LE CALVAIRE
Un vieux, le plus âgé, je crois,
de nos villages, S'agenouillait plus loin.
Nous, les enfants volages, zon doux comme le velours.
Lui, le vieux, dont les ans étaient pourtant bien lourds, Semblait aimer la Pierre où la «hair 5e déchire. Il regardait le Dieu penchant son front de cire, Son beau front couronné d'épines et souillé;
Et, quelquefois aussi, de son regard mouillé
Il nous enveloppait avec sollicitude.
Nous cherchions un ga
Nous étions bien légers, mais d’honnête attitude. Quelquefois cependant nous réponuions : Amen,
En riant aux oiseaux qui fêtaient leur hymen
Dans les hauts peupliers, tout autour du calvaire. J'étais, sans le savoir, un Sauvage trouvère,
Je ne connaissais rien au-delà des hameaux,
Et la gloire et l'amour étaient pour moi des mots. Mais je trouvais à vivre un indicible charme.
Et pourtant l'avenir sonnait comme une alarme Dans mon esprit naïf et plein d’obscurité:
Je devinais si peu la sainte vérité
Qu’à tout homme au cœur droit le ciel un jour révèle.
: Enfin, comme les blés que le faucheur nivèle,
Tous les fronts se penchaient touchant le sol béni.
L'exercice pieux était alors fini.
C'était l'adieu.
Sortant de la petite enceinte, Jeunes à l'œil hardi, vieux à la face sainte, Par les chemins poudreux tout frangés de buissons, S'en allaient en causant semailles et moissons.
Souvent, je m'en rappelle aussi, garçons et filles, Marchant tous deux par deux, entraient dans les charmilll S'enivrer de l'air frais et des parfums du soir.
Puis, quand montait la nuit, ils s'en allaient s'asseoir En cercle, pour les jeux, dans la maison voisine. Les hommes s’appelaient au fond de la cuisine, Pour battre le briquet autour de l'âtre éteint. Ces choses me charmaient, et mon cœur les retint.
Depuis, le bon vieillard qui priait sur ja pierre, En embrassant la croix a fermé sa paupière, Pour la rouvrir au ciel. Depuis, les jeunes gens Qui s’attardaient un peu sous les bois indulgents, Pour se parler d'amour après une prière,
Ont défriché partout l'imntile bruyère;
sons,
int.