ET ÉPOPÉES ARTIFICIELLES
qui est dans les habits d'un autre liomme. Ces beaux vers, du reste, ne sont point faits pour être chantés, et l'on rirait bien de ceux qui s'arrêteraient sur la place publique pour en déclamer quelques tirades. C'est maniléstement l'œuvre d'un bel esprit, faite uniquement pour quelques autres beaux esprits ', pour l'élite des intelligences. Le poëte ne compte pas sur le peuple, le peuple ne connaît point le poëte. Les épopées primitives étaient toutes spontanées: celles-ci sentent l'huile. Les premières étaient pleines d'action : les secondes brillent par les descriptions. Dans les anciennes, on voyait presque toujours se mouvoir des caractères tout d'une pièce : ce sont, dans les nouvelles, des caractères délicatement nuancés. Beaucoup d'art, beaucoup de convention, beaucoup de talent. Mais, le plus souvent, qu'est devenu le naturel? Telles sont les épopées de la seconde époque; telles sont VÉnéide, la Jérusalem délivrée, la Henriade. Ouelle que soit notre admiration pour Virgile et le Tasse, nous qualifions ces épopées à'arllficielles. Désormais nous n'en parlerons guère plus^ N'ayant aucun lien avec nos poèmes nationaux, elles n'en ont aucun avec notre sujet.
PAUT. i.ivit. r.
VMW. ni.