UN FLÉAU
Un fléau’
La maison est fermée. Une maison bien vieille.
La mousse la verdit maintenant. Une treille Accrochait autrefois ses grappes au lambris:
Tout près on voit le four qui n’est plus qu'un débris, Et le puits sans margelle où la haute “brimbaley, En tirant l'ea:, chantait autant qu'une cigale,
Des sillons 82Zonneux creusent encor le sol;
Le jardin désolé conserve un tournesol,
Un seul, un peu sauvage, et tout comme un vieux faune, Avec sa tête lourde et sa couronne jaune.
Les blés mûrissaient tard. Cependant les épis Mettaient quelques fils d'or dans leurs fauves tapis.
1. Le fait est vrai. Ma mère, une sainte femme, me l'a plus d'une fois raconté. P, L,
La moisson serait bonne. Enfin on pourrait vivre,
Si les champs évitaient la morsure du givre.
Il s'éveillait encor d'aimables floraisons,
Dont le rustique arome enivrait les maisons.
O doux parfums des prés en fleurs! Ô tiède brise! Ombre des rameaux, chants d'oiseaux que l'amour grise, Ce que vous étiez là, vous l'êtes en tout lieu:
Une aumône du ciel, un sourire de Dieu.
A l'approche du soir, un jour, dans les cieux calmes Où s'épanouissaient, comme un faisceau de palmes, Les rayons du soleil, un point se fit obscur. Quelque souffle jaloux, en traversant l'azur,
Avait peut-être éteint un foyer de lumière.
Bientôt le point devint nuage. La fermière,
Pour voir moins le danger, ferma les contrevents. Craignant pour la moisson le rude fouet des vents, Les hommes regardaient la tache grandissante.
Ils la virent soudain, d'une lourde descente,
Avec un grondement comme celui des mers,
Avec dans ses flancs noirs des tons glauques et verts, S'abattre jusqu'au loin dans les blés. Et sans nombre Tomberaient les épis sous cette vague sombre!
Or, la cloche sonna dans le petit clocher, Et vers la vicille église, au pied du grand rocher,
brise!
our grise,
vents.
vents, te.
+ verts, ombre re!
cher,