ROMANCE TRADUITE DE L'ESPAGNOL
Comme Ariane, en pleurs sur le rivage, En vain j'appelle un fugitif amant.
Hélas ! loin de la plage Son vaisseau fuit aussi prompt que le vent!
Lorsque, au travers des flots de Tonde amère, Un dieu jaloux l'enlevait à mes feux,
Ah ! ah ! qu'un vent contraire Aurait été favorable à mes vœux !
A quelques maux que son départ me livre, Je n'ai plus rien à redouter du sort :
Qui le perd ne peut vivre ; Qui ne vit plus peut-il craindre la mort !
Si quelque jour sur ma tendre guitare Je racontais les tourments de mon cœur,
Il n'est pas de barbare Qui ne donnât des pleurs à ma douleur.
Dans ma tristesse, ô guitare enchantée,
Tu réponds seule à mes brûlants transports ;
Et mon âme agitée Devra le calme à tes tendres accords.
Aussi, je veux condamner au silence Ce piano que l'ingrat aimait tant :
Je sais son inconstance, Et je l'imite en changeant d'instrument.