‹ Les Épidémies de PneumonieChapitre 3 sur 23 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le caractère épidémique de la pneumonie ou de la péripneumonie, comme on disait autrefois, n'avait pas échappé aux anciens auteurs. La littérature médicale nous a conservé, dès le XIV' siècle, des études d’épidémies qui ne manquent pas d'intérêt. Mais, depuis 1348, date à laquelle remonte l'observation faite par Shékius, jusqu'à nos jours, les renseignements sur l’origine et le développement de la pneumonie ont varié en clarté et précision. Il est facile, à travers Îes opinions théoriques des auteurs et les découvertes des savants, d’en suivre les diverses phases historiques. La plupart des auteurs modernes distinguent trois périodes : 1° symptomatique ; 2° anatomo-pathologique et clinique; 3° étiologique et pathogénique.

Dans la‘ première période nous rangerons l'épidémie de Shékius ; celle décrite deux siècles plus tard par Jean Colle d'Urbino ; l'épidémie de Brisgau étudiée par Wærster en 1688; celle de Rome rapportée en 1708 par Lan-

eisi ; les épidémies du Languedoc étudiées par Sauvages en 1710 ; celle de Berne décrite par Haller en 1760.

Toutes ces épidémies sont passibles du même reproche. Elles s'éloignent trop du type des épidémies actuelles ; leur nature pneumococcique n’est pas suffisamment démontrée pour que nous ayons sur leur nalure une opinion suffisante et arrêtée. Si l’on admettait alors que la pneumonie était une fièvre, une maladie générale à déter- mination pulmonaire, l’on était plus gêné pour séparer cliniquement les pneumonies d'avec les pleurésies ; pratiquement la distinction demeurait impossible.

Entre la fin de cette période et le début de la deuxième, il semble bien que les auteurs se soient désintéressés de la question. Exception faite pour l'épidémie de Noyers que Torchet étudia en 1838, 1l y a un gros siècle de temps d'arrêt. On paraissait même avoir oublié ces épidémies,” quand en Angleterre, en Allemagne, en Amérique, on se mit à publier une série de nouveaux eas.

À bord de la flotte anglaise, mouillant dans les eaux de la Méditerranée, éclata une épidémie de pneumonie que Bryson rapporla en 1853. En Irlande, une année plus tard, Hjaltelin publiait le-récit d'une épidémie grave. En 1866-7, Dohl observa dans la prison de Christiania 62 cas de pneumonie sur 360 prisonniers environ. Welsch signale en 1869 une épidémie qui éclata à New-Brunswick dans un régiment. Herr rapporte en 1872 l'observation intéressante d’une épidémie frappant, les uns après les autres, les différents habitants d'une même maison. Jürgensen et Scheef étudient en 1872 une épidémie de village. L'année 1875 nous offre des cas intéressants et nombreux. Bonnemaison, de Toulouse, étudie une épidémie qui évolue dans une famille ; Grundler une épidémie de garnison

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à Magdeburg : Grimshaw et Moore le récit de l'épidémie de Dublin ; Rodman, de New-York, publie un travail sur une épidémie de prison dans le Kentucky. À Moringen, dons le Hanovre, Kühn observe une autre épidémie de prison. En 1876, nouvelle épidémie à la prison de Francfort. L'année suivante Barella étudie à Bruxelles un cas d'épidémie. Kühn rapporte, en 1878, un nouveau cas dans Ja prison de Moringen. L'année suivante, Banti décrit l'épidémie de Florençe et Ritter une petite épidémie de famille. Penkert observe dans un village 42 cas de pneumonie franche, du 28 mars au 28 mai 1881.

La même année Demmler consacre sa thèse à l'étude des pneumonies infectieuses. Il faudrait encore citer les observations de Butry, Jelley, Seufft et de bien d’autres. : Nous nous contenterons d'indiqueret pour finir, un article important de G. Sée et le mémoire intéressant d'Alison.

Ilest facile dese rendre compte, même après la nomenclature incomplète que nous venons de faire, combien cette seconde période est riche en observations de ce genre. On se l’explique aisément. La pneumonie était à cette époque à l’ordre du jour. I se livrait autour d'elle des combats d'écoles ; était-ce une maladie générale, ou bien simplement locale ? EL les observateurs suivaient avec plaisir tout ce qui se raltachait à ce sujet. La clinique, dotée par Laënnec de l’auscultalion, et aidée par les constatations anatomiques, pouvait mieux saisir les caractères de la pneumonie. On possédait désormais des instruments merveilleux pour étudier les lésions locales. et si bien qu'elles absorbaient toutes les attentions. Laënnec el à sa suite Grisolle, Andral, Stokes et Broussais oublièrent la théorie ancienne de la fièvre pneumonique et partout en France on s’habitua à considérer la

pneumoniecomme une inflammation locale simple, comme \ N

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