‹ Les eopeés françaisesChapitre 135 sur 180 · ANALYSE D.U756'^.YS · texte numérisé non relu

ANALYSE D.U756'^.YS

'"'chIp''xx" "' " ^'^'^ 1^'^^ *^^' 1^^*^'^ simple ni de plus fier début. Dante lui-même n'est pas mieux entré en matière, et le pâle

prose (ÏA/iscans : c'est celle qui est conservée dans la grande compilation du ms. fr. 1497 de la Bibl. Nationale. Nous allons en donner ici toutes les rubriques ; nous aurons lieu d'en citer plus loin des extraits importants : Icij 2M)'le de la grant bataille d' Aleschant dont mil n'eschappa sino7n Guillaume d'Orange; et dit comment Vivien, le nepveu Guillaume, fut occis, et ses nepveux' atiltres mors et menés prisonniers ou nafcire du roy Besramc (1" 363 i*). — Comment Guillaume au Court Nés occist Esrofle le grant et concjuist son cheval Follatisse sur lequel il fut chacié juscjues aux ptortes d'Orange [i" 373 r"). — Comment Guillaume ala en France requérir secours p>our lever le grant sieige d'Orange et pour combattre le roy Desramé et ceulx qu'il uvoit avecques lui amenés ('" 379 \o). — Icy parle l'histoire de Renouart le fils Desramé, frère de Guibour la femme Guillaume d'Orange, et dit comment Guillaume au Court Xe; demanda au roy Lou.ys de France Renouart au tinel que nul ne cognoissoit véritablement (f" 387 i*). — Comment Desramé p)rist la ville d'Orange par assault et comment Guibour se retray en Gloriette le riche pal a ix (l'"391 v"). — Comment Guillautne vint le premier ci Orange veoir Guibour et aj^rester les logeis pour les barons qui venoient en so)i secours (f" 393 r"). — Comment Desramé fut adverti de la venue des Chrestiens, et comment il ordonna ses grans conrois et ses batailles (f" 400 \° . — Comment Guillaume ordonna de ses batailles quant ils virent la champaigne d' Aleschant, et comment il donna congié à ceulx qui de puour s'en voulaient retourner (f" 402 v"). — Icy ixirle l'istoire de la grant bataille c^u.i fut en Arleschant et des grans fait; d'armes et vaillances de Renouart au tinel, et dit comment Renouart délivra les nobles chevalliers qui estaient prisonniers es vesseaulx des Sarrasins, les quyeulx avaient été jiris quant [Vivien] fut occis (1" 40G r"). — Comment Desramé et Guillaume d'Orange Jousterent et combat irent l'un à l'autre (i"412 V"). — Comment Bauldus le grand fut conc/uis par Renouctrt. et Desramé et •XIIIF rois Sarrasiiis desconfils et chassés jusques en mer où ils se saulverent ci quelque peine (f" 416 r"). — Comment Renouart laissa Guillaume d'Orange et la comjmignie crestienne pour soy vouloir rendre Sarrasin par despit (f" 420 i-°). — Comment Aalix, la fille du roy Louys de France, fut donnée en mariage à Renouart au tinel, fils du roy Desramé de Cordres (f" 425 \o). — 6° Diffusion a l'étranger, a. En Italie. Le manuscrit de la Bibliothèque Saint-Marc (IV. VIII), dont nous avons parlé plus haut, nous atteste que la légende (ÏAliscaiis avait conquis au-delà dos Alpes une véritable popularité. Après avoir circulé dans l'Italie du Nord sous la forme d'une Chanson française légèrement italianisée, Aliscans fut exploité et défiguré parle compilateur 4es Nerbonesi (voy. l'édition qu'en a donnée M. Isola d'après les mss. de Florence, Bibl. Nationale, classe YI, n"s 7, 8, 9, et classe XXIV, n" 160, et le ms. de la Bibliothèque Laurenlienne). Au seizième siècle, notre poërae était encore célèbre en Italie, témoin la Schiatta de' Re.ali di Francia publiée à Florence en 1557, et où il est parlé des Narbonnais, de Tibaut et de Vivien comme de héros profondément populaires ("\'oy. ci-dessus, p. 46). — b. En Allemagne. Le Willehalm de Wolfram d'Eschenbach n'est qu'uNE copie servile de notre Aliscans. C'est ce que nous avons longuement démontré (pp. 46 et suiv.) ; c'est ce que prouvera jusqu'à l'évidence l'analyse détaillée que nous offrirons tout à l'heure à nos lecteurs. ]M. Jonckbloet, d'ailleurs, a fait longtemps avant nous cette démonstration scientifique ; mais son zèle l'a parfois

ANALYSE b'AUSCANS. 471

imitateur cVAiisccf?h<t, Wolfram d'Eschenbaeh, est resté bien loin de son modèle. Il a été théologien, quand il ne fallait être que soldat.

entraîné trop loin. Il constate fort judicieusement que Wolfram a copié la Chanson française; il fajt voir que le minnesinger « qui ne savait ni lire ni écrire » a commis des méprises grossières et qu'il n'a pas toujours bien compris son modèle. Le fait est vrai. Mais le savant hollandais en donne tout au moins une preuve malheureuse, quand il reproche i\ Wolfram d'avoir pris le mot termes pour un nom propre, et non pour un nom commun, et d'avoir écrit : Hey ! Termes min x)cdas. Selon M. Jonckbloet, le vers français qui a donné lieu à cette prétendue erreur" est le suivant : Quant je d termes vos ai armes clone (vers 840 de Téd. Jonckbloet), et tenues, selon lui, a le même sens que terminus et doit s'écrire sans majuscule. Si M. Jonckbloet avait consulté le ms. de l'Arsenal, il y aurait lu ce vers : QUANT t'adoubai EN MON PALAIS A Termes, qui donne parfaitement raison à l'auteur du Willehalm (Voy. l'éd. de MM. Guessard et de Montaiglon, p. 24, V. 769). On sait que ce nom de Termes a été donné anciennement à la ville de Paris, à cause de l'antique palais romain situé sur la rive gauche de la Seine. Une chronique rimée du treizième siècle (Jubinal, Nouveau recueil, p. 4) dit textuellement : Paris... — Qui x>rirnes fut Termes nommée. Le vers de notre chanson se rapporte-t-il à Paiis? Nous ne le pensons pas et persistons à croire qu'il s'agit ici de Termes au diocèse de Xarbonne.— L. Clarus est tombé dans la même erreur que Jonckbloet {Herzog Wilhehn von Aquitanien, p. 349). La thèse, qui nous montre dans Wolfram un traducteur de notre Aliscans, est trop solide pour qu'on l'appuie sur de méchants ai-guments. — 7" Édition imprimée et traduction franc.use. a. En 1854, M. Jonckbloet a donné la première édition de la Bataille d' Aliscans, d'aprèsles mss. de la Bibl. Nat. fr. 774 et 368, avec des variantes dums. 24369 (anc. 23 LaVallière) et du ms. de l'Arsenal {Guillaume d'Oranr/e. I, pp. 215-427).— b. En 1867, le même savant a publié, une traduction « en nouveau langage » de cette Chanson dont il avait jadis eu le mérite d'élucider le premier toutes les difficultés {Guillaume d'Oranr/e, le Marquis au Court Ncs, pp. 237-362). Nous avons eu lieu déjà de faire nos réserves au sujet de cette traduction. — c. MM. Guessard et de Montaiglon ont donné, en 1870, une nouvelle édition de ce beau poëme dans le Recueil des anciens Pactes de la France. Ils ont pris le manuscrit de l'Arsenal pour base de cette publication, dont on peut dire que ce sera un texte définitif. — 8» Principaux travaux dont ce POËME a été l'objet, a. C'est M. de Sinner qui le premier, dans son Cataloffus Codicum manuscrijitorum Bibliothecce Bernensis (1760-17G2), a attiré l'attention des savants sur la Chanson d' Aliscans en décrivant le célèbre manuscrit de Berne (III, 333). — h. En 1774, Bœdmer de Zurich essaya, <lans son Wilhehn von Oranse, de rajeunir l'œuvre de \\^olfram : il la gâta. — c. Dix ans plus tard, Casperson publiait son Der Mark cjraf von Narbonne, von Wolfram von Eschilbach, où il se contentait de reproduire le Willehalm ; mais, hélas! avec quelle imperfection! — d. Près de cinquante ans se passèrent ensuite sans que Ton eût la pensée de toucher soit à notre vieux poème, soit à. rœuvre de AVolfram. Dans ses leçons sur VOrigine de l'Epoj-xfe chevaleresque du inoyen dge (1832), Fauriel sut ressusciter tout le cycle de Guillaume, dont l'origine provençale ne lui parut jamais contestable. Au tome III de son Histoire de la 2:)oésie provençale (1846-1847, pp. OiQ et suiv.), il donna une analyse et des extraits à' Aliscans. — e. f. Lachmann, en 1833, édita le Willehabn que Gervinus, deux ans plus tard, appréciait

Il PART. LIVR, II, CUAP. XX.

Page 1