LA MORT DU CHRIST
Ouvrant comme un éclair le doux vol de son aile,
Un ange passe, 11 pleure, et sa voix solennelle
Crie à tout l'univers soudain terrifié:
— Le plus grand des forfaits la terre le consomme !
Le Verbe s'est fait chair Pour diviniser l'homme, Et l'homme l'a crucifié!
Le Calvaire
Parmi mes souvenirs il en est un que j'aime Par-dessus tout. Il luit comme une ardente gemme, Dans le lointain des jours, au fond de mon cœur las.
Quand dans tous les jardins fleurissaient les lilas, Ou quand l'été soufflait du feu, que la lumière Faisait un nimbe d'or à la pauvre chaumière,
Que la nue au soleil empourprait un lambeau,
Le dimanche, on allait, si le soir était beau,
Par la route ou les champs tout pleins de voix joyeuses, Se jeter à genoux sur les touffes soyeuses
Des renoncules d’or et du plantin vermeil,
Devant la grande croix où, d’un sanglant sommeil, Le Christ dormait, tenu par quatre clous infâmes.
Et les mères alors, comme les saintes femmes, Au pied du bois sacré se tenaient humblement ; Et, courbé sous le poids d'un long accablement,
ne,
CA
es,