V. __ Les Dermo-épidermites microbiennes peuvent
siéger au niveau des plis. Mais il y a ordinairement
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des localisations à distance. De plus, on ne trouve dans ces lésions, ni l'aspect mauré des téguments, ni la collerette épidermique molle des lésions à levures. Il nous reste à éliminer les affections mycosiques de la peau, dues à des parasites autres que les levures. I. L'Erythrasma épidermomycose causée par la microsporon minutissimum, a un aspect bien particulier : il est constitué « par une plaque d’un brun rouge brunâtre, clair,, à bords bien arrêtés, parfois un peu saillants, festonnés ou régulièrement arrondis, à surface parfois finement quadrillée ou chagrinée, terne, desquamant assez difficilement par le grattage ». II s’agit là d’un aspect bien caractéristique que l’on ne peut confondre avec l’intertrigo levulaire. Notons encore que le siège d'élection de l’'Erythrasma est Ia face interne des cuisses, dans son tiers supérieur.
IL — Certaines trichophyties des parties glabres. peuvent simuler dans quelques cas, l’intertrigo à levures. En général, cependant, elles siègent au niveau de la nuque ou du poignet et ce n’est qu’exceptionnellement qu’on les rencontre au niveau des plis. De plus elles ont un aspect tout à fait spécial. Ce sont des éléments superficiels, arrondis, mesurant plusieurs centimètres de diamètre formant de larges médaillons à centre très légèrement squameux presque sain, à périphérie rouge formée de séries régulières de petites papules. Ces papules sont souvent couronnées de vésicules ou de vésico-pustules : elles représentent la zone d'extension du placard.
IT. — Beaucoup. plus intéressant est le diagnostic entre l’intertrigo à levures et les lésions des plis cau-
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sées par l’Epidermophyton de M. Sagouraup. Ces épidermophyties (SaBouraup 1908) peuvent siéger: 1° aux plis inguinaux. C'est l’ancien « eczéma Margine de Hebra » l’'Epidérmophytie inguinale de M. SaBou- RAUD ; 2° au niveau des plis interdigitaux. Plus rarement dans la région sous-mammaire, au Creux sousmammaire et même sur les membres.
1° L’Epidermophytie inguinale présente un tableau tout à fait différent de l’intertrigo levulaire.
Elle débute sous forme d’une ou de plusieurs taches nummulaires à tentre presque sain, à périphérie d’un rose vif finement vésiculeuse et squameuse. Ces tàches arrondies ne tardent pas à confluer, leurs bords s’intersectent, et elle forment alors une ou plusieurs larges plaques circinées à centre simplement un peu pâle ou un peu pigmenté très légèrement squameux, à bords au contraire très rouges, abondants en fines vésicules, en fines squames sèches et lamelleuses. Cette lésion s'agrandit constamment par réunion de cercles nouveaux, mais à mesure qu’elle s'étend à la périphérie, la peau du centre de la lésion redevient progressivement normale. Il s’agit done d’une lésion très caractéristique et dont les signes différentiels avec l’intertrigo à levures sont nombreux. ‘
1° C’est une lésion sèche tandis que l’épidermite levulaire est une lésion humide qui macère la peau.
2 C’est une lésion formée par la réunion d’éléments nummulaires d’abord séparés, ce qui fait comprendre la forme de ses bords dont les larges arcs de cercle s'opposent aux fins festons irréguliers et dé-
chiquetés de l’épidermite à levures.
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3° La large collerette épidermique blanchâtre .et molle, si caractéristique de lintertrigo à levures fait ici défaut. On ne voit au pourtour de la plaque d'Epidermopytie inguinale que de petites squame sèches et distinctes.
4° Le contraste est absolument frappant, dans l'Epidermophytie inguinale, entre le centre presque sain et la périphérie criblée de vésicules et de squames. Rien de tel dans l’épidermite inguinale à levures où le placard est uniformément rouge.
5° En général enfin l'Epidermophyvtie reste localisée au-dessous du pli inguinal.
IT. — L’Epidermophytie des espaces interdigitaux est par contre d’un diagnostic beaucoup plus difficile et que seul en général le laboratoire peut porter.
Sans doute, lorsque les lésions coexistent avec une épidermophytie inguinale le diagnostic s'impose. Mais parfois, ces lésions sont isolées. Elles siègent ordinairement au niveau des pieds, beaucoup plus rarement aux’ mains. :
« Les lésions occupent principalement le fond des plis interdigitaux surtout entre le 4° et 5° orteils et les plis de flexion des orteils ; on y trouve une couche cornée macérée qui se détache sous forme de lambeaux blancs d’une surface rose vif ou enduite d’un magma caséeux: au pourtour se voient parfois quelques vésicules qui se dessèchent ou confluent en une surface eczématiforme. Cet eczéma parasitaire, sec, vésiculeux ou impétiginé peut déborder sur la face dorsale de lavant-pied ainsi que sur la plante attei-
gnant même la voute plantaire jusqu’au talon. Avec