‹ Les eopeés françaisesChapitre 5 sur 180 · X PHÊFACE DE LA PREMIÈRE EDITION · texte numérisé non relu

X PHÊFACE DE LA PREMIÈRE EDITION

reproches peut-être immérités; c'est là que nous reprendrons à nouveau certaines parties de notre premier volume où nous avions parfois montré trop de confiance en des documents de seconde main ; c'est là que nous traiterons en détail les grandes questions des origines germaniques de notre épopée, de la préexistence des cantilènes et de la nature de notre versification'. Nos erreurs y seront, autant que possible, très-minutieusement effacées. Tous ceux qui font des livres savent, du reste, combien il est facile de tomber en de certaines méprises : ils auront pour nous cette bienveillance qui est à la fois un encouragement et une récompense.

Nous devons dire cependant que nous demeurons fidèle, sur les points les plus importants, aux opinions précédemment exprimées dans notre livre.

Nous restons très-étroitement attaché à la doctrine de la germanicité de nos Aieux poëmes. Jamais, d'ailleurs, nous n'avons prétendu que nos chansons aient pris naissance et se soient développées dans un milieu purement germanique. Mais nous sommes convaincu que notre grand mouvement épique ne se serait jamais produit, si les Barbares n'avaient pas envahi l'Empire. Sans les Germains, il n'y aurait pas eu d'épopée possible parmi nous. Que ce soient des idées d'origine germaine qui dominent dans tous nos poëmes et surtout dans les plus anciens, c'est ce dont nous demeurons fermement persuadé. Mais nous ne voulons pas aller plus loin, et adoptons sans arrière-pensée le sentiment de

1. Tout te travail a été fait dans le premier volume de notre seconde édition, et nous n'avons plus à le faire.

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l'illustre érudit qui a dit : « Germaniques par leur ori- « gine, les chansons de geste sont françaises par leur « développement ». Et c'est pour nous une joie de citer ici les paroles toutes récentes de M. Gaston Paris, qui font tant d'honneur à sa sincérité bien connue : « Je crois c( devoir dire que des études plus approfondies m'ont « amené à modifier sensiblement mon opinion en ce qui « touche le caractère germanique de notre poésie épice que au moyen âge. Je me rapprocherais actuellement « des idées qu'a émises à ce propos M. Léon Gautier <( et surtout de l'opinion de M. Bartsch. Prise en « gros, et au moins sous un de ses aspects les plus imi( portants, l'Épopée française du moyen âge peut être « définie : L'esprit germanique dans vme forme ro- « mane i ». Excellente définition, et que nous signerions volontiers.

Quant à notre versification, nous croyons encore aujourd'hui que l'accent tonique n'y a pas tenu le premier rôle, et nous sommes plus que jamais partisan du si/llahisme ^. Dans son Hymnocjraplde grecque, le cardinal Pitra vient de formuler certaines lois syllabiques qui nous paraissent analogues à celles que nous avons découvertes nous-mème durant plusieurs années de travail sur ces difficiles problèmes. Nous espérons démontrer que (( nos principaux rythmes dérivent de vers de l'antiquité qui sont peu à peu devenus syllabiques ». Cette révolution ne s'est accomplie que dans la poésie latine chantée. Essentiellement destinés à être popu-

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