CII.M'. VII
I PART, i.ivn. n.
f.iiAP. su.
le type de l'asclépiade clianlé et le décasyllabe sur le type du daclylique trimètre chanté.
Ce sont nos conclusions.
M. Gaston Paris a exposé, sur ces matières difficiles, un système qui. au premier abord, semble différer notablement du nôtre. Mais, en réalité, M. Gaston Paris et moi, nous ne sommes séparés que sur un point.
(( La poésie latine rhythmiquedu moyen âge vient DIRECTEMENT de la poésic populaire des Romains, laquelle était fondée sur l'accent. » Tel est l'exposé le plus sommaire des idées de notre savant contradicteur.
Et voici l'exposé des nôtres : « La poésie latine rhythmique du moyen âge dérive de la poésie liturgique, de cette poésie qui fut métrique à l'origine, mais qui se modifia peu à peu sous Tinlluence de la poésie populaire, de l'accent, du syllabisme et de l'assonance. »
Chacun de nous apporte ses preuves.
M. Gaston Paris avoue qu'il ne reste que fort peu de pièces populaires de l'ancienne Rome, et il ne peut guère argumenter que sur ces quelques vers, dont un certain nombre peuvent également passer pour métriques.
Mais nous avons à lui opposer toute une série de pièces liturgiques où, depuis le iv' jusqu'au xii' siècle, on voit le mètre, par une série de transitions, devenir PEU A PEU LE RHYTHME. Et CCS pièces, uotcz-lc bicu, sont écrites en plusieurs sortes de mètres antiques, mais surtout en iambiques dimètres et en scptenarii trochaïques.
On y voit siècle par siècle, on y voit petit à petit :
La quantité être de moins en moins observée ;
Les syllabes accentuées prendre la valeur des syllabes loiicues :
Le nombre des syllabes devenir partout le môme;
Et enfin l'assonance envahir, à telle on telle place, ce vers décidément rhythmique où la rime pénétrera vers la fin du xf siècle.
Eh quoi ! ce serait par l'effet du hasard que nous posséderions deux cents hymnes en iambiques dmiètres et cent autres en scplenarii trochaïques, lesquels, par une gradation merveilleusement nuancée, commencent par être tout à fait métriques au iv*" siècle et sont tout à fait rhythmiques au x' siècle. Il y apourtant là, ce nous semble, un argument dont il faut tenir quelque compte. Et que répondra-t-on à cette série éloquente de documents si bien gradués?
t l'ART. MVU. II.
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Il en est de même pour les origines de la versification française, bien qu'ici nous ne soyons plus armés de la même certitude, et que nous confessions volontiers n'arriver qu'à une probabilité.
Encore ici, M. G. Paris et moi, nous ne sommes séparés que sur un point.
ce La versification française est la suite naturelle de la versification populaire des Romains, qui s'est perpétuée à travers les bas siècles et n'a jamais péri. -)) Tel est l'exposé des idées de M. Gaston Paris. Et voici l'exposé des nôtres : « La versification française a été créée, pau axalggie, sur ces vers cuantés de la poésie liturgique auxquels l'Église avait communiqué une popularité véritablement universelle. En d'autres termes, les vers français ont été créés sur ces vers de nos hymnes qui, àrorigine, avaient une constitution métrique ; mais qui , peu à peu, étaient devenus rhythmiques et avaient depuis longtemps pour
I PART. LivR. II. éléments essentiels l'accent, le svllabisme et l'asso-
CHAP. VIII. " J
nance. »
Pour donner à ma pensée une autre forme, je dirais volontiers que « c'est sous l'influence de la poésie popu laire des anciens Romains que la poésie métrique des hymnes s'est transformée en une poésie rhythmique » ;
Ou, encore, que « c'est sous la double influence de l'antique poésie populaire et de la poésie liturgique que les Romans ont créé leur versification rhythmique » .
Les chrétiens des bas siècles, d'une part, et les Romans, de l'autre, ont conservé les anciens types métriques, mais ils les ont transfigurés par l'introduction de tous les principes du rhythme'. C'est l'abrégé et la substance même de toute notre doctrine.