‹ Les Epidermites à LèvuresChapitre 15 sur 25 · CHAPITRE HI Etude botanique et biologique · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI Etude botanique et biologique

L'examen direct des squames est toujours très long, souvent négatif. Il doit porter sur des lambeaux épidermiques détachés de la face inférieure de la col- Irette desquamative qui borde les lésions, ou mieux de la face inférieure des lambeaux provenant du toit de ces vésicules sèches aberrantes que nous avons signalées au pourtour de la plaque principale.

. Dans lintertrigo interdigital il faudra prélever les couches les plus profondes de l’épiderme épaissi.

Pour que le pariasite soit bien visible, il-est nécessaire que les squames soint bien pénétrées de lessive de soude ou de potasse étendue d’eau distillée (à 40 pour 100). - |

L'examen direct doit toujours être-complété par un ensemencement sur milieu SABOURAUD dont nous rappelons la composition

Eau pure, 1.000 grammes.

Maltose brute de Chanut, 40 gr.

Peptone granulée de Chassaing, 10 gr.

Gelose, 18 gr.

M. MoxTLAUD, conseiller d’ensemencer 5 parcelles épidermiques par tube ; parcelles prélevées en des points différents de la lésion et toujours dans les couches profondes. SE . Nous décrirons successivement :

NT à HE

1° L'aspect microscopique des cultures

; 2° L'aspect du parasite à l'examen microscopique. L'aspect macroscopique des cultures est minutieusement décrit par M. DuBrEuILzH : (Annales de Derm. et Syph, avril 1922).

« L'ensemencement sur gelose Sabouraud à 30°-32°) donne dès-le 3° jour une petite colonie blanc jaunâtre qui s'agrandit constamment jusqu’au 15° jour. A l’état adulte elle à les dimensions d’un gros pois, elle est un peu saillante, bombée, de couleur crêéme, humide, de forme circulaire, de consistance pâteuse et nullement filamenteux. L’apparence est celle d’une culture de staphylocoque... »

Nous ajoutons qu’elle paraît tout de même plus opaque qu’une culture de staphylocoques.

< Vers le 15° jour la culture cesse de s’accroître, sa surface devient un peu irrégulière, mamelonnée au centre, présentant des trainées saillantes contournées de même consistance que la culture elle-même ; à la longue apparaissait quelques rares filaments aériens courts épais visibles à la loupe et rappelant par leur forme les poils glanduleux de certaines plantes. Bientôt à la périphérie de la culture il se forme une auréole de filaments ravonnants qui cheminent dans le milieu nutritif et lorsque celui-ci cesse, s'étendent sur les parois du tube. Dans certaines cultures l’auréole rayonnante est limitée à un point de la circonférence...

Dans les cultures anciennes ou dans les parties ou la gelose très mince se dessèche rapidement les filaments deviennent aériens et se présentent sous l’aspect d’une mousse rase, duveteuse, blanchâtre.. Les cultures ont été réensemencées dans différents milieux ; une d’entre el- . les est repiquée régulièrment depuis un an et demi sur milieu de Sabouraud. On a ensemencé tantôt la portion crêmeuse, tantôt la portion filamenteuse, aérienne : toujours l’aspect de la culture a été identique. C’est toujours une culture crêmeuse que l’on a obtenue. »

Cétte belle description de M. DUBREUILH est conforme aux descriptions des autres auteurs.

:« L’ensemencement des squances sur milieux sucrés

à la température du faboratoire nous ont donné en 5 jours d’abondantes colonies blanches, brillantes, crêmeuses constituées à l’état de pureté par des levures (MM. HUDELO et MONTLAUR, obs. princeps).

« Sur gelose de SABOURAUD et sur gelose ordinaire culture rapide, brillante, humide, s’épaississant lentement, à contour lisse mais jamais gaufré (MM. HUDELO, SARTORY eb MONTLAUR. Commun. à l’Ac. de Méd. octobre 1918).

« Les cultures ont donné constamment le même parasite levuriforme : colonies blanches, étalées, crêmeuses, luisantes, tantôt lisses, tantôt légèrement godronnées au centre et entourées d’une large auréole plate. » (GOUGE- “ROT, obs. princeps.)

« L’ensemencement des squames sur gelose maltosée donna à plusieurs reprises une culture pure constituée. par des colonies blanchâtres, luisantes, lisses, mamelonnées au centre. > (BURNIER et LANGERON.)

On a ütilisé d’autres milieux de culture que le mu-

lieu-de SABOURAUD.

Parmi les milieux solides on a employé la pomme de terre, la carotte, la gélatine.

Surpomme de terre les colonies sont d’abord blan- <hes, brillantes, crêmeuses, d’un blane mat après 48 h. Après 8 jours les colonies ere et constituent de petits mamelons atteignant 4 à 5*". Les bords sont légèrement déchiquetés, le centre acuminé et légèrement plus foncé que le reste de la culture qui a conservé une belle couleur blanche. Lorsque la culture se dessèche elle devient gypseuse. Sur pomme de terre acide et givcérinée, sur topinambour, betterave, la culture est identique.

La carotte est le milieux de choix. Elle donne des colonies blanches crèmeuses à contours lisses, le centre est surélevé et forme un petit mamelon. Le 6° jour la levure prend une teinte légèrement crème puis plus tardivement couleur café au fait.

Sur platine les colonies sont rondes, blanches puis crêmeuses enfin couleur café au lait, pas de liquéfacüon du milieu. Mêmes constatations sur Raulin gélatiné (MM. HUDELO, SARTORY, MONTIAUR, loc. eitato.)

Sur les milieux liquides (bouillon glucosé, saccharose,

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lactosé, liquide de Raulin) le parasite végète fort-bien Sans cependant former de voile et se précipite en amas floconneux au fond du tube, (DUBREUILH.) »

Examen microscopique.

Au point de vue microscopique disons dès maintenant que quatre grands caractères appartiennent au plus grand nombre des parasites observés et ont permis de les rapprocher du vaste groupe des levures. Ce sont

: EL L'abondance des corps ovalaires ou spores (cellules levures) ; 2°) La rareté relative des filaments ;

3°) L'absence de segmentation de ces filaments

4°) La reproduction par bourgeonnement ;

o°) La présence assez fréquente d’asques dans les

vieilles cultures.

Ces caractères sont très différents de ceux qui appartiennent aux trichophytons et à l’Epidermophyton. Ces champignons, en effet, sont constitués par des filaments nombreux et segmentés sans cellules isolées. Ils se reproduisent par des spores endogènes nées par cloisonnement du mycelium tandis que les levures se reproduisent au contraire par des spores : exogènes nées par bourseonnement.

Ce-sont ces caractères que nous retrouverons plus ou moins nettement dans les descriptions des différents auteurs. -

Dans l'observation princeps de MM. Hupero- et MONTLAUR nous fisons ,

« Des examens directs de squances prélevés à pludieurs reprises au niveau des orteils, des plis inguinaux, de l'anus, nous permirent de constater après action de &

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la potasse dans la profondeur des squences des cellules ovoides disposées en filaments avec bourgeonnement de place en place. »

Même disposition du parasite dans le cas princeps de M. GOUGEROT

« Dans les squances traitées par fa potasse ou dégraissées à l’éther et colorées au bleu et au gram on trouve au dessous des lits de cellules cornées des filaments longs et courts, simples ou ramifiés irrégulièrement qui ondulent entre les cellules et s’entrecroisent sur des plans différents. Il faut remarquer que les filaments superficiels sont rares, C’est dans la partie profonde des squames que le champignon est le plus abondant. |

À un fort grossissement on voit que ces filaments au lieu d’être rectilignes sont d'ordinaire sinueux parce que formés de cellules ovoides.disposées obliquement. Cha-que article ovoïde ou vaguement rectangulaire contient des granulations chomophiles de taille inégale — mais presque toujours les deux extrémités sont ponctuées d'un gros grain chromatinien. Les filaments émettent ça el là des bourgeons ou cellules levures assez rarement isolés. Les filaments se terminent par une extrémité arrendie coudée tantôt en continuité avec le dernier article tantôt séparé par une cloison.

Dans les cultures on retrouve à l’examen microeopique le même mélange de filaments vrais, de pseudofilaments, de cellules de levure bourgeonnantes. On voit parfois des chlamydospores, des formes oïdiennes de reproduction. ,» Sr,

Dans leur communication déjà citée à l'Académie

de Médecine d'octobre 1918, MM. HUDELO, SARTORY et » ss <

MoxrLauR décrivent ainsi la levure qu’ils ont observée dans 43 cas d'épidermomycose et qu'ils identifient au genre Saccharomyces meyen -: FES

« Elle se présente en culture sous forme de cellules - de dimensions variables les unes sphériques, d’autres ovoides ou ovales à contenu protoplasmatique pourvu de gros granules réfingents groupés autour d’une vacuole

centrale. Un certain nombre de cellules bourgeonnent à leurs deux extrémités, c’est le cas le plus rare. Le plus

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