ÉPITHÉLIOMA DE LA CORDE VOCALE
L’examen de nos coupes histologiques nous a conduit à séparer assez nettement les épithéliomas développés aux dépens de la face inférieure de {a corde vocale ou de la sousglotte proprement dite (épithéliomas sous-glottiques) de ceux qui sont développés aux dépens de lu face supérieure ou du bord libre de la corde vocale (épithéliomas de la corde vocale).
Ceci n’exclut pas le fait qu’à une certaine phase de leur évolution, un cancer de la corde vocale puisse filer vers la sous-glotte ou qu’un cancer sous-glottique puisse envahir la face supérieure de la corde. Mais ces envahissements sont peut-être moins fréquents qu'il n’est classique de le dire. Nous y reviendrons à propos des cancers sous-glottiques.
L’épithélioma de la corde vocale est le plus souvent un cancer très longtemps strictement localisé à la face supérieure où au bord libre de la corde, exophytique, sans tendance infiltrante (cf. microphotographies fig. 6 et 7).
Peut-être en est-il ainsi, dira-t-on, parce que situé sur l'organe vocal proprement dit, il entraîne une symptomatologie fonctionnelle dysphonique très précoce, ce qui le fait diagnostiquer et traiter avant qu'il n'ait le temps de s'étendre.
Mais là n’est pas la seule raison de son développement lent et très localisé. La densité du conjonctif sous-muqueux et la pauvreté extrême du réseau lymphatique au niveau de la corde vocale sont des facteurs importants à considérer et dont nous reparlerons d’ailleurs un peu plus loin.
Et ceci nous explique pourquoi le cancer de la corde vocale n'infiltre que très tardivement en profondeur, mais prolifère sur place ou s’étend tout le long de la corde vocale en gagnant la muqueuse de proche en proche.
ANATOMIE MACROSCOPIQUE
Nous ne nous étendrons pas sur l'aspect macroscopique du cancer limité de la corde.
Contrairement à ce qui se passe pour les cancers sus ou sous-glottiques, où l’examen de la pièce opératoire montre le plus souvent une extension beaucoup plus importante que l’examen laryngoscopique n'aurait pu le faire prévoir, l'aspect de la corde vocale après son prélèvement, répond assez bien à l’image laryngoscopique. Aussi ren voyons-nous au chapitre clinique pour la description des formes, bourgeonnantes localisées, pédiculisées, leucoplasiques ou papillomateuses.
Nous ne ferons de réserve que pour la forme infiltrée diffuse, étendue à l’ensemble de la corde vocale.
Il s’agit souvent dans ce cas non pas d’un cancer de la corde vocale proprement dite, mais d’un cancer à point de départ sous-glottique ayant envahi la corde par extension sous-muqueuse. La pièce opératoire montre alors une tumeur sous-glottique étendue alors que l’image laryngoscopique pouvait faire croire à une infiltration, limitée à la corde.