‹ Les éṕavesChapitre 3 sur 41 · ÉPITRE A · texte numérisé non relu

ÉPITRE A

Objet divin, que l'amour a formé Pour propager son culte et sa puissance.

Toi, qui m'as vu tremblant en ta présence, Pour ton bonheur tendrement alarmé, Cacher les vœux de mon cœur enflammé,

O , daigne en secret sourire

Aux doux accents que ta beauté m'inspire ; Et quand l'amour t' élève jusqu'aux cieux, Laisse, en prenant ton rang parmi les dieux, Cette rigueur et cette humeur sévère,

Vrais attributs d'une beauté vulgaire;

Et souviens-toi , qu'au sein de leurs grandeurs,

Les immortels reçoivent sans colère

Les vœux ardents qu'offrent d'un cœur sincère

Les plus obscurs de leurs adorateurs.

Je ne viens pas, dans mon ardente ivresse, Tremblant, hélas ! de troubler ton repos, Te fatiguer du récit de mes maux; Mais par pitié pour ma tendre faiblesse, Ah! puisses-tu recevoir sans dédain Le pur encens présenté par ma main !

Ma folle muse, avant de te connaître, Sur tous les tons préludant tour à tour, Jamais, hélas ! n'avait connu l'amour !

Mais aujourd'hui ce dieu devient mon maître, Comme il le fut autrefois d'Apollon( 1 ) f Lorsque ce dieu dans un riant vallon Devint épris d'une beauté champêtre.

Jusques alors, aimable paresseux, A ne rien faire occupé dans les deux, Le dieu du jour vécut dans l'ignorance :

Dès qu'il aima, les arts prirent naissance.

Tu sais comment ce dieu par Jupiter (') Du haut des peux se vit précipiter :

Un jour, qu'errant aux champs de Thessalie ( 3 ),

A son malheur il venait réfléchir,

Et qu'il rêvait au moyen de fléchir

Le dieu qu'avait irrité sa folie,

Il aperçut parmi d'épais roseaux,

Une bergère assise sur la plage

Qui souriait à la charmante image

Que sa figure imprimait sur les eaux.

O temps heureux ! les ormeaux et les chênes.

Belles, alors vous servaient de boudoirs ;

Et vous trouviez de fidèles miroirs

Dans le cristal des lacs et des fontaines !

En admirant l'effet de ses appas,

Du dieu soudain la nymphe entend les pas :

Pâle, tremblante, elle tourne la tête ;

Le beau rêveur au même instant s'arrête ;

Son cœur palpite, et depuis ce moment,

Son âme éprouve un secret mouvement.

En la voyant, il rougit, il soupire :

11 veut parler; mais, las! timide amant,

Sa faible voix sur ses lèvres expire.

Alors devait commencer son tourment; Mais, trop heureux, dans son brûlant délire, Il oubliait et l'Olympe et les dieux ( 4 ).

Dans les transports de son amour extrême De son exil il s'applaudissait même :

Dans ce désert il retrouvait les deux.

O combien il fut heureux,

S'il ressentit ce que mon cœur éprouve!

Lorsqu'on t'a vue, être en exil, hélas!

C'est habiter les lieux où tu n*e£ pas, Et le ciel est partout où l'on tç trouve, Eh ! quel mortel, pour toi brûlant d'amour, Aux habitants du céleste séjour

O , pourrait porter envie !

Pour ton amant l'Olympe est dans tes yeux,

Ton sein d'albâtre est pour lui l'ambroisie;

Et les baisers de ta bouche chérie

Ne sont-ils pas le nectar précieux

Qui donne aux dieux une immortelle vie !

Mais en voyant ce superbe étranger,

Nymphe timide, et même un peu cruelle,

Tu juges bien de ce que fit la belle :

Elle s'enfuit; en un pareil danger,

C'est ce qu'eût fait, je crois, la moins rebelle.

Le dieu du jour, jusqu'alors sans talent, Pour adoucir cette beauté sauvage, Créant des vers l'harmonieux langage, Devint poëtè en devenant amant.

Pour soulager son amoureux tourment, En vers touchants il peignit son martyre, Unit sa voix aux accords de sa lyre,

Et fit, au bruit de ses' tendres chansons.

Gémir Écho dans les sombres vallons.

On vit alors la triste Philomèle, Pour écouter ses langoureux accents.

Faire silence, et suspendre ses chants.

A ce récit de sa peine cruelle, Autour de lui tout parut s'émouvoir ; De ses accords tout sentit le pouvoir ; Tout s'attendrit, jusqu'au cœur de sa belle.

Au même prix pour mes tendres amours,

O , je n'ose pas prétendre ;

Du dieu la nymphe écoutait les discours; Et je ne puis de toi me faire entendre.

Ah! lorsqu'à peine, hélas! j'ose à tes yeux Faire éclater mes transports amoureux, De tous mes feux dévoilant le mystère, Irai-je donc au milieu des forêts, Par mes aveux provoquant ta colère, Dire ton nom aux échos indiscrets ?

Ou bien, rempli d'un espoir téméraire, Me préparant d'inutiles regrets, A tes regards me verra-t on paraître, T interrogeant pour connaître mon sort, Forcer ta bouche à prononcer, peut-être, L'arrêt cruel qui hâtera ma mort ?

Non, non, gardons, dans ce doute funeste, Gardons plutôt une trompeuse erreur :

L'incertitude encore, au moins, me reste, Et c'est, hélas ! dans mon affreux malheur, Un fil encore qui pour P instant arrête Le glaive aigu suspendu sur ma tête.

Combien de fois j'ai voulu sans détour T'instruire, au moins, de mon timide amour !

Mais quand je veux vaincre ma résistance, Et rompre, enfin, un pénible silence,

O , dis-moi quel dieu rival,

En m'accablant d'un ascendant fatal,

Trompe l'effort de mon âme étonnée,

Et malgré moi tient ma langue enchaînée ?

Je veux parler : aussitôt dans mon sein (*) Un feu subtil coule de veine en veine .

Je n'entends plus, et respirant à peine, En te voyant je m'arrête incertain.

Un voile épais te dérobe à ma vue; Je veux en vain surmonter les terreurs Que tu répands dans mon âme éperdue ; Pâle, sans voix, je frissonne et je meurs ; Et tel on voit un guerrier intrépide, Au seul aspect de la fatale égide, Se transformer soudain en un rocher ; Tel, foudroyé par ton œil homicide,

Je sens qu'au sol mes pieds vont s'attacher, Et je ne puis te fuir, ni t'approcber.

Dans le chagrin, hélas! qui me dévore, À mes malheurs un seul manquait encore :

Pour mettre, enfin, le comble à ma douleur, Bientôt j'apprends, ô funeste nouvelle Qui fait encore frémir mon triste cœur !

Bientôt j'apprends par un ami fidèle^ Qu'un ordre, hélas! pour moi trop rigoureux, Doit sans retard t'éloigner de ces lieux :

Que tout est prêt pour ce fatal voyage, Et qu'un vaisseau par Fulton inventé ( 6 ), Par ton Mentor dès longtemps affrété, Doit te porter sur un lointain rivage.

Alors, en proie à mes chagrins amers,

De t'arrêter, par d'ardentes prières,

Je conjurai le puissant dieu des mers ;

Mais d'autres dieux, hélas ! m'étaient contraires !

Bientôt Éole, échauffé par Vulcain ( 7 ), De sa prison force les murs d'airain.

Ces dieux qu'unit une rage commune De mille bras font mouvoir les ressorts; L'onde frémit, et leurs puissants efforts Domptent les flots et maîtrisent Neptune ( 8 ). En vain ce dieu, des coups de son trident Veut seconder les efforts du courant -

Cédant, enfin, vaincu par la fortune, En frémissant, au sein des vastes mers, De ses douleurs il porte l'amertume, Pousse son char entre des flots d'écume, Et de vapeurs blanchit au loin les airs.

A ses rivaux quand il cédait l'empire, Mes yeux, hélas! suivaient avec dépit Les longs sillons que ton léger navire Traçait, vainqueur, sur le Mississipi ; Et quand, perdu dans la foule attentive Des spectateurs assemblés sur la rive, Tourné vers toi mon regard amoureux Sollicitait de pénibles adieux, Tu secondais mon imprudente envie,

O , le souffle de ma vie;

Et mille traits échappés de tes yeux, En m' atteignant parmi la foule obscure, Ont de mon cœur irrité la blessure, Et signalé ton départ de ces lieux.

Dans les combats, ainsi, toujours le Scythe Lance en fuyant un trait empoisonné Sur le guerrier à le suivre obstiné Que trop d'ardeur entraîne à sa poursuite.

Mais ton vaisseau déjà fuyant au loin, Disparaissait comme un léger nuage ; Moi, pour pleurer ton départ sans témoin,

En m'éloignant du fatal rivage

Je t'envoyai sur les ailes des vents

Les tendres vœux, les soupiré, les serments

D'un cœur, hélas! qui t'aime sans partage!

En te perdant, quels furent mes regrets, Et mes chagrins, et mes ennuis secrets!

Dans les transports de ma douleur extrême, De mes malheurs j'accusai tous les dieux ; L'amour encore plus coupable à mes yeux( 9 ), Devint l'objet d'un insolent blasphème :

Contre le ciel follement indigné, Dans mon dépit rien ne fut épargné ; Contre toi seule, en mon humeur farouche, J'ai vu la plainte expirer dans ma bouche.

L'amour par moi tant de fois encensé,

Prenant pitié de mon affreux délire,

Ne punissait que d'un malin sourire

Les vains transports d'un courroux insensé !

A peine l'ombre a banni la lumière, Que Cupidon pour adoucir mes maux, Au dieu Morpbée empruntant ses pavots, Livre au sommeil mon humide paupière ; Et m' enlevant sur son aile légère :

Viens, me dit-il, en prenant son essor, Je vais t' ouvrir le temple de Cythère.

Dans ce lieu seul tu connaîtras ton sort.

Là, de Vénus une docte prêtresse Connaît des dieux les éternels décrets ; Et peut toujours dans une sainte ivresse, De l'avenir dévoiler les secrets.

De Cupidon le séduisant langage Interrompit le cours de ma douleur; Et dans la nuit qui régnait sur mon cœur, L'espoir, enfin, brillant sur mon visage, Sembla l'éclair Réchappant du nuage.

Déjà, déjà, mon guide, cependant Dans les élans de sa course rapide, Laissant au loin les bords de l'Atlantide, D'un vol hardi franchissait l'Océan.

Du haut des cieux à peine je contemple Le mouvement de ce vaste univers, Cythère, au loin, s'offre au milieu des mers : Déjà je suis introduit dans le temple.

Dieux! quels tableaux en ces lieux j'aperçus! L'amour, lui-même, a de couleurs fidèles Peint les héros que ses traits ont vaincus.

Là, ses larcins et ses ruses cruelles ( 10 ) Sont retracés sous cent formes nouvelles ; Mais le premier de ces tableaux du dieu Qui dès l'abord se présente à ma vue,

C'est le Désir, soupirant, l'œil en feu,

Du sanctuaire occupant l'avenue.

Là, je vous vis, infortuné Médor,

Tomber mourant dans les bras $ Angélique

Combien m'émut votre destin tragique!

Que je donnai de pleurs à votre mort!

Plus loin, Héro, cette amante si tendre, En vain aux dieux redemande Léandre :

Les dieux cruels n'écoutent pas ses cris ; De son amant bientôt, hélas ! l'aurore Offre à ses yeux les restes si chéris Flottant au gré des vagues du Bosphore (").

À cet aspect , de mes yeux attendris Des pleurs , hélas ! allaient couler encore , Quand j'aperçus un autel révéré (") Où l'on voyait briller le feu sacré.

Devant l'autel, aux tableaux de tristesse, L'Amour avait sous ses légers pinceaux Fait succéder des scènes de tendresse :

Là, Jupiter se jouant sur les eaux ( 1S ) , Heureux vainqueur, par une ruse insigne, En empruntant le plumage d'un cygne , Pressait Léda sur un lit de roseaux.

Parmi des fleurs d'une vie immortelle , Dont cet autel sans cesse est parfumé, Paraît le Temps dans un cercle enfermé (").

Rien ne l'arrête en sa marche éternelle ;

En vain Phébé qui préside à la nuit ( 15 ) , Sur un char d'or par un cerf entraînée , D'un de ses traits hâtant l'heure qui fuit , Presse le dieu d'abréger la journée :

Le Temps fidèle à la loi du destin ; Malgré les vœux de la déesse altière , D'un pas égal poursuivant sa carrière , Règle sa course en frappant sur l'airain. A ce signal la sévère prêtresse A mes regards apparaissant soudain , Secrètement me conduit par la maip Vers le réduit qu'habite la déesse.

Ciel ! que devins-je en ce sombre séjour !

Ses soins jaloux et sa perfide adresse De cet asile avaient banni le jour Sous les replis de cent voiles funèbres Qui de l'enfer défiaient les ténèbres.

a Viens , me dit-elle , et que le moindre bruit « De mes travaux ne vienne me distraire. »

Alors , trois fois , du pied frappant la terre , Elle invoqua le Silence et la Nuit :

La Nuit qui traîne avec soi le mystère , Et la Frayeur qui tremble et qui s'enfuit , Et maint Fantôme, enfant de la Chimère( 16 ), Qu'en nos cerveaux l'obscurité produit.

Sur le trépied la sibylle s'élance

Pleine du dieu qui subjugue ses sens; Alors j'entends un horrible silence , Et je frémis de l'arrêt que j'attends.

Mon âme en vain par l'amour enflammée , Dans cet instant d'audace s'est armée :

Un noir frisson dans mon cœur a passé , Et tout mon sang de terreur s'est glacé.

« Écoute-moi, me dit-elle, en délire, « Je vais parler; la déesse m'inspire :

« Depuis l'instant qu'aux rives de Cythère « Elle reçut l'hommage de la terre, « Jamais objet plus beau, plus gracieux « N'avait paru sous la voûte des cieux.

« Telle , au-dessus d'une vague écumante , « On vit Vénus s'élever triomphante, « Telle apparut à l'univers ravi

« Ta sur le Mississipi.

« Les dieux charmés brûlèrent à sa vue ,

« Et de plaisir la terre fut émue :

« Les feux d'amour ont sillonné les airs ,

« Un long soupir a parcouru le monde ,

« Et brûlant même au vaste sein des mers ,

« Les dieux marins ont tressailli sous Tonde.

c Toi qui languis , captif infortuné ,

« Depuis longtemps à son char enchaîné,

« De ton destin quel que soit le mystère ,

« Crains plus encore une affreuse lumière ,

a Fidèle gmant , le plus tendre retour « Est en secret le prix de ton amour ;

« Mais » à ces mots la muette sibylle

Sur le parvis est tombée immobile ; Elle gémit , et le temple à l'instant A retenti de son gémissement .

Je vis alors sur la rive infernale

Le noir Caron et sa barque fatale (") ;

Non loin , la Parque arrêtant ses fuseaux (") ,

Ouvrait déjà ses funestes ciseaux ,

Alors, alors , je t'ai vue

Pâle, mourante, alarmée, éperdue; Mais, las! bientôt quel fut mon désespoir, Quand près de toi je crus apercevoir Un assassin , disciple d'Hippocrate , Le fer en main , s'avançant à la hâte !

Non loin , un char de crêpe environné, De blancs festons autour était orné; Et deux oiseaux de funeste présage , En composaient le sinistre attelage.

Dans cet instant, je fus ton seul recours ;

Ton œil mourant implorait mon secours :

De l'univers, alors, abandonnée,

Par le destin tu semblais condamnée ( l9 ).

Dans ce péril , mes sens appesantis

D'un long sommeil tout à coup sont sortis ,

Et pour sauver une tête chérie , Impétueux , je m'élance et m'écrie ; Et du docteur trompant le noir dessein, Je détournai soq glaive de ton sein.

Toi , rappelant ton âme fugitive , Pour éviter les coups de l'assassin, Entre mes bras tu te jetas craintive.

Quels doux liens t'y retinrent captive !

Combien les dieux jaloux de mon bonheur M'ont envié ce moment enchanteur !

Ah ! comme, alors, doucement embrassée.

De noeuds étroits tu fus entrelacée !

Moins fortement le lierre tortueux Presse l'ormeau de ses bras amoureux.

Lorsque, la nuit, dans un songe pénible , Un spectre affreux nous présente la mort ; Si notre bras , enfin , par un effort , Petit terrasser ce fantôme terrible ; Grands Dieux ! alors, quel baume le réveil Répand soudain dans notre âme éperdue ; Et quel transport, quelle joie imprévue Vient succéder aux horreurs du sommeil !

Déjà la peur n'oppressait plus ton âme , Déjà l'amour laissait luire sa flamme ; Heureux prodige ! Effrayés par mes cris ,

Les noirs oiseaux au loin s'étaient enfuis ; Je ne vis plus ni Caron, ni sa barque, Ni les ciseaux de l'homicide Parque.

Cythère, alors, ce fortuné séjour, Retentissait* des hymnes de l'amour; Mais quand , chassant ces images funèbres, Ton doux souris, ton regard enchanteur Comblaient les vœux de ton libérateur, Le jour, hélas! bannissant les ténèbres, Et dissipant une si douce erreur , A vu s'enfuir ce trop heureux mensonge, Et cet éclair de ma félicité ; Et quand mes maux ont tant de vérité , M'a disputé jusqu'au bonheur d'un songe !

Un songe , hélas ! ferait-il concevoir Pour l'avenir un téméraire espoir ?

Va, ne crains rien, ô beauté trop cruelle, L'affreux réveil, hélas ! m'a tout ôté ; Et d'un vain rêve il ne m'est rien resté , Rien , que mon amour fidèle !

Mais, quelque jour, si se laissant toucher

Par les tourments d'une amoureuse ivresse,

Non oublieux d'une sainte promesse,

Au désespoir ton cœur vient m' arracher ,

Pour conserver à jamais la mémoire

De cet instant qui doit combler mes vœux ,

Je veux bâtir un monument' pompeux

Qui consacrant mon amour et ta gloire, Rappellera mon heureuse victoire Aux souvenirs de nos derniers neveux.

Tel un guerrier désormais sans alarmes, Dresse, vainqueur, un trophée éclatant Sur le terrain encore baigné de sang Où la victoire a couronné ses armes.

A L , en lui envoyant LE LIT.

t&^XtG»

Au lieu d'une préface Que personne ne lit , Reçois la dédicace De mon lit ;

Mais ne crains pas, ma chère Que j'aille dire ici Tout ce que l'on peut faire Sur le lit.

Ce secret, sois en sûre , Demeure enseveli Dessous la couverture De ton lit.

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