LA DÉFAITE D ' A L I S C A N S
( Aliscans '. )
d'ï/Safis. " ^'^'^^ ^'" ^^ j*^^'^^' 4^'^' ^'^ douleur fut grande et la
« bataille horrible à Aliscans. Le comte Guillaume
'. XOTICE BIBLIOGRArUIQT E ET HISTORIQIE SLR LA CHAXSON
VALISCAXS. I. BIBLIOGRAPHIE, l" Date de la composition-, a. Le texte iVAliscans qui nous est parvenu ne remonte pas, suivant nous, plus haut que la fin du douzième siècle. — b. D'un autre côté, Orderic Vital parle de poëmes « chantés par les jongleurs » et dont Guillaume était le héros (Ilistoria ecclesiastica, lib. VI, édit. de la Société de Fllistoire de France, III, pp. ."> et 6). — c. Parmi ces poëmes, qui remonteraient ainsi à la fin du onzième siècle, et peut-être plus haut encoi'e, il n'est pas douteux que la légende d'Aliscans ne tint la première place ; car elle est, comme nous l'avons fait voir, le centre réel de tout le cycle. — d. Donc, il y a eu une rédaction A^ Aliscans antérieure d'environ cent ans à celle que nous possédons aujourd'hui. — e. Ce vieux texte était évidemment assonance ; il devait être beaucoup plus bref; la pensée (surtout dans la seconde partie) y était sans doute beaucoup plus primitive). Ce devait être tout à fait l'analogue de notre lioland d'Oxford. — f. La seconde rédaction, celle que nous l)OSsédons aujourd'hui, est à peu près comparable à nos Romans de Roncevaux du treizième siècle, bien que plus ancienne. — g. Ce second texte est rimé ; il contient (notamment dans la seconde partie du Roman) des longueurs j)resque insupportables; entre sa langue et celle de la Chanson de Roland, il faut placer tout au moins l'espace d'un siècle, et c'est ce dont on se convaincra aisément par la comparaison philologique d'un certain nombre de mots pris dans notre Chanson avec les mêmes vocables reproduits d'après les documents les plus sûrement datés des onzième et douzième siècles. Dans les Appendices de notre dernier volume, nous soumettrons nousmème cette comparaison à nos lecteurs. — /(. Il n'y a donc pas, en résumé, de témérité scientifique à regarder ce second texte comme un rifacimento des dernières années du douzième 'siècle et des premières du treizième (Voy. ci-dessus, p. 7). C'est notre conclusion. — £" Auteur. Aliscans est anonyme, et nous avons signalé plus haut Terreur de Wolfram d'Eschenliach qui, sans aucune' preuve et contraii-ement à toute probaljilité, a jugé bon de l'attribuer à Chrestien de Troyes (Voy. ci-dessus, p. 19;. On peut s'étonner que
ANALYSE hWLISCA.yS. dC9
<( y souffrit grande peine ». Ainsi commence la })liis n ancienne et la meilleure Chanson de notre geste : il -
I \RT. MVR. II.
CUAP. XX.
San-Marte ait partagé cette opinion. — 3° Nombre de vers et nature de i,.v VERSIFICATION". AUsccns renferme dans le manuscrit 0562 de TArsenal anc. B. L. F. 185), 7015 ver.5 mais on y c.3a5tate d'assez nombreuses lacunes. Entre les i"^ 8 et 9, il manque un feuillet, c'est-à-dire 60 vers ; entre les î^' 14 et 15, deux feuillets, 120 vers : entre les f"' 25 et 2'6, deux feuillets, 120 vers; entre les f"» 59 et 00, un feuillet, 00 vers; et enfin, entre les f"' 91 et 92, deux cahiers entiers, c'est-à-dire 960 vers. Si ce manuscrit était complet, le texte de l'Arsenal nous oflVirait donc un ensemble de 8305 vers. = h'Alixcans du ms. 2494 de la Bibl. Nat. (ancien 8202) contient 9224 vers ; le même poëine contient 9200 vers dans le ms. 1448; 8000 vers dans le ms. 1449 (mais cent vers environ manquent au commencement); 8500 vers dans le ms. 308; 7096 vers dans le ms. 24309 (anc. 23 La Vall.), qui consacre 200 vers au lieu de 700 au combat de Renouart contre le géant Agrapart, Crucados, etc. ; 7840 vers dans le manuscrit de Boulogne. =; L'excellent manuscrit 774 est malheureusement incomplet. Il commence par le couplet : Li qv.ens Bertrans voit venir maint vachier {c'est une lacune d'un feuilletj, et il se termine par le couplet : Quant Looys ot Aymery parler, au vers 3092 du poëme (c'est une lacune d'environ 4350 vers). = Dans tous ces manuscrits, Aliscans est éci'it en décasyllabes rimes; dans le seul manuscrit de l'Arsenal, le petit vers hexasyllabique se trouve placé à la fin de chaque laisse. C'est cette particularité qui a surtout décidé MM. Guessard et de Montaiglon à prendre le ms. de l'Arsenal comme base de leur publication CC Aliscans dans le Recueil des anciens Poètes de la France. — 4" Manuscr.its connus. Aliscans nous a été conservé dans treize manuscrits : a. Bibliothèque de l'Arsenal, 6.562, anc. B. L. F. 185 (fin du douzième siècle ou commencement du treizième), du f" 1 r» au f° 118 r° (ou 119 v , si l'on regarde le couplet En Orenye est Guillaurnes au Cort Nés comme le dernier d"^//*ca/is et non comme le premier de la Bataille Loqui fer). — b. Bibl. Nat. i'r. 2494 (commencement du treizième siècle), du 1° l \° au f° 65 \°. — c. Bibl. Nat. fr.
1448 (treizième siècle), du f" 210 r» au f" 272 v°. — d. British Muséum. Bibl. du Roi, 20 D, XI (quatorzième siècle), du 1° 134 au f» 184. — e. Bibl. Nat. fr.
1449 (treizième siècle), du f" 92 r" au 1° 142 \°. — f. Bibl. Nat. fr. 774 (treizième siècle), du f" 81 i* au f" 98 v». — g. Manuscrit de Boulogne-sur-mer Itreizième siècle), du f" 93 x° au f" 141 v". — h. Manuscrit de Berne, n" 296 (treizième siècle). — i. Bibl. Nat. fr. 24369, anc. La Vallière 23 A(treizième siècle), du 1" 195 au f" 240 \'>. — j. Biljl. Nat. fr. 368 (treizième siècle), du f" 189 \oau t" 217 v". — k. Manuscrit de la Bibliothèque Saint-Marc, à Venise, français VIII, texte italianisé du quatorzième siècle. — /. Manuscrit n° 16 de la vente Savile (commencement du treizième siècle). — m. Milan, Bibl. Trivulziana (treizième siècle: . = Parmi ces manuscrits, le plus ancien, le meilleur est certainement celui de l'Arsenal. 1=::^ Ceux qui méritfot ensuite leplus d'attention sont les mss. de la Bibl. Nat. 2494 (ms. de jongleur), 774, 1449 et 1448 et le ms. de Boulogne. = Le ms. 2494 sera, de notre part, l'objet d'une étude particulière dans les Additions et rectifications que nous placerons à la fin de notre dernier volume des Epopées françaises. Nous montrerons notamment comment l'auteur de ce manuscrit a souvent mêlé et confondu, dans le même couplet, les assonances en er et celles en ier. = Les moindres variantes que nous offrent les différents manuscrits d" Aliscans ont été relevées avec un soin minutieux par M. Jonckbloet, et MM. Guessard et de Montaiglon. Nous ne les relèverons pas après eux, d'autant plus qu'elles sont en général de peu d'importance. — 5" Version en prose. Il n'existe, à notre connaissance, qu'une version en