‹ Les épis [microforme]Chapitre 6 sur 65 · SOUFFLE PRINTANIER · texte numérisé non relu

SOUFFLE PRINTANIER

Souffle printanier

Quand le Printemps se lève, D'une écorce qui crève

On voit jaillir la sève:

Un jeune arbre fleurit :

Mais, tout Couvert de mousse, Sans un bourgeon qui pousse, Penchant sa tête rousse,

Un vieil arbre périt.

Dès que le jour s'éveille, Sur mainte fleur vermeille La matineuse abeille * Butine pour le soir:

L'âtre joyeux s'allume,

Le jardin se parfume,

Et le noir labour fume Comme un large encensoir.

Chantant à la lumière Sa chanson coutumière, L'oiseau de la bruyère S'envole de son nid;

Et, soupirant sans trève, Le flot bleu suit la grève, Et le cœur suit le rève Jusque dans l'infini.

Et les étoiles blondes, Avec mille autres mondes, Sur d'invisibles ondes Semblent errer encor, Cherchant en vain les routes Qui les conduiraient toutes Aux éternelles voûtes

Que n’atteint nul essor.

O printemps! O jeunesse!

Malgré vos jours d'ivresse, L'âme jeune en liesse

Appelle l'avenir!

Jour après jour s’effrange, L'avenir, chose étrange,

Vient bientôt et tout change...

On vit du souvenir.

Je

Je

: Me

Pou

LE RETOUR AUX CHAMPs Bee 2 ———

Le retour aux champs

Enfin j'ai secoué la poussière des villes:

J'habite les champs parfumés.

Je me sens vivre ici, dans ces

cantons tranquilles, Sur ces bords que j'ai tant aimés.

L'ennui me Consumait dans ti

es vieilles Murailles, O noble cité de Champlain!

Je ne suis pas, vois-

tu, l'enfant de tes entrailles, Je ne suis pas né châtelain.

Je suis né dans les Champs: je suis fils de la brise Qui passe en Caressant les fleurs:

Je souris à la digue où le torrent se brise Avec d’impuissantes clameurs.

! Mes premières amours, douces fleurs des vallées,

N'ont-elles pas été pour vous ?

Pour Vous, rocs au front nu, forêts échevelées, Vagues des fleuves en Courroux ?

Pour vous, petits oiseaux qui semez, À l'aurore, Les doux accords de votre voix ?

Et pour vous, diamants qu'égrène un vent sonore, Après l'orage, sous les bois ?

Je souffrais dans ces murs où s'entasse la foule, Où l'herbe ne reverdit pas,

Où la fleur s'étiole, où la poussière roule

Comme pour effacer nos pas.

J'avais bien assez vu comme le fort repousse Le faible à son boulet rivé,

Comme de son orgueil la sottise éclabousse

L'esprit qui monte du pavé.

Nul vent harmonieux ne passait sur ma lyre, Et mes chants étaient suspendus.

Je ne retrouvais point le souffle qui m'inspire,

Et je pleurais les jours perdus.

Il me fallait revüir, au milieu de la plaine, Ou sur le penchant du coteau,

Le laboureur qui rêve à la moisson prochaine

En ouvrant un sillon nouveau.

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