‹ Les épis [microforme]Chapitre 44 sur 65 · MR NE 2 TD · texte numérisé non relu

MR NE 2 TD

Ou, pour avoir un sou tendent une main sale,

D'autres, un peu plus grands, d'une fierté royale,

Armés d'un arc de frêne et d’un léger carquois,

Semblent chercher encor le féroce Iroquois:

Car ces jeunes garçons au visage de cuivre,

Ont appris de l'aieul à détester ce nom.

Et c'est dans ce hameau que nous voyons survivre Le descendant du vieux Huron.

Comme un phare au milieu de la pauvre bourgade, Naguère une chapelle, à l'antique façade,

Vers le ciel élevait la croix de son clocher.

En souliers mous, et fiers de leur chemise blanche, Les hommes s'y rendaient par groupes, le dimanche. Plus pieuses peut-être on voyait s'approche:, Même bien avant l'heure où la porte est ouverte, Les femmes se drapant dans leur sombre couverte. Avec les flots d'encens et la voix du pasteur, Bientôt les cœurs émus montaient vers le Seigneur.

Mais hélas! aujourd'hui le béni sanctuaire N'est qu’un mûr délabré!

Le sauvage n'a plus son temple tutélaire

Son refuge sacré.

L'ÉGLISE Des HURONS

Il erre, sombre et triste, au milieu des ruines Que l'herbe va couvrir,

Cherchant de quels forfaits les vengeances divines Ont voulu le punir.

Il n'entend plus la voix de sa joyeuse cloche Annonçant, tour à tour,

Que déjà du repos l'heure calme s'approche, Ou qu'enfin il est jour.

Il n'entend plus jamais les chants des brunes vierges Élevant vers le ciel

Une âme tout en feu, comme les pâles cierges Qui brûlaient sur l'autel.

rade,

Le dimanche, autrefois, c'était fête au village: Aujourd'hui tout est deuil.

De son humble maison le timide sauvage Ne laisse plus le seuil.

Son cœur se refroidit et sa vertu chancelle Sous le vent du malheur,

Comme on voit chanceler une frêle nacelle

Sur la mer en fureur.

Et l'on dit que le Soir, lorsque d'épaisses ombres Enveloppent ce lieu,

On voit passer souvent, au milieu des décombres De la maison de Dieu,

Une forme superbe, agile et plus exquise Que les plus douces fleurs:

Elle paraît s'asseoir sur une pierre grise, Et répandre des pleurs.

Et plus loin, sur les bords de la belle cascade, Quand on approche un peu,

On voit un spectre nain, qui sautille, gambade, Et de ses yeux de feu

Regarde fixement, riant avec malice, Le saint temple détruit;

Puis soudain il s'élance au fond du précipice, Dès qu'une étoile luit.

Et l'on croit au hameau que cette forme exquise, Ce fantôme brillant Qui visite, la nuit, les restes de l'église Et s’assied en pleurant, C'est l'ange à qui le ciel a confié la garde Du village huron; Et que le spectre affreux qui rit et le regarde, Est un méchant démon.

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le,

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