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SYMPTOMES FONCTIONNELS

Ici plus que dans tout autre localisation du cas endolaryngé, la dysphonie est le premier symptôme. Mais elle est très progressive, d’abord légère, s’accentuant petit à petit, elle est tenace et ne présente aucune période de rétrocession. La voix se fatigue et devient rauque, puis prend classiquement un timbre râpeux et ligneux.

La toux qui n'existait pas ou peu dans les formes précédentes est ici un symptôme important. (C’est une petite toux sèche due à l’irritation de la corde saine par le bourgeon néoplasique.

Ces deux symptômes sont quelquefois les seuls à exister

pendant des mois, ou même parfois plusieurs années avant que le malade ne se décide à consulter un spécialiste. Evidemment, il est alors difficile de savoir quand a débuté le processus néoplasique, un état de laryngite chronique banal ayant pu précéder l’éclosion du cancer. Il paraît établi pourtant que ce cancer de la corde évolue beaucoup plus lentement que toute autre localisation dans l’endo-larynx.

Il) LARY NGOSCOPIE.

Les aspects laryngoscopiques du cancer de la corde sont extrêmement variés. Nous ne ferons que rappeler brièvement les principaux en ne nous arrêtant qu’à propos de ceux qui peuvent poser un diagnostic d'extension délicat.

La corde vocale conserve généralement sa mobilité lorsqu'il s’agit d’une tumeur localisée d’une portion de la corde. Lorsque la corde n’est que partiellement atteinte, c’est généralement le tiers antérieur qui est le siège du néoplasme ou l’union du tiers antérieur et du tiers moyen.

Le cancer peut être pédiculisé, exophytique à large base d'implantation, étalé en surface ou infiltrant, autant de formes cliniques différentes.

Forme bourgeonnante localisée. — Néo-formation muriforme rouge grosse comme un tout petit pois avec aspect inflammatoire banal du reste de la corde.

Forme pédiculisée. — Néo-formation bourgeonnante, irrégulière, à pédicule plus ou moins étroit, ayant tendance à tomber dans la sous-glotte. Fréquemment, cette forme pé-

diculisée a pour siège la commissure antérieure.

Forme leucoplasique. — Aspect de leucoplasie verruqueuse dont seule la biopsie fera reconnaître la nature néoplasique.

Forme pseudo-papillomateuse. — C’est une forme fréquemment rencontrée au niveau de la corde vocale. Il est souvent impossible même sur les biopsies, d'affirmer qu'il s’agit d’un papillome dégénéré. Aussi devra-t-on toujours, chez un adulte, considérer comme néoplasique un papillome

unilatéral étendu à toute une corde vocale Même dans ces formes étendues à toute la corde vocale, à condition qu’elles soient strictement exophytiques, comme c'est souvent le cas, la mobilité de la corde peut être assez bien conservée.

Forme ulcérée. — Ulcération localisée ou étendue à la totalité de la corde vocale qui, dans l’ensemble paraît largement infiltrée, cette infiltration paraissant se continuer vers la sous-glotte.

Forme infiltrée. — La corde est absolument fixe. Elle est en totalité épaissie, renflée, tuméfiée, rouge ou rose, parfois doublée de volume, mais lisse et non ulcérée. Il peut s’agir réellement d’une infiltration localisée à la corde. Îl s’agit beaucoup plus souvent d’une infiltration profonde de la corde par un épithélioma à point de départ sous-glottique. Mais ce diagnostic est, en général, impossible à faire par laryngoscopie, la sous-glotte étant cachée par linfiltration de la corde. La radiographie devient alors très utile.

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