Covenant Vivien, édition Jonckbloet, vers 1?-4G
les Païens ; sa cruauté.
: l'ART. I.IVU.
CH.Vl". XVlll.
ANALYSE DU COI'O.lAr VIVIEZ.
Ciuise (le la Véritr*iuitriMiuMit (|u'îivec Vépée rouge de sang. Dix mille chevaliers et damoiseaux viemient se ranger autour de lui. Ils sont tous jeunes et ardents : avec eux Vivien conquerrait le monde, avec eux il conquiert l'Espagne. Une fois les païens débusqués de ce beau pays, on peut espérer cpie tout l'Occident en sera bientôt délivré.
Par malheur, une vertu manque à ce trop jeune chevalier : la générosité. 11 a contre les Sarrasins une telle haine (ju'il devient ))réniatiuTment féroce. Avec les infidèles, pas de ipiartitM'. Vivien appartient Ji cette race de soldats sans entrailles qui ne font pas de prisonniers et tuent tout. Jamais Roland n'a été jusque-là, ot c'est pourquoi il est supérieur à Vivien, c'est pourquoi il est plus Français que lui.
Vivien, hélas! va encore plus loin. Les femmes, les enfants, n'ont aucun droit ii sa miséricorde, à sa pitié : « Tuez-les! tuez-les »! dit-il. Il ne prend de joie qu'à Vdii- toutes ces têtes coupées, tout ce sang répandu. Cette geste de Guillaume, en vérité, est parfois primitive au point de devenir féroce.
Qui le croirait? Vivien va encore plus loin. Oui, il fait pis que de couper les tètes des enfants et des femmes. Un jour (quelle doulcui' de trouver de tels épisodes au milieu de nos plus beaux poèmes!], il se rend maitre de cinq cents païens. Il pourrait les massacrer sur l'heure, et ce serait déjà horrible. Mais il préfère les assassiner avec une lenteur ti'ès-cruelli\ Il leur fait couper le nez et les lèvres, trancher les pieds et les poings, crever les yeux, Puis, il expédie les cinq cents masses sanglantes au roi Desramé ({ui est alors à Cordres ^ Quelle joie pour lui de penser à l'étonnement, ii la rage