‹ Les épilepsies et les épileptiquesChapitre 16 sur 94 · GRANDES ATTAQUES CONVULSIVES DE L'ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

GRANDES ATTAQUES CONVULSIVES DE L'ÉPILEPSIE

ment du sperme. Il est difficile de décider si Tapparition de ces phénomènes à cette période est due à ce que les contractions spasmodiques des muscles lisses se font plus tardivement que celles des muscles à la vie de relation. Les expériences de Mosso et Pellacani ont montré que l'excitation du cerveau peut provoquer tantôt à la fois la contraction des fibres du corps de la vessie et de celles du col, tantôt de chacun de ces groupes de fibres isolément.

La succession des périodes tonique et clonique est loin de se produire chez tous les malades et môme chez le même malade avec un ordre régulier. Quelquefois l'une ou l'autre constitue toute l'attaque ; les convulsions cloniques peuvent se produire les premières, ou être intercalées entre deux phases toniques.

L'une ou l'autre des périodes peut être remplacée par une simple rigidité sans mouvements apparents ou par des tremblements, rigidité et tremblements qui dans quelques cas constituent à eux seuls toute l'attaque. Dans un certain nombre de cas, les phénomènes caractéristiques des différentes phases de l'accès classique ne se produisent que dans une partie du corps ; ces convulsions toniques ou cloniques manquent dans un membre, dans les deux membres inférieurs, etc.

Dans la période du stertorle malade est dans un état d'assoupissement profond, dans l'attitude de la résolution. Les membres sont flasques et inertes, l'insensibilité est aussi complète que pendant la convulsion, et l'épuisement nerveux est souvent tel que le choc des tendons rotuliers, par exemple, ne provoque aucun mouvement réflexe. La face qui tout à l'heure était d'un rouge violacé, se décolore et prend une teinte livide comme cadavérique. Une transsudation, souvent fétide, couvre la face et le tronc ; la bouche , remplie de salive épaisse , exhale une odeur repoussante. La respiration est bruyante.

Peu à peu la face se sèche et reprend sa couleur, le malade ouvre les yeux, promène autour de lui un regard vague, hébété, il soulève sa tôte, fait quelques mouvements automatiques pour rajuster ses vêtements. Puis il se relève, ne conservant en général aucune connaissance de ce qui s'est passé ; mais il lui reste une somnolence et une lassitude générale qui peut durer toute

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la journée, et laisse quelquefois après une sensation de brisement dans les membres qui se prolonge pendant plusieurs jours.

La période du stertor dure en général de dix minutes à une demi-heure. Lorsque l'accès est survenu pendant le sommeil, le malade n'est pas réveillé par les préludes de l'accès, la période du stertor se continue sans interruption avec le sommeil normal; et, lorsque son lit n'est point souillé d'excréments et lorsqu'il ne lui reste pas au réveil une lassitude insolite, le patient peut ignorer complètement son accès. Un certain nombre d épileptiques ont pendant des années des attaques nocturnes sans soupçonner leur mal.

Les attaques diurnes sont exceptionnellement suivies d'un sommeil qui se prolonge au delà d'une ou deux heures, cependant le fait peut se présenter: M. Gamuset a cité une observation dans laquelle ce sommeil durait six ou huit heures.

Les accès d'épilepsie déterminent une élévation de température qui a été mise en lumière par M. Bourneville dans plusieurs travaux (1). Cette élévation de température peut dépasser un degré même après un accès isolé.

Que l'attaque ait été suivie ou non de stertor, en général le malade en sort sans conserver aucun souvenir de ce qui est arrivé. Cette amnésie, qui manque complètement lorsque l'inconscience fait défaut, présente des variétés très considérables non seulement quand à sa durée qui varie avec celle de l'accès et de la stupeur, mais quand à sa limite initiale. La plupart des malades conservent le souvenir des prodromes éloignés, des phénomènes de l'aura, un bon nombre se souviennent d'avoir senti et vu leur bras se contourner, quelques-uns entendent leur cri. Chez d'autres, au contraire, il existe une amnésie rétroactive comprenant les faits récents (2). On peut observer chez le môme malade, à la suite d'accès différents, plusieurs de ces formes d'amnésie ; l'amnésie rétroactive a paru plusieurs fois en rapport avec l'intensité de la décharge.

(11 Bourneville, Eludes cliniques et thérapeutiques, 1872; Progrès médical, 1886, 1888. — G. Lemoiae, Progrès médical, 1888, p. 84, t. I. (2j Savage, Insanity and al lied neuroses, 2* éd., 1886, p. 214.

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Si à la suite des paroxysmes convulsifs, les phénomènes d'épuisement de la motilité, de la sensibilité, de l'intelligence, de la nutrition, que nous aurons à étudier plus tard en détail, sont la règle, ils peuvent manquer du moins en apparence. Dans certains cas, les phénomènes convulsifs n'ont pas épuisé la décharge nerveuse qui s'achève sous forme d'impulsions plus ou moins coordonnées, d'excitation générale plus ou moins intense. Dans ces cas, on peut observer, à la suite de l'accès, la persistance des phénomènes d'excitation, forte tension artérielle, augmentation de la force musculaire, etc. Les phénomènes de dépression ne se montrent que plus tard, quand cette excitation consécutive a cessé; mais je crois qu'ils ne manquent jamais et qu'ils constituent le complexus phénoménal le plus caractéristique des décharges épileptiques. La réalité de la survivance de l'excitation à la suite d'une décharge convulsive incomplète peut quelquefois s'objectiver d'une manière intéressante. Un épileptique hémiplégique prit un jour une attaque en ma présence ; je fus très frappé de voir qu'il se relevait immédiatement après les convulsions, ce qu'il ne faisait pas d'ordinaire, et qu'il se servait de son bras paralysé avec une aisance inaccoutumée; je constatai que sa pression dynamométrique qui n'était d'ordinaire que de 10 à 15, dépassait 25. Il resta pendant une demi-heure dans un état d'agitation loquace puis tout à coup s'assit et s'endormit. Au réveil, l'affaiblissement de la main paralysée et de la main saine se manifestait en môme temps que du tremblement commun à la suite des accès ordinaires.

La persistance de l'éréthisme nerveux à la suite du paroxysme convulsif se présente plus souvent sous la forme de troubles délirants et particulièrement d'impulsions qui offrent une violence extraordinaire ; d'autres fois c'est un véritable accès maniaque qui dure plusieurs jours. Lorsque le paroxysme convulsif ou vertigineux s'est produit pendant la nuit ou a passé inaperçu, le délire post-paroxystique prend le caractère de délire par accès, de folie transitoire, dont le diagnostic étiologique peut présenter de grandes difficultés, et sur lesquelles Trousseau a particulièrement appelé l'attention. Les troubles

psychiques post-convulsifs ne sont pas nécessairement en rapport d'intensité avec les phénomènes moteurs qui les ont précédés. Quelquefois môme, il y a une sorte de balance dans l'intensité des deux ordres de phénomènes. Nous reviendrons sur ces manifestations psychiques à propos des équivalents épilepliques, de l'épilepsie larvée; mais elles méritaient d'être signalées ici.

J'ai observé un cas dans lequel les phénomènes d'épuisement épilepliques coïncidaient avec une manifestation considérée comme l'effet d'une excitation.

Observation XVIII. — Epilepsie; parésie consécutive aux attaques ,

hallucinations.

C. est né d'un père et d'une mère alcooliques, dont il est le quatrième enfant. Les trois aînés se portent bien ; un cinquième est mort de convulsions en bas âge, le sixième était mort-né. Il a eu des convulsions étant enfant; il a eu de rincontinence nocturne d'urine jusqu à 9 ans. Toute sa vie il a eu des terreurs nocturnes et des grincements de dents pendant son sommeil. Jusqu'à l'âge de dO ou 12 ans il était sujet à des colères épileptiformes à la suite desquelles il dormait profondément. Depuis l'âge de 13 ans et demi, il lui arrivait souvent de trouver le matin son lit tout bouleversé et il était très étonné de s'éveiller couché la tête aux pieds du lit : il n'avait pas uriné, ne s'était pas mordu la langue. Il a fait quelques fugues inconscientes à la suite desquelles il s'est retrouvé plusieurs fois à plusieurs lieues de Paris; plus souvent il lui est arrivé d'entrer dans un magasin sans pouvoir se rappeler ce qu'il venait chercher, de se tromper en comptant de l'argent, de lâcher un objet qu'il portait et de le perdre. C'est k 15 ans qu'il aurait eu sa première attaque convulsive ofticielle à propos d'une indigestion.

Depuis cette époque jusqu'à l'âge de 27 ans qu'il a atteint maintenant, il a environ deux grandes attaques par mois et un plus grand nombre de vertiges ou de troubles psychiques.

C. a de l'asymétrie faciale, la moitié droite de la face est moins développée, son membre supérieur droit est plus faible, quoique très bien développé. La voûte palatine est ogivale, les dents mal plantées ; assez forte apophyse lémuriennc des deux côtés, mais surtout à droite; hernie inguinale droite.

A la suite de ses grands accès que je n'ai jamais vus, mais que l'on dit constitués par une période tonique et une période clonique, paraissant aussi intense d'un côté que de l'autre, il a assez souvent une parésie du côté droit qui dure une heure ou deux. Quelquefois, il a en môme temps, un délire dans lequel il parle sans cesse de lui, mais comme s'il s'agissait d'un autre lui-même couché auprès de lui dans le même lit : « Donnez-lui une cigarette, allumez-la, le malheureux n'a pas sa main droite. Frottez-lui la main, ça le picote dans les doigts,

"Pl. IL

MAIN d'hémiplégique INFANTILE. — SUBLUXATION DU GRAND OS

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