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AU CHAMP DE LA FANTAISIE

Le retour

A travers les rameaux d'une forêt épaisse Le vent faisait entendre un sourd gémissement; La neige, en tourbillons, roulait, roulait sans cesse, Et les ombres du soir montaient au firmament.

Au bord de la forêt était une chaumière, Qui semblait un vieux nid tombé d'un rameau noir. Le jour, quatre carreaux lui donnaient la lumière, Mais nulle lampe, hélas! ne l'éclairait le soir.

Une femme, encor jeune et portant, comme un voile,

Sur son front incliné les traces du chagrin,

Était assise seule à 1a porte du poêle,

Et filait sa quenouille en chantant un refrain.

Auprès d'elle un enfant, sur un grabat de mousse, Doucement s'endormait en priant le bon Dieu. Ernest avait dix ans: sa parole était douce; Il était le meilleur des enfants de ce lieu.

Et puis, de temps en temps, la solitaire femme Regardait une croix pendant aux murs noircis: Alors un long soupir s'échappait de son âme, Et sur sa main tombait son front plein de soucis.

De temps en temps encor, sa paupière baissée Laissait couler des pleurs qui semblaient superflus. Elle n'espérait point. D'une voix oppressée Elle disait: O ciel! il ne reviendra plus!

Or, comme elle chantait, unissant son cantique Aux grondements amers du vent impétueux, Un homme vint frapper à sa porte rustique. Il entra s 'appuyant sur un bâton noueux.

Elle trembla de peur ainsi qu'une colombe Tremble, au fond de son nid, à l'aspect d'un vautour. — «Femme, dit l'étranger, de fatigue je tombe, Puis- je ici du matin attendre le retour ?»

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