AU MOQUEUR
Charmant oiseau , dont le savant ramage Sait imiter par des accents divers, De mille oiseaux qui peuplent le bocage , Les doux accords et les brillants concerts.
Lorsque ta voix mélodieuse et pure Vient enchanter les plaines et les bois; Ou se mêler à Tonde qui murmure , Je sens ravir tous mes sens à la fois.
Comme le mal qui circule en nos veines Cède aux vertus d'un buume bienfaisant, Ainsi , toujours mes chagrins et mes peines Sont suspendus ou guéris par ton chant.
Pour imiter les airs que tu soupires, L'art des mortels ferait de vains efforts ; Les séraphins pourraient seuls sur leurs lyres , Rivaliser tes sublimes accords.