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CHAPITRE XVIII

ÉTIOLOGIE DE l'ÉPILEPSIE , CAUSES PRÉDISPOSANTES; HÉRÉDITÉ

On peut, comme nous le verrons, reconnaître aux épilepsies des i-auses déterminantes très diverses; mais ces causes ne peuvent agir que lorsqu'il existe une condition prédisposante congénitale ou acquise. Cette condition prédisposante est constituée par un état de faiblesse irritable, mal définie mais dont la genèse complexe doit donner lien à des considérations du plus grand intérêt, non seulement au point de vue de l'étiologie, mais encore au point de vue de riiygiène et du traitement de l'épilepsie.

Cet état de faiblesse irritable, d'impressionnabilité nerveuse, de spasiuopbilie, dont le substratum organique reste indéterminé, se développe dans des conditions très diverses. La condition la plus importante est, sans contredit, l'hérédité morbide qu'il faut comprendre dans son sens le plus large. Tous les dégénérés peuvent donner naissance à des individus doués de cette faiblesse irritable, et susceptibles de devenir épileptiques ; et par dégénérés, j'entends tous ceux qui se caractérisent par la diminution ou la perte de la faculté d'adaptation au milieu et par la tendance à l'élimination spontanée avec une descendance de phis en plus défectueuse, et en fln de compte sans descendance. Les dégénérés comprennent non seulement tous les malformés, mais encore tous ceux dont la nutrition est ralentie ou altérée, que ces troubles de la nutrition soient congénitaux ou acquis par une alimentation défectueuse ou insuffisante, par des excès de travail ou par une intoxication. Nous trouvons lepilepsie dans la descendance des individus atteints de malformations tératologiques, des névropathes et des psychopathes, des goutteux, des diabétiques, des rhumatisants, des phtisiques, des syphihtiques, des alcooliques, des saturnins; nous la trou-

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VOUS clioz les enfanls qui ont été conçus dans de mauvaises conditions liygiéni(iues pendant les sièges, les épidémies, etc. Ces dernières circonstances nous révèlent que la condition héréditaire de la dégénérescence et de la faihlesse irritable peut être accidentelle ou momentanée; c'est un point sur lequel nous aurons à revenir à propos des conditions physiques ou morales des générateurs et des nourrices, soit au moment de la conception, soit pendant la gestation, soit pendant l'allaitement.

La dégénérescence héréditaire a une tendance ù se localiser sur les tissus, sur les systèmes ou sur les organes, sans toutefois laisser indemne l'ensemble de l'organisme.

Le système nerveux est souvent le siège de cette apparence de localisation. Cette spécialisation de la dégénérescence sur le système nerveux, a été le sujet des études remarquables de P. Lucas (1), de Morel (2), de J. Moreau de Tours (3) ; et j"ai essayé de grouper ses manifestalions sous le nom de famille névropathique (4) tout en montrant leurs liens de parenté avec les autres groupes morbides (3). Chaque membre de la famille névropathique, chaque maladie nerveuse a plus de rapports héréditaires avec les autres membres qu'avec aucune autre dégénérescence. Pour toutes les maladies du système nerveux, on peut dire que l'hérédité de transformation est plus fréquente que l'hérédité similaire ; mais en ce qui concerne l'épilepsie, l'hérédité similaire, formellement niée par Louis (6), est beaucoup plus fréquente qu'on ne l'a cru (7).

L'hérédité de transformation a été reconnue par Bouchet et

(1) p. Lucas, Traité philosophique et phjjsiotoqKjiu: de llu-rédilê morbide elc 18o0. ' ' ■'

(2) Morel, Traité des dt'uém'rescence.t, IS'iT.

(3) J. Moreau, la Psi/cho/of/ie woi/nde, 1859.

(4) Ch. Féré, la Famille névropathique. (Arch. de Neuroloqie 1884 ) f-ï) Boiuet. les Parentés morbides; th. aijrég., 1886. ' '

ffi) Louis Dissertation sur la question: Comment se fait la transmission des maladies héréditaires, 1759.

(7) Dosilles, Notice sur l'épilepsie considérée sous le rapport de l'hérédité- tli , Montpellier. ISo.j. — Foville, Recherches cliniques et statistiques sur la transmission héréditaire de l'épilepsie. [Ann. méd. psi/ch., 1868, t. XI, p. 203 ) Dusart

Hérédité de réinlep.tie ; \.\\., 186.j. — Durand , Z>e la trnnsmilsion héréditaire de l'épilepsie. {Ann. méd. psi/ch., 1878, XII, p. 279.) - Leech et Dacre Fox, A report on sevcntjj cases of epilepsi/. [Manchester med. and surr/. rep., 1870, t.'l, p. 192.) — Delasiauve, le Mariage des épileptiques. {Joiirn. d'hyi/iène] 1879^ IV, p.' 339.)

OTIl KM ATOME RÉCENT (V. p. 429)

Ch. Fkrk - p. 241.

Félix Alcan, éditeur

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Cazauvielh (1), qui ont surtout relevé l'existence de raliénation mentale et de riiystérie dans les antécédents des cpilepliques, par Hei-pin (2), qui rencontre, en outre, le suicide, la choree, le somnambulisme, la méningite, la paralysie générale. Moreau de Tours (3), a fait remarquer, en outre, l'existence de l'ivrognerie, de l'excentricité, de la nervosité. Sandras et Bourguignon (4), Sieveking (3), Hammond (6), Nothnagel (7), Bourneville (8), etc., ont aussi reconnu la fréquence de cette hérédité. Depuis que je me préoccupe de cette question, j'ai eu occasion dans les différents services et à la consultation de la Salpétrière, puis dans mon service à Bicôtre, d'étudier un grand nombre de malades à ce point de vue : les renseignements obtenus sont nécessairement incomplets, et on doit considérer les chiffres donnés par ces statistiques comme inférieurs à la réalité; ils n'en sont pas moins intéressants :

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