‹ Les éṕavesChapitre 2 sur 41 · CV Q · texte numérisé non relu

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*r?i î « E *'* re *I ue nous donnons à cet ouvrage,

taffS'fj fait assez connaître que c'est à un éveil**"*;'* nement désastreux auquel il a échappé, qu'il doit

de voir aujourd'hui la lumière.

Recueilli sur les bords du Mississipi, quelques

jours après le naufrage du navire à vapeur '

I'Hécla, naufrage occasionné simultanément par

il PRÉFACE.

l'incendie du bâtiment et l'explosion de ses chau-

dières, il fut retiré d'une malle échouée sur le rivage et trempant encore dans l'eau , dans un tel état d'avarie, que plusieurs pièces étaient indéchiffrables

Aidés de la sagacité de nos amis et d'une pièce trouvée dans la malle sauvée des eaux, nous avions cru reconnaître l'auteur , habitait de la Nouvelle-Orléans. Averti par nous, et invité à faire retirer son manuscrit, il nous répondit que cet ouvrage n'était « ni à lui ni de lui. »

Forts de cette dénégation, et suffisamment autorisés, suivant nous, par l'ancienne loi des Épaves, . en vertu de laquelle les propriétaires riverains peuvent s'emparer des débris des naufrages portés par le courant sur les bords des rivières, ou jetés par les vagues sur les rivages des mers, nous avons, sans scrupule, pris possession du manuscrit que nous offrons au public, en prenant ici l'engagement de le restituer à l'auteur, si le suc*

PRÉFACE. m

ces de son ouvrage peut l'engager un jour à se révéler au monde.

Après cette explication préliminaire que nous avons cru nécessaire de donner au lecteur, nous bornerons ici notre rôle d'éditeur, et nous laisserons parler l'auteur dans une préface qui devait précéder don ouvrage, et que nous ne pouvons donner en entier, vu son état d'avarie qui ne permet d'en lire que des fragments.

« Quant au sujet traité dans la première partie de cet ouvrage, dit Fauteur, hélas! c'est l'amour, encore l'amour, l'éternel amour, ce dieu si vieux, et pourtant toujours si jeune et si nouveau I Nous en recommandons la lecture aux jeunes gens seulemeut; et pour augmenter le nombre de nos lecteurs, et élargir le cercle que nous traçons, nous comprendrons dans cette catégorie, et quel que soit le nombre de ses années , tout homme qui sent encore battre son cœur à la vue

iv PRÉFACE.

d'une femme passable, dût-il n'éprouver une sensation pareille qu'à l'aspect de ces protubérances voluptueuses que l'art des peuples civilises a dérobées aux belles Hottentotes et aux dames du Monomotapa.

« La deuxième partie contient une traduction libre, en vers, d'une grande partie des épigrammes de Martial. Cet auteur, traduit plusieurs fois en prose, ne Ta jamais été, je pense, d'une façon satisfaisante. Une édition de ses œuvres, publiée il y a peu d'années par M. Panckoucke, et sortie de la plume de M. Mangeartet de deux savants professeurs, MM. Verger et Dubois, ses collaborateurs, a sans doute atteint toute la perfection que l'on pouvait raisonnablement attendre d'une version en prose; mais plus elle a de mérite sous certains rapports , et plus elle confirme cette assertion : qu'un poëte ne peut être traduit qu'en vers.

« Celte opinion fut toujours la mienne, et elle

PRÉFACE. v

me laissait une assez grande latitude quant à la façon dont j'ai jugé convenable d'exécuter cette entreprise.

« Cette façon n'est pas un mystère : après une lecture attentive , bien pénétré du sens de Fauteur, je me demandais comment,

SU ressoscilail de nos jours , Martial,. si malin toujours, De notre goût prompt à s'instruire, • En vers français pourrait traduire Ces épigramrties qu'aux Romains Il décochait en vers latins?

« C'est dans cette situation que je me suis placé pour écrire. J'avouerai même que j'ai quelquefois altéré le sens de l'auteur pour lui donner une allure plus française; et que je n'ai pas hésité, dans quelques rencontres, à imiter M. Daru qui, dans son Horace, n'a pas craint de traduire le grenier par la cave, et cela très judicieusement, selon moi, puisque nous mettons à la cave

ti PRÉFACfe.

les vins que les Romains mettaient au grériièi 4 j irinsî : "'• ,vl

Lorsqu'à dîner chez un Romain , Le maître disait à l'esclave :

Mont* au grenier chercher du vin , Nous disons ; descends à la cave.

« An reste, comme les épigrammes latines sont imprimées en regard du français, on pourra jugèr jusqu'à quel point f ai usé de là liberté que je me suis donnée, et avec quel soin j'ai tâché

d'éviter le reproche si souvent, et avec tant de raison , adressé aux traducteurs : Tràduttore, Traditore , traducteur, Trahisseur.

« On verra qu il m'est arrivé quelquefois, mais rarement, de substituer ma pensée à celle de Martial, surtout dans quelques passages où les plus savants commentateurs ne sont pas d'accord entre eux.

« Cette traduction a été faite sur l'édition Ad usum DelphinL Le choix des épigrammes a été

PRÉFAfCE. tu

fait judicieusement et avec soin, et quant au nom» bre de celles qui composent ce Recueil , on le trouvera très considérable, si Ton veut dégager le gros volume qui contient les œuvres de Martial du bagage qui l'encombre. En effet, si nous en retranchons les notes explicatives, les commentaires, plus considérables que le texte, les épigrammes obscènes , qui ne pouvaient trouver place ici , toutes celles qui ne contiennent que de basses adulations adressées aux empereurs, les livres xhi et xiv qui ne traitent que des sujets çlénués dç toute espèce d'intérêt pour un lecteur français; si nous en ôtons, enfin, un index extrêmement volumineux, ouvrage qui n'a pu émaner que du cerveau d'un moine reclus, pour tromper les heures de la solitude, et charmer les ennuis de la cellule, on se convaincra facilement que la traduction en vers que nous donnons au public, contient près des deux tiers des œuvres du poète lajin.

vin PRÉFACE.

« Un écrivain moderne, ce sont ses expressions, . autant qu'il m'en souvienne, disait, en parlant d'une traduction sortie de sa plume : « J'ai mis tant a de perfection à cet ouvrage, que je pense que le « désespoir de faire aussi bien, arrêtera quiconque « serait tenté de marcher sur mes traces. »

« J'ai moins de présomption, et loin de désespérer les concurrents, je les appelle au combat. Je jette mon gant dans l'arène; puisse-t-il être relevé! et si les efforts de mes rivaux sont couronnés de succès , c'est de moi qu'ils recevront les premières félicitations et les premiers applaudissements. »

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