‹ Les éṕavesChapitre 15 sur 41 · ROMANCE TRADUITE DE L'ESPAGNOL · texte numérisé non relu

ROMANCE TRADUITE DE L'ESPAGNOL

Comme Ariane, en pleurs sur le rivage, En vain j'appelle un fugitif amant.

Hélas ! loin de la plage Son vaisseau fuit aussi prompt que le vent!

Lorsque, au travers des flots de Tonde amère, Un dieu jaloux l'enlevait à mes feux,

Ah ! ah ! qu'un vent contraire Aurait été favorable à mes vœux !

A quelques maux que son départ me livre, Je n'ai plus rien à redouter du sort :

Qui le perd ne peut vivre ; Qui ne vit plus peut-il craindre la mort !

Si quelque jour sur ma tendre guitare Je racontais les tourments de mon cœur,

Il n'est pas de barbare Qui ne donnât des pleurs à ma douleur.

Dans ma tristesse, ô guitare enchantée,

Tu réponds seule à mes brûlants transports ;

Et mon âme agitée Devra le calme à tes tendres accords.

Aussi, je veux condamner au silence Ce piano que l'ingrat aimait tant :

Je sais son inconstance, Et je l'imite en changeant d'instrument.

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