaient son cortège assidu et qu'elle y amenait de Paris. On y voit encore dans une roche la grotte de Rabelais, présenté à Rambouillet par le cardinal du Bellay, parent des d'Angennes.

\iQ% jardins, qui s'étendent au S. du château, sont divisés en deux parties : le parterre et le jardin anglais. Le parterre renferme : un magnifique quinconce ; de belles avenues de tilleuls ; une salle de tulipiers ; des avenues d'acacias séculaires ; de longues et vertes pelouses; un champ de roses; de superbes plates-bandes de rhododendrons , et une avenue de cyprès de la Louisiane , unique en Europe.

Une immense pièce d'eau, divisée en nombreux canaux par des îles plantées d'arbres et semées de gazon, sépare le parterre du jardin anglais, dans lequel on entre par deux portes ,

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