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lutte et consacrer la victoire de notre vieille et glorieuse Ecole (1).
Dans la période qui va suivre l’on trouve moins d’enthousiasme pour un tel sujet ; les observations d'épidémies y sont moins nombreuses ; mais leur rareté n’enlève rien à leur intérêt. Ganivet consacre sa thèse à l'étude d'une épidémie de pneumonie survenue dans les équipa- -ges de la flotte à Lorient. La même année Helme étudie dans la sienne les épidémies de pneumonie infectieuse et rapporte plusieurs cas où les constatations cliniques sont confirmées par l'examen bactériologique. En 1890 paraît la relation par Charton d'une épidémie de pneumonie sur- . venue dans le Yorkshire ; Brünner en 1894 étudie un nouveau cas. Kotzine réunit 4 cas de petites épidémies et Thornston 3 autres. En 1896 Malenchini fait des recherches sur un cas d’épidémie maligne ; la même année Stephenson étudie à Pashawar une épidémie de pneumonie. Mouisset publie le cas d'une petite épidémie par contagion frappant 4 garçons boulangers. Jossu consacre sa thèse à l'étude des pneumontes par contagion, en 1901. Desplats, de Lille, publie en 1905 un cas fort intéressant d'épidémie de paeumonie. En 1907 Azéma relate une petite épidémie familiale. En 1909 M. le professeur Euzière communique un cas riche en enseignements sur une pelite épidémie de pneumonie observée à l'asile de l'Hôpital général de Montpellier. Montgour et Got publient la même année, dans le journal de médecine de Bordeaux, un cas d’épidémie de pneumonie sénile.
(1) Tout récemment encore Joltrain, (Asselin et Houzeau, 1911) donnait une nouvelle et plus forte confirmation de la théorie Montpelliéraine. Il à été possible à l’aide d'une hémoculture pratiquée avant le début du foyer pulmonaire de dépister le pneumocoque dans la cireulation.
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ÉPIDEMIOLOGIE
Toutes ces épidémies, dont nous venons de tracer une rapide histoire, peuvent se classer en plusieurs catégories. Germain Sée en distingue quatre et décrit les épidémies : 1° de prisons; ?° de casernes, régiments, navires ; 3° de villages; 4° de maisons. Helme, dans sa thèse sur les épidémies de pneumonies infectieuses, conserve cette division. Nous la conserverons nous-même, en y ajoulant cependant un cinquième groupe qui nous paraît intéressant : celui des épidémies de pneumonie dans les asiles et les hôpitaux. |
Epidémies de prisons. — Les épidémies de prison sont, peut-être, celles dont il est le plus facile de faire l'étude. Elles surviennent dans un endroit clos, et chez des sujets privés de toute communication avec l'extérieur.
L'ane des premières et des mieux signalées est celle dont Rodman a été le Lémoin dans la prison de Francfort (Kentucky). L'épidémie apparut deux années consécutives en 1875 et 1876. La dernière fut la plus terrible. En peu de mois 176 cas de pneumonies furent observés dans une population de 691 détenus. Elle revêtait même, dans. la plupart des cas, une forme grave et l’on constata 25 décès. Les signes physiques et les lésions anatomiques élaient ceux de la pneumonie franche. L'auteur a noté la fréquence des lésions pleurales et de la diarrhée.
La température atteignait rarement un degré très élevé. Rodman attribue les causes de l'épidémie à la misère physiologique, à la débilitation des sujets et surtout au défaut de ventilation des cellules de la maison d'arrêt elle-même, qu'il décrit ainsi : « La maison d'arrêt a 310 pteds de long, 143 de large, 75 de haut, elle contient 648 cellules. Les cellules contiennent 170 cubes 2/3 d'air et sont, comme la maison d'arrêt elle-même, très mal ventilées. Le 1° février 694 individus étaient confinés dans ces cellules ; durant ce mois, le nombre des prisonniers reçus était si grand par rapport aux libérés que le 1* mars 735 hommes habitaient les cellules. Il y a six rangées de chaque côté dé la maison, mais celles qui sont près du toit et qui sont au nombre de 108 ne peuvent être utilisées parce que ce serait la mort certaine pour ceux qu'on y ferait coucher, surtouten été. Soit à cause de cela, soit pour toute autre raison, le nombre des prisonniers est si grand par rapport à celui des cellules qu'on est obligé de mettre au moins deux individus dans echa- - cune de celles-ei. » Ajoutons que les principes de la plus élémentaire hygiène sont complètement inconnus. Ainsi, chaque prisonnier possède un seau pour les ordures de la nuit, la puanteur des seaux est telle que dans les régions supérieures elle devient vraiment dangereuse même pour les visiteurs etles gardiens qui font la ronde ; certains s’évanouissent où sont pris de vomissements. Aussi les 5/6 des décès et des cas appartiennent aux cellules des rangées supérieures habitées surtout par des nègres. « Durant le cours de cette épidémie, continue Rodman, j'ai eu quelques autres maladies à observer : 15 érysipèlesel 13 cas de rhumatisme aigu. Mais en dehors de la prison, je n’ai entendu parler d'aucun cas de pneumonie. Bien plus Fétat sanitaire de Francfort, habituel-
lement satisfaisant, n’a jamais été aussi bon que pendant l'épidémie de la prison. Aussi je demeure convaincu que la pneumonie provenait des émanations des cellules. » Nous allons citer et résumer à titre d'exemple quelquesunes de ses observations.
OBSERVATION PREMIÈRE: — Guiford B.,., nègre, 24 ans, bonne constitution, est tombé malade dans sa cellule la nuit du 13 février. Il avait eu un frisson à son entrée à l'hôpital. Pouls 112, respiration 32, température 104,5 F (40°,5). On établit son diagnostic : pneumonie de tout le côté droit. Le lendemain matin de son entrée, sa température était de 103,5 F (40”). Les conjonctives avaient une teinte ictérique prononcée. Son pouls atteignait 115, sa respiration 35, sa lempérature descendit jusqu'à 101,5 F (398) au moment de sa mort 1* mars.
4 utopsie. — Hépatisation de tout le côté droit. OBsERVATION Il. — Nègre, 27 ans. Bonne santé anté-
rieure. Frissons le 24 février. Mort le 10 mars sans grands signes avec ictère et délire.
Aulopsie. — Pneumonie du lobe SE droit : foie très congeslionné.
OBsERVATION TE. — Mulàtre, 31 ans. Tombe malade le 22 avril à midi, coma à 3 heures, mort le lendemain matin à 7 heures. \
Aulopsie. — ® Hépatisation rouge des lobes inférieurs des deux poumons.
OBSERVATION IV. — Mulatre, 28 ans. Le 4 mai on conslale une pneumonie de la sas droite. Il meurt le 6 au soir en hypothermie.
Aulopsie. — Foyer pneumonique, congestion du foie
Presque aussi grave a été l'épidémie qui sévit dans la prison de Moringen, dans le Hanovre, pendant les années 1375 et 1876. Kühn nous en a rapporté l'intéressante histoire, plus riche même en détails cliniques et anatomopathologiques que la relation précédente. En 1875, 83 prisonniers furent atteints et l'année suivante on en compta 58. Nous allons, d'après G. Sée, en résumer les caraclères. |
« La maladie débulait par des prodromes vagues, malaise général, inappétence, douleurs des reins qui duraient de 4 à 8 jours. Puis survenaient des frissons répétés, sans point de côté, ni expectoration ; parfois, mais rarement, le frisson était brusque, avec frisson violent. Ce n'élait que du troisième au quatrième jour après le début de la fièvre que les signes locaux ordinaires de Ja pneumonie apparaissaient. La marche élait alors celle de la « pneumonie migrans » c'est-à-dire que l'hépatisalion n'était pas fixe et qu'on voyait se produire successivement plusieurs foyers disséminés. Constamment la maladie S’accompagnait de symplômes pleurétiques graves, d’albuminurie et de gonflement de la rate. Dans les deux tiers des cas il y avait de la diarrhée. La courbe thermométrique présentait l'aspect typique de la courbe pneumonique : fièvre continue à maximum très élevé de 41° à 41°6 avec défervescence brusque après le 1" septenaire; mais habituellement une nouvelle ascension se faisait accompagnant.une nouvelle poussée inflammatoire, ou bien le type fébrile devenait irrégulier, la pleurésie ou la péricardite prenant le pas sur les symptômes pulmomaires.
La première pneumonie donna 16 morts, la seconde 8. Sur les 8 autopsies de 1876 on note 7 fois un épanchement pleurétique abondant, 5 fois une péricardite, 4 fois
PET ET Le une méningite, b fois une méningite parenchymateuse, 8 fois le ramollissement de la rate ; 3 fois elle siégeait à droite. Le cœur était presque toujours en dégénérescence graisseuse. Deux fois seulement les plaques de Pevyer élaient légèrement tuméfiées. »
Signalons en dernier lieu lépidémie observée par Kerchensteiner à la prison d'Amberg (Haut Palatinat) qui du 1* janvier au 28 mai 1880 frappa 161 prisonniers. La mortalité fut très élevée puisqu'on compta 46 décès, et, chose remarquable, personne parmi les employés de létablissement ne fut atteint. Les détails de cette pneumonie rappellent de très près ceux de la précédente.
Il faudrait encore rapporter l'histoire d’autres épidémies, celle de Dahl par exemple; mais nous n'y trouverions pas des faits bien nouveaux. Car les mémoires de Rodman et de Kühn sont de véritables monographies d'épidémies de pneumonies survenant dans une prison.