DEVANT LE SANHÉDRIN
dixit ad eos : Principes populi, et seniores audite : 9 5/ nos hodie dijudicamur in benefacto hominis infirmi, in qao iste salvus factus est, lo notum sit omnibus vobis, et omni plebî Israël : quia in nomine Domini nostri Jesu Christi Nazareni, quem vos crucifixistis, quem Deus suscitavit a mortuis, in hoc iste asiaf coram vobis sanus. n Hic est lapis, qui reprobatus est a vobis aedificantibus, qui facttzs est in caput anguli : 12 et non est in alio aliquo salus. Nec enim aliud nomen est sub caelo datum hominibus, in qao oporteat nos salvos fieri.
Le lendemain eut lieu une réunion plénière du Sanhédrin: les princes des prêtres ou les chefs de familles sacerdotales ; les anciens, hommes d'âge et d'expérience reconnue ; les scribes ou commentateurs de la loi : réunion capable, par l'autorité et le nombre de ses membres, d'inspirer de l'effroi aux deux pêcheurs galiléens. Dans les circonstances considérables, le Sanhédrin était présidé par le grand-prêtre : ce qui eut lieu. L'Evangile nous a fait connaître Anne, le grand-prêtre de cette année-là, et son gendre Caïphe. Les deux noms qui suivent ne désignent aucun personnage connu de nous ; mais ce que saint Luc ajoute nous fait penser qu'ils appartenaient à la parenté du grand-prêtre, car le texte original porte : « Avec eux Jean et Alexandre, et tous ceux qui étaient de la famille du grand-prêtre » (ex yÉvouç àpyi,epaT!.xoû). L'aréopage est au complet : évidemment le cas était intéressant qui provoquait une telle curiosité. Les apôtres furent amenés et la question ordinaire leur fut adressée : « Avec quelle puissance et au nom de qui avez-vous fait cela ? » (Joan., II, 18; Matth., XXI, 24). Le Sanhédrin ne rappelle pas le miracle, il est trop connu ; il ne le conteste pas, il est trop avéré. Encore faut-il tenir de la bouche même des auteurs du miracle la nature de leur pouvoir. Jannès et Mambrès ont fait des prodiges ; il y a des charmes diaboliques ; les Pharisiens ont autrefois prétendu que c'était en vertu d'un contrat avec Béelzebub que le Seigneur chassait les démons et, après tout, le prodige n'a de moralité que dans sa source et son
intention. De son côté, saint Pierre, rempli de l' Esprit-Saint, se garde bien de décliner la compétence de la Synagogue : pourtant sa réponse semble ne s'adresser qu'à ceux qui possédaient réellement l'autorité religieuse, les chefs des familles sacerdotales et les anciens, sans mention des scribes dont la pensée n'était que consultative : « Puisqu'on nous demande quel pouvoir a rendu à cet infirme l'usage de ses membres, qu'il soit entendu de vous tous et de tout le peuple d'Israël que, si cet homme ici présent a recouvré la santé, c'a été au nom de Jésus de Nazareth, que vous avez crucifié et que Dieu a réveillé d'entre les morts ; ce Jésus est la pierre écartée par vous, les architectes, et qui est devenue la tête d'angle, la pierre angulaire des deux Testaments (selon la parole du Ps. CXVII, 22). Il n'y a de salut qu'en lui seul et il n'est point sous le ciel de nom autre que le sien, en qui les hommes puissent être sauvés. »