‹ Les eopeés françaises (volume 2)Chapitre 97 sur 180 · II. Un certain nombre de ces vers, présentant · texte numérisé non relu

II. Un certain nombre de ces vers, présentant

LA MÊME assonance OU LA MÊME RIME, FORMENT UN couplet, une LAISSE. DaNS CHAQUE CHANSON DE GESTE, IL Y A UN CERTAIN NOMBRE, TRÈS- VARIABLE, DE CES LAISSES OU COUPLETS ÉPIQUES.

Ces deux propositions résument à peu près tout le Traité que nous entreprenons d'écrire ; mais il est nécessaire de leur donner quelques développements. Nous allons tour à tour analyser notre Vers et notre Couplet épiques, et, par là, notre chapitre se divisera naturellement en deux parties.

' S'il n'est pas ici question du vers de huit syllabes, c'est qu'il n'a réellement tenu aucune place dans notre poésie épique. V Alexandre d'Alberic de Besançon est peut-être le seul poi-me véritablement épique qui se compose de petits couplets monorimes en vers de huit syllabes : « Reys Alexander, quant fud naz, — Per granz ensignes fud mostraz. — Crollct la terra de toz laz; — Toneyres fud et tcmpestaz; — Lo sol perdet sas claritaz. n (Florence, Bibl. Laurentienne, Plut, i.xiv, 35, f° 115; P. Heyse, /?oniaJ!iSc/(e inedita, p. 3; Bartscb, Chrestomathie de l'ancien français, 2'= édit., pp. 18, 19; Paul Meyer, Recueil d'anciens textes bas-latins, provençaux et français, p. 282, 283.) VAlexandre, d'ailleurs, ue se rapporte pas aux gestes Irançaises, et l'on ne saurait rien arguer, pour d'autres causes, du fragment qu'on a intitulé la Mort du roi Cormond. A ces exceptions près, le vers de huit syllabes, léger et sautillant, est toujours celui des romans de la Table ronde et des Romans d'aventures. Lion de Uourrjes rentre dans cette dernière catégorie, bien que nous ayons dii lui donner une place parmi nos Chansons de geste. Une de ses versions est en octosyllabes, mais il en existe une autre en alexandrins.

I PART. LIVn. II.

CHAP. VIII

Le plus ancien de nos vers épiques, c'est le décasyllabe I Le Vers ^^^'^ ^'*^^^ rcncontre pour la première fois en provençal ÉPIQUE. dans le Poëme de Bo(>ce^;en français, dans la Vie de saint Alexis'-. Mais, avant le Saint Alexis, un autre vers régnait dans nos chants populaires. C'était l'octosyllabe, vif et rapide, qui était colporté à travers toute la France par les clercs chanteurs, par les catéchistes ambulants auxquels on doit la popularité de ces complaintes admirables : la Passion ^ et le Saint Léfjer'^. Et il ne faut pas s'en étonner. L'octosyllabe est, plus ou moins directement, sorti del'iambique dimètre, lequel, de tous nos vers liturgiques, est le plus anciennement usité et le plus profon-

1 Bel siiii H dr.ip que la dompna vcslit;

De carilat c de fc snn bastit.

Il Sun la bel, ta blanc cl (an quandi, Tan a Boecis lo vis csvanuit Que el zo pensa nel sien amosit.

Tel est le type des vers du Boèce, qui sont du x" siècle. — Voy. Bartscli, Clirestomnthie provençale, 2° édit., 1868, p. 1, et surtout Paul Meyer, Doéce (Dibl. d'Orléans), imprimé à cent exemplaires pour l'usage de 1 École des Charles, mars 1872, in-8°.

- « Oz moi, piilcolc : celui tien ad espos

Qui nos ri'denst de son sanc precios.

En icpst siècle non al parfite anior.

La vide est fraile; n'i ad durable lienor; Geste ledice revert à grunt trislor. »

Tel est le l\pe des vers de la Vie de saint Alexis. — Voy. l'éditiou de Gaston Paris, 1872, Frank, in-8°; strophe 1-i du texte critique.

' Domine Den dcvenips lauzer

Et à sus sancz honor porter. Li sn' anior cantonips dels Sanz Qnœ por lui augrent granz aanz.

Et or es temps ci si est biens Que nos cantumps de sant Lethijiir.

Tel est le type des vers du Saint Léger. — Voy. Léililion de Gaston Pans, Itomania, I, 303, et comme fac-similé. Les plus anciens monuments de la langue française, publiés par G. Paris pour la Société des anciens textes,

1876, in-folio.

Hora vos die vpra raiznn De Jesu Gliristi passiun.

Los SOS allauz vol r.nicmbrar Por que cesl mund toi a salvad.

Tel est le type des vers de la Passion. — Voy. Péditioii de Gaston Paris, Remania, II, 295, et comme fac-similé. Les plus anciens monuments de la langue française, publiés par G. Paris pour la Société des anciens textes, 1876, in-f. = Les quatre types précédents (de stio[ilics et de vers) sont offerts ici comme les plus anciens de toute notre poésie nationale.

LA Vi:i5SII"ICAT10N DKS CHANSONS I»i: OKSIK. 305

dément nonulaii'c. Sur dix liviniics uiiciemies, nciirsoiU "''^"t- livk. n.

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