AN, EN FÉMININS
Type d'cn couplet fémixln en an ET en. — Kalles escrie à sa vois grant, hautaine : — « Ahi ! Ogier, Damedex » te cravente! — Diex Jhcsu Cris mal- 0 die ta poissance! — Fel desreés. Il tant est crueus ta lance , — Tant Il par est Ions et li fers et la ante, — 'I Que de Pavie m'as guerroie en Il France; — Ja n'ière liés se de toi Il n'ai vengeance. » — Et dist Ogiers : i( Poi pris vostre beubance. » — Adonc s'en torne, qe plus nel volt atendrc.
{Chevalerie Ogier, vers 9034-9043.) Cf. les couplets de Roland qui, dans l'édiLioii de Bœhmcr, portent les n"^ 1, 07,73, 80 a, 138, 171, 207, 224, 201, 267, 290 ; la Chevalerie Ogier, vers
IPART. UVU. II.
CHAP VIII
de geste, et si la rime est propre aux versions les plus récentes, nous possédons dans ce fait un précieux
» apant, — Vendre, cngaigiorou livrer 5970 et suiv., vers 8497 etsiiiv.; Core- » à tormcnt, — Ne mes clouz fiz cer- nant Vivien, vers 1351-1373; Amis et » tez ou Belissant, — Si le fcroie, Amiles, vers 513-523 et 2042-2050; » gel voz di et créant. » — Amis Toit, Floovant, vers 206-211 , 1377 et suiv.; moult grans pitiés l'en prent, — L'iave Prise iVOnnuje, vers 178-211. = dou cuer jusqu'as iex li dcscent — Et Observations. « Dans le Roland, la Deu en loe le gloriouz puissant. — Or distinction entre en -\- e et an + e set il bien, oit et voit et entant. — En- (bien que mieux respectée que celle cor sera halaigres. {Amis et Amiles, de en et an masculins) commence V. 2826-2847.) Cf. les couplets du Ro- aussi à disparaître. Il en est de même, land qui, dans l'édition Bœhmor, por- à plus forte raison, dans toutes les chantent les n"' 19, 22, 24, 30, 42, 47, 63, sons postérieures. » = Dans la plu- 69, 7(), 85, 90, 100, 109,112, 121, 123, part de ces laisses, on trouve les asso- 128, 133, 137, 143, 164,173, 179,183, nances ain + e, et aign + e, avec un 191, 195, 201, 216,219, 225, 229,239, + e et en + e. Dans quelques-unes 242, 250, 253, 289 ; la Chevalerie on admet ai -\- e. Ogier, v. 3781 et suiv., v. 5892 et suiv. (en pur) ; Amis et Amiles, vers 3000-
4023; le Couronnement Looijs, vers 830-893 (en pur) ; Covenant Vivien, V. 42-77 ; Floovant, v. 2186 et suiv. = Observations. M. G. Paris a constaté que, dans le Saint Alej:is et dans les poëmcs plus anciens, la dislinclioii entre ent et ant est très-rigoureusement observée, mais qu'elle est à peu près complètement etïïicée dans le Roland et, à plusl'ortc raison, dans les poèmes postérieurs. Il y a cependant quehpies exceptions à celte règle; mais elles sont rares. = 11 convient de remarquer que, dans ces couplets, peuvent pénétrer les troisièmes pi'rsonnes plurielles en ent ou ant : Mais Dcx ne volt que il le preïssant (./oK/ï/rti'/i c/e Rlaives, \. l^il). Ne ne donna conseil petit ne graut — Par coi preudonie deserité fussant (Aspremoiit, v. 5, 6). = Dans quelques laisses on admet des assonances en ain; mais il existe, en outre, des couplets (?) en ain pur : Cil de la ville furent d'ire tout plain. — Plorcnt cil moinne et clerc et chapelain — Por lor seignor qu'il voient à meliaing, — Que li dui serf orent mort et destraiiil. — Grant joie mainnenl li serf de pute main. — Il en ajielent Froment le fil Alain — D'autre traïson (|ueiTC. {Jourdain de Rlaives, v. 144-150.)
E, AI masculins. e. Al féminins.
Type d'in couplet masculin en e Type d'un couplet féminin en e, ai. —
Ht (il s'agit de l'e en position latine ou Oiez, seignor, franc chevalier lioncstc,
romane). — Li quens Ccrins siet clche- — Girars tint Hlaivies, si aquita la
val Sorel, — E sis cumpainz Gcricrs terre. — Hermenjart prinst la gentil
en Passe-Cerf. — Laschent lur resnes, dammoiselle. — Cil dou pais en firent
brochent amdui ad ait — Et vuut ferir molt grant feste ; — Grans sont les
un paien, Timozel, — L'uns en l'es- noces et la feste i est belle. — Molt
eut e li altre en l'osberc; — Lur s'entr'amerent, ce raconte la geste. —
dous espiez enz el cors li unt frait, — Un fil i orent , plus bel ne convint
Mort le tresturnent très en mi un gua- cstre ; — Plus de mil home en loent
ret. — Ne l'oï dire ne jo mie nel sai Deu et servent. — Il le tramistrent
— Li quels d'els dous en fu li plus Renier le fil Gontelme; — Cil le leva isnels. — Esperveris i fut, li filz l'.o- des sains fous et de l'aiguë. — Jorrel ; Icel ocist Engciiers de Buidel. dains ot nom et tuit ainsiz rapellent :
— E rarcevesques hir ocist Siglorel, — — Puis creut l'anfant teuls dolors et
LA VKliSiriC.ATlON DIvS CHANSONS DE CKSTE.
clément de criti(|ue })oiir lixcr l'âge d'une chanson. Or, il est arrivé que le môme poôme a d'abord été
L'ciicanlci'ir ki ja l'ut ca enfer. — Par teuls guerre, — Plus de mil homes en
artiinage l'i conduisl Jupiter. — Ço perdirent les testes, — Dont la chan-
dist Turpins : « Icist nus iert fors- son commence. {Jourdain de Blaives,
faiz. )i — Ilespunt Piollanz : « Vcncuz est vers 15-^28.) Cf. les couplets du lioland
» li culverz. — Olivier, frerc, itel colp qui, dans rédition de Bœlmicr, por-
I) me siuit bel. » (Chanson de Roland, lent les w^ 4., 25, 53, 65, 75, 99, 118,
1379-1395.) Cf. les couplets de Roland 1-27, 156, 166, 181, 189, 208, 221,236,
qui, dans l'étiition de Bœhmer, portent 244, 270 ; la Chevalerie Ofjier, vers
les n"' 46, 167, 232,269, 277; Amis 2976 et suiv., 11779 et suiv., 11405 et
et Amiles, vers 51-58, etc.= Observa- suiv.; le Charroi de Nimes, vers 783-
Tio.N.s. On trouve dans Amis et Ami- 788; le Covenant Vivien, vers 151 et
les le type d'un couplet uniquement suiv., 587-640, 952-979,1840 et suiv.;
en ai: « Or parla Hoedes; hé Dex ! tant Amis et Amiles, vers 2509-251 9 ; ,7o!i/--
II mar l'a fait : — « Sire malades, car dain de Blaives, vers 501-528, 2061-
II vos tenez en lai. — Jlal dehais ait 2076; Floovant , vers 895 et suiv..
Il (jui voz vit onques mais, — Ne ja 1750 et suiv., 2016 et suiv.; le Cou-
II mes frères ne serez, se Deu plaist. » ronnement Looiji, 1589-1618.
— Lors apella dans Amis an irais
— Un chevalier viel et chenu et
frait. —Ami connut au vis et au harnais; — An talent ot maintenant qu'il lo baist, — Et en aprez et li clerc et li lai — Jà li eiissent moult bêle chose fait, — El tant donné, ja povres ne fust mais — Se ne fuissent si frère. (Vers 2532-2543.)
É, ER MASCULIN.S. É FÉMIMX.
Type d'un couplet masculin en er, é. Type d'un couplet féminlx en er, é. —
— Seurune table est Guillaumcs mon- Li compaingnon en France rassamble- Icz, — A sa voiz clere commença a rent; — Lors se dessoivrent les Amilc crier : « — Entendez moi, de France
I l'UtT. LIVU.Il.