‹ Les eopeés françaisesChapitre 3 sur 180 · VICTOR PALMÉ, DIRECTEUR · texte numérisé non relu

VICTOR PALMÉ, DIRECTEUR

76, rue des saints-pères, 76

Bruxelles, Joseph AL,BANEL, directeur de i. v succursale

12, rue des Paroissiens, 12

Genève, TREMBLEY, rue corraterik, 4

Les mots « entièrement refondue », que nous avons pri5face

DE LA SECOM]

inscrits en tète de cette nouvelle édition, ne paraîtront iîdition. peut-être pas excessifs aux lecteurs de ce quatrième volume des Epojjées françaises. Il est très - vrai que la révision de cette partie de notre œuvre ne nous a pas coûté le même effort que la refonte de notre tome III ; mais de longs mois ont été remplis par ce nouveau labeur. La publication des Nerbonesi par M. Isola, l'excellent Mémoire de M. Révillout sur la Vita sancti Willelmi et plusieurs articles de la Romania ont nécessité de nombreuses corrections et retouches qui ont atteint presque toutes nos pages. ?sotre grande Notice sur la Geste de Guillaume a été en grande partie refaite et singulièrement augmentée, et il en est de même pour la plupart de nos autres Notices. On s'en apercevra aisément ^

1. C'est un devoir pour nous de remercier ici notre ami, M. Eonnardot, qui a bien voulu se ciiarger, pour le présent volume, de la révision de nos épreuves. La tâche était malaisée et délicate, et il s'en est acquitté avec un soin dont tous nos lecteurs lui sauront ?ré.

Vj PRÉFACE DE L\ SECONDE ÉDITION.

Il faut bien confesser, malgré tout, que le cycle de Guillaume ne préoccupe pas les érudits de France et d'Allemagne au môme degré que la geste du Roi. Il semble que l'on se soit passionné pour la seule Chamon de Roland, et il ne se passe guère de semaine où l'on ne voie paraître deux ou trois brochures sur la moindre syllabe de cet admirable poëme dont il ne nous est pas permis de médire. Nous estimons cependant qu'il serait temps de songer à tant d'autres chants de notre Epopée nationale, qui sont encore ensevelis dans la poussière et dans l'oubli. Il est véritablement honteux que le Moniage Guillaume et dix autres poëmes de ce beau cycle soient encore inédits, et notre honneur littéraire exigerait que nous nous missions à l'œuvre. La grande figure de Guillaume mérite les mêmes hommages que la grande figure de Charlemagne, et n'offre de moindres proportions ni dans la légende ni dans l'histoire. Ce Guillaume est un géant qui a sauvé la France, et notre oubli ressemble à de l'ingratitude.

Nous ne voulons pas, quant à nous, nous faire complice d'un tel délaissement , et le volume qu'on va lire ne sera pas notre seule tentative en faveur d'une réhabilitation aussi désirable. Avant la fin de cette année, nous publierons le premier tome d'une Nouvelle Bibliothèque Ideue , et ce petit livre populaire aura pour titre : La Bataille d'Aliscans. Un tract de quatre pages sera prochainement consacré par nous à Guillaume et prendra place à côté de celui dont Roland est l'objet. Déjà nous avons lu à plusieurs peintres et sculpteurs les plus belles pages du Couronnement Looys, du Charroi de Nhnes et d'Aliscans, et il en est qui préparent en ce moment des

PRÉFACE DE L\ SECONDE ÉDITION. vij

toiles et des marbres à l'honneur du héros de Yilledaigne. Liic-Olhier-Merson a été vivement ému par la « première communion de Vivien », et Ton se convaincra bientôt qu'il s'en est lieureusement inspiré. Ce n'est pas tout encore, et nous avons de plus hautes visées. Nous espérons que le théâtre s'emparera de Guillaume comme il s'est emparé de Roland, et qu'un dramaturge puissant introduira sur la scène l'illustre vaincu d'Aliscans. Il y a là un rôle de femme bien autrement dramatique que celui de la belle Aude, et Guibourc eût tenté Shakespeare.

Telles sont nos espérances, tels nos désirs, tels nos efforts. Durant ces travaux quelque peu longs et parfois rebutants, nous n'avons pas été soutenu par la seule passion littéraire, ni par une admiration exagérée pour ces chers vieux poëmes dont nous connaissons, dont nous signalons tous les défauts. Non, non, encore une fois : c'est l'amour de la vieille France qui nous anime et nous inspire. Car nous ressemblons à Guillaume lui-même qui, un jour, loin de la douce France, entr'ouvrait soudain son vêtement de mailles, laissait le vent frapper sa poitrine nue, et s'écriait, en sentant l'eau du cœur lui monter aux yeux : « 0 doux souffle qui vient de France ! C'est là que « sont ceux que j'aime ». Et il ajoutait : « Je te remets, « France, aux mains de Dieu ». Nous ne saurions mieux dire, et le cri de Guillaume est aussi le nôtre.

Léon GAUTIER.

l-^"- novembre 1881.

a parcourir.

Préface l\ semble que nous devions à nos lecteurs quelques

Page 1