‹ Les épis [microforme]Chapitre 55 sur 65 · PATER NOSTER · texte numérisé non relu

PATER NOSTER

Dans les roses marins et dans les tièdes soirs, À tous ces mondes d'or qui brillent sur nos têtes, Comme sur nos aut ‘ ‘illent, aux jours de fêtes,

Les divins ostensoirs

Dieu, manifestez-vous Que votre règne arrive! Les peuples ont besoin de justice et de paix Vaisseaux désemparés, ils vont À la dérive ; L'erreur les a couverts de ses brouillards Épais. Faites luire sur nous votre vérité sainte:

Réveillez en nos cœurs une amoureuse crainte: Que nos fronts prosternés désarment votre main! Régnez dans le palais, régnez dans la Chaumière! Que le damné d'hier, plein de votre lumière,

Soit le saint de demain!

Que votre volonté soit faite sur la terre!

Père, qu'elle y soit faite ainsi que dans le ciel!

Alors l'homme, plus humble et soumis au mystère, Boira sans murmurer à la coupe de fiel.

La charité croîtra dans l'âme des superbes

| La bouche n'aura plus de reproches acerbes,

L'apôtre portera, de l'aurore au ponant,

: Aux peuples aveuglés la divine parole,

La foi couronnera d'une auguste auréote Le monde rayonnant.

Et, puisque tu le veux, notre voix t'en supplie,

Donne-nous, 6 Dieu bon! le pain de chaque jour.

Et pour que notre tâche à tous soit mieux remplie, ” Bénis nos fronts mouillés. Le ciel est ton séjour,

Mais partout ici-bas ton pouvoir se révèle.

Dore les lourds épis de la moisson nouvelle,

Pour que le laboureur, à l'hiver, n'ait pas faim.

Donne à l'ouvrier pauvre, et donne au misérable;

Donne à tous, et nos cœurs, Ô Maître secourable! Sauront t'aimer sans fin.

Pardonnez-nous, Seigneur, nos offenses sans nombre, Comme nous pardonnons le mal qui nous est fait. Vous le voulez ainsi. Votre amour n’a point d'ombre Et la loi du pardon est un divin bienfait.

J'ai souffert l'injustice et j'ai caché ma peine,

Mon âme révoltée étouffera sa haine,

Et je consolerai l’homme dans l'abandon.

Celui-là dira-t-il notre Dieu trop sévère,

Qui sait comment, un jour descendit du calvaire .

Le suprême pardon ?

Sur cette terre étrange où tout homme doit vivre, Il est, vous le savez, plus d’un secret danger:

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