‹ Les Epitres de Saint Paul replaceés dans le milieu historique des Actes des Apot̂resChapitre 119 sur 663 · LA SAINTETÉ DE NOTRE CORPS · texte numérisé non relu

LA SAINTETÉ DE NOTRE CORPS

ce n'est au point de vue gravité, l'impureté a le triste privilège de l'emporter sur tous. Les fautes que commet un homme ne sont pas contre son corps ; le vol, le mensonge, le blasphème ne l'affectent pas. Le suicide l'atteint sans doute pour le frapper, pour lui épargner une souffrance jugée intolérable, non pour le souiller. L'ivresse et l'amour des viandes peuvent être considérés encore comme une perversion de l'amour naturel de l'homme pour son corps. Mais il n'y a que honte, souillure, profanation, et le corps lui-même est vraiment victime, dans une faute où il est soustrait à Dieu, pour devenir la proie d'une harpie. » Et, de cette matière où il ne veut pas s'attarder davantage, l'Apôtre revient à sa forme d'interrogation familière, an nescitis, et à la doctrine qu'il a dessinée précédemment déjà (III, 16). Ignorerait-on à Corinthe que nos corps sont consacrés, qu'ils sont le temple de l'Esprit de Dieu, que cet Esprit y séjourne substantiellement, que nous l'avons reçu de Dieu avec la vie surnaturelle, qu'il a pris possession de nous, et que nous ne nous appartenons plus ? Notre vraie liberté consiste à appartenir sans réserve à Celui qui nous a achetés au prix de son sang, conquis pour le temps et pour l'éternité, qui nous a donné son Esprit, pour que nous ne fussions qu'un avec Lui. Et que nous reste-t-il, si ce n'est de glorifier le Dieu que nous portons en notre corps, et, en toute chose, d'obéir à ses conduites et à son influence ? L'épître aux Romains en son chapitre VIII sera le développement plénier de cette doctrine.

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