‹ Les éṕavesChapitre 16 sur 41 · IMPROMPTU · texte numérisé non relu

IMPROMPTU

Bonjour, madame belle et bonne , Avant midi je me pomponne, J'arrive chez vous; mais.... personne* Alors, auprès d'une colonne Qui porte une table octogone, Je viens m 9 asseoir, et je griffonne Cette épître à votre personne ; Mais, sur ce sujet, qui s'étonne Que le jugement m'abandonne ?

Bientôt je vois que je raisonne Comme un buveur près d'une tonne De vin de Madère ou de Beaune.

Alors, je me lève et fredonne Une chanson un peu luronne;

Tapprocbe du feu, je tisonne.

Quand j'entends l'airain qui résonne :

Je compte c'est midi qui sonne.

Adieu, madame belle et bonne ; Si votre absence me chiffonne* En bon chrétien je vous pardonne ; Mais je me venge, et je vous donne A lire ce billet» d une aune.

A ta femme interdis le spectacle et le bal, A l'église elle ira te chercher un rival.

Touchez, d'abord, un objet plein d'appas :

Faites l'amour, ne le décrivez pas.

J aime la violence, et je veux un amant

Qui fasse mon bonheur sans mon consentement.

Belle Iris, il faut pour vous plaire, Etre amoureux, être empressé ;

Près d'Eglé, dans un cas pressé, Tout cela n'est pas nécessaire.

Pour fixer à jamais ton époux inconstant, Écoute, ou fais semblant d'écouter un amant.

Des rêves de la nuit par le jour qui s'avance Le vain mensonge est révélé ; Mais rien ne détruit l'espérance, Ce songe de l'homme éveillé.

Donnez-moi votre confiance, Et croyez-moi quand je vous dis Que l'enfer est l'indifférence, Que l'amour est le paradis.

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